CRITIQUE: INCH’ALLAH

20490057_JPG-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Dans un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, Chloé, jeune sage femme québécoise accompagne les femmes enceintes. Entre les check points et le mur de séparation, Chloé rencontre la guerre et ceux qui la portent de chaque côté : Rand, une patiente avec qui elle va rapidement se lier d’amitié et Ava, jeune militaire, voisine de palier en Israël. A leur contact, Chloé va progressivement remettre ses repères en question.
Certains voyages font voler en éclats toutes certitudes. Pour Chloé, Inch’Allah est de ces voyages-là.

En prenant pour héroïne une jeune québecoise qui fait quotidiennement la navette entre Israël et un camp palestinien, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette nous donne son point de vue, celui d’une personne étrangère au conflit. Et l’on suit ce personnage de sage-femme qui s’enfonce inexorablement dans cette situation sans issue. Elle tente de ne diaboliser aucun des protagonistes et simplement de montrer l’absurdité de la situation. Entre la jeune militaire israëlienne qui vit très mal son rôle au check point et ces Palestiniens à bout de leur condition misérable, obligés de trier les décharges pour subsister, personne n’est gagnant. Sous une forme très réaliste, quasi-documentaire, la réalisatrice signe un film qui vous noue les tripes comme rarement et ce, en grande partie grâce à ses comédiennes, Evelyne Brochu et surtout Sabrina Ouazani, qui dégage toujours une présence assez incroyable. Quant à la scène dans laquelle le frère de Rand tente d’attendrir un soldat israëlien en lui parlant foot pour qu’il laisse passer sa sœur, en train d’accoucher, elle restera comme l’une des scènes fortes de l’année cinéma. Bravo!

NOTE: 8/10