Critique: Maman a tort

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Réalisation Marc Fitoussi
Scénario Marc Fitoussi
Acteurs principaux
Sociétés de production Avenue B Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Comédie dramatique
Durée 110 minutes
Sortie 9 novembre 2016

Connaît-on vraiment ses parents? Anouk, 14 ans, découvre brutalement un autre visage de sa mère, à la faveur de l’incontournable stage d’observation de troisième qu’elle effectue dans la compagnie d’assurances où celle-ci travaille. Une semaine d’immersion dans le monde adulte de l’entreprise, avec ses petits arrangements et ses grandes lâchetés, qui bientôt scelle son jeune destin.

A 40 ans, Marc Fitoussi réalise déjà son cinquième long métrage et s’intéresse, comme dans « Copacabana » à une relation mère/fille. Anouk, cette fois-ci, n’a que quatorze ans et, ne trouvant pas de stage d’observation, accepte de passer la dite semaine au travail de sa mère, dans une grande société d’assurances. Cette semaine va faire se confronter deux mondes éloignés: le monde d’Anouk plein d’idéaux et celui des adultes, cynique et pragmatique. Le récit mené sans temps morts est tour à tour drôle et émouvant mais le regard porté par Marc Fitoussi sur le monde du travail est surtout d’une grande justesse. Si le duo Emilie Dequenne/Jeanne Jestin fonctionne parfaitement, on ne peut que se réjouir du sans faute de tous les seconds rôles, notamment Annie Grégorio ou encore Nelly Antignac et Camille Chamoux, insupportables tutrices! Un conte initiatique sur l’enfance  aux accents sociaux, divertissant et suscitant la réflexion, c’est aussi ça le Cinéma Français!

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Critique: Ouvert la Nuit (FIFIB 2016)

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  • Réalisation : Edouard Baer
  • Scénaristes : Edouard Baer et Benoit Graffin
  • Directeur de la photographie : Yves Angelo
  • Monteur : Hervé De Luze
  • Producteur : Emmanuel de Chauvigny
  • Société de distribution : Le Pacte
  • Date de sortie : 11 janvier 2017

Luigi a une nuit pour sauver son théâtre. Une nuit pour trouver un singe capable de monter sur les planches et récupérer l’estime de son metteur en scène japonais ; une nuit pour regagner la confiance de son équipe et le respect de sa meilleure amie – qui est aussi sa plus proche collaboratrice… et pour démontrer à la jeune stagiaire de Sciences Po, tellement pétrie de certitudes, qu’il existe aussi d’autres façons dans la vie d’appréhender les obstacles…

La Cérémonie d’ouverture du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux se tenait hier soir au Rocher de Palmer de Cenon. Après les discours et remerciements d’usage ainsi que la présentation des différents jurys, place au Cinéma avec la projection du troisième long métrage d’Edouard Baer, venu présenter son film avec son actrice, la lumineuse Sabrina Ouazani. « Ouvert la nuit » est une déambulation nocturne, presque un road movie qui se mue en parcours initiatique. On suit le personnage de Luigi, directeur de théâtre fantasque accompagné de sa stagiaire, qui va tenter de sauver la première de son nouveau spectacle en récupérant l’argent qui lui manque pour payer son équipe. Les évènements et sa jeune stagiaire vont peut-être faire comprendre à Luigi qu’il devrait s’intéresser un peu plus à son prochain, ses employés qu’ils paye avec des chèques en bois, ou ses enfants, qu’il croise à l’occasion, sans se soucier d’eux. Les fans du trublion Baer seront à la fête tant son film est un boulevard pour ses fantaisies et son humour pince-sans-rire mais il sait aussi s’entourer. Outre la toujours parfaite Sabrina Ouazani (Edouard Baer dit d’elle que lorsqu’elle apparaît à l’écran, on a envie de se lever et de le toucher!), une pleïade de seconds rôles nous régale: Audrey Tautou, Grégory Gadebois, Michel Galabru (fabuleux!), Atmen Kelif, Lionel Abelansky… Cette folle nuit amènera Luigi à croiser des clochards, des vendeurs de roses, des chimpanzés, des dresseurs de chimpanzés, des gardiens de zoo, des banquiers et l’on part avec lui avec un immense plaisir, celui de voir une comédie française loin des standards, un peu foutraque mais tellement attachante!

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CRITIQUE: INCH’ALLAH

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Dans un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, Chloé, jeune sage femme québécoise accompagne les femmes enceintes. Entre les check points et le mur de séparation, Chloé rencontre la guerre et ceux qui la portent de chaque côté : Rand, une patiente avec qui elle va rapidement se lier d’amitié et Ava, jeune militaire, voisine de palier en Israël. A leur contact, Chloé va progressivement remettre ses repères en question.
Certains voyages font voler en éclats toutes certitudes. Pour Chloé, Inch’Allah est de ces voyages-là.

En prenant pour héroïne une jeune québecoise qui fait quotidiennement la navette entre Israël et un camp palestinien, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette nous donne son point de vue, celui d’une personne étrangère au conflit. Et l’on suit ce personnage de sage-femme qui s’enfonce inexorablement dans cette situation sans issue. Elle tente de ne diaboliser aucun des protagonistes et simplement de montrer l’absurdité de la situation. Entre la jeune militaire israëlienne qui vit très mal son rôle au check point et ces Palestiniens à bout de leur condition misérable, obligés de trier les décharges pour subsister, personne n’est gagnant. Sous une forme très réaliste, quasi-documentaire, la réalisatrice signe un film qui vous noue les tripes comme rarement et ce, en grande partie grâce à ses comédiennes, Evelyne Brochu et surtout Sabrina Ouazani, qui dégage toujours une présence assez incroyable. Quant à la scène dans laquelle le frère de Rand tente d’attendrir un soldat israëlien en lui parlant foot pour qu’il laisse passer sa sœur, en train d’accoucher, elle restera comme l’une des scènes fortes de l’année cinéma. Bravo!

NOTE: 8/10

 

CRITIQUE DVD: LA SOURCE DES FEMMES

LE FILM:

Cela se passe de nos jours dans un petit village, quelque part entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l’eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce depuis la nuit des temps. Leila, jeune mariée, propose aux femmes de faire la grève de l’amour : plus de câlins, plus de sexe tant que les hommes n’apportent pas l’eau au village.

Après deux films plutôt réussis, « Train de Vie » et « Va, Vis, Deviens », Mihaileanu s’était planté dans les grandes largeurs avec « le Concert« ! Avec un sujet à prori intéressant comme celui de « la source des femmes », la curiosité était grande de savoir si la faillite du précedent film était bien un accident! Que nenni! Le propos de son nouveau film, si louable soit-il, n’est distillé qu’à coups de clichés, de manichéisme d’une naïveté rare! Restent les actrices qui donnent le meilleur, Leïla Bekhti, Hafisa Herzi, Sabrina Ouazani et Biyouna et de belles images! C’est bien mais pas suffisant…

Côté technique, des lumières et des couleurs éclatantes et un son parfait, rien à dire!

LES BONUS:

Sur un deuxième disque, on trouve un making of (27 mins), des interviews du réalisateur et de Leila Bekhti, un module sur la condition féminine au Maghreb, des scènes coupées, des petits modules sur les chants, les danses, la langue arabe, un bêtisier et un diaporama! La totale!

VERDICT:

Une édition de grande classe pour les fans du film( dont je ne fais hélas pas partie!)!

Disponible en double DVD (19,99 euros) et Blu-ray (24,99 euros) chez France Télévision Distribution dès le 7 mars!