Critique: Rendez-vous à Atlit

408686.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

 

  • Date de sortie :
    21 janvier 2015
  • Réalisé par :
    Shirel Amitay
  • Avec :
    Géraldine NakacheJudith ChemlaYaël Abecassis
  • Durée :
    1h30min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Titre original : Atlit
  • Distributeur :
    Ad Vitam

Israël, 1995, la paix est enfin tangible. Dans la petite ville d’Atlit, Cali retrouve ses deux sœurs, Darel et Asia, pour vendre la maison héritée de leurs parents. Entre complicité et fous rires réapparaissent les doutes et les vieilles querelles, ainsi que d’étranges convives qui sèment un joyeux bordel. Le 4 novembre, Yitzhak Rabin est assassiné, le processus de paix est anéanti mais les trois sœurs refusent d’abandonner l’espoir.

Dans ce premier film de la réalisatrice Shirel Amitay, il est d’abord question d’héritage à travers trois soeurs qui se retrouvent pour vendre la maison des parents. Jusqu’ici rien de neuf; chacune est différente, chacune a eu sa propre relation avec ses parents et chacune a maintenant sa propre vie. Là où le film de Shirel Amitay prend toute son originalité, c’est non seulement par l’apparition fantômatique des parents et d’un enfant palestinien mais surtout par sa capacité à aborder la Grande Histoire, l’assassinat d’Yitzhak Rabin, mais en en faisant plus qu’un élément de décor. En effet, les soeurs vivent ces quelques jours en cherchant chacune à sa manière à solder le passé; paradoxalement, la mort de Rabin les aidera à trouver leur voie et une certaine harmonie. La réalisation, pleine de poésie et le jeu des trois comédiennes, toutes parfaites, font de ce « rendez-vous à Atlit » un message de paix des plus salutaires.

4

 

CRITIQUE: INCH’ALLAH

20490057_JPG-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Dans un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, Chloé, jeune sage femme québécoise accompagne les femmes enceintes. Entre les check points et le mur de séparation, Chloé rencontre la guerre et ceux qui la portent de chaque côté : Rand, une patiente avec qui elle va rapidement se lier d’amitié et Ava, jeune militaire, voisine de palier en Israël. A leur contact, Chloé va progressivement remettre ses repères en question.
Certains voyages font voler en éclats toutes certitudes. Pour Chloé, Inch’Allah est de ces voyages-là.

En prenant pour héroïne une jeune québecoise qui fait quotidiennement la navette entre Israël et un camp palestinien, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette nous donne son point de vue, celui d’une personne étrangère au conflit. Et l’on suit ce personnage de sage-femme qui s’enfonce inexorablement dans cette situation sans issue. Elle tente de ne diaboliser aucun des protagonistes et simplement de montrer l’absurdité de la situation. Entre la jeune militaire israëlienne qui vit très mal son rôle au check point et ces Palestiniens à bout de leur condition misérable, obligés de trier les décharges pour subsister, personne n’est gagnant. Sous une forme très réaliste, quasi-documentaire, la réalisatrice signe un film qui vous noue les tripes comme rarement et ce, en grande partie grâce à ses comédiennes, Evelyne Brochu et surtout Sabrina Ouazani, qui dégage toujours une présence assez incroyable. Quant à la scène dans laquelle le frère de Rand tente d’attendrir un soldat israëlien en lui parlant foot pour qu’il laisse passer sa sœur, en train d’accoucher, elle restera comme l’une des scènes fortes de l’année cinéma. Bravo!

NOTE: 8/10