CRITIQUE BLU-RAY: LE PACHA

LE FILM: 8,5/10

Quand Gouvion, le fils du commissaire Joss est assassiné, son père qui enquête sur la ténébreuse affaire du hold-up d’une bijouterie, décide de franchir les limites de la légalité. Avec l’aide d’une fille facile, il monte un piège et tue l’assassin de son fils qu’il pense être également le cerveau du cambriolage de la bijouterie.

« Le Pacha » est l’occasion pour Gabin de faire une incursion dans la bande à Lautner de la fin des 60’s! Film policier sans grande originalité, « le Pacha » se démarque surtout par ce décalage (surprenante scène où Gabin se retrouve dans une boîte à strip-tease à l’ambiance psychédélique) et bien sûr par les dialogues d’Audiard dominés par le célèbre  » le jour où on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner! ». La vendetta personnelle menée par le commissaire Joss pour venger son ami reste menée avec une certaine effcacité dans laquelle la musique de Gainsbourg  et son célèbre « requiem pour un con » ne sont pas pour rien!

Pour ne rien gacher, la copie est magnifique que ce soit au niveau de l’image que du son mis en valeur par la puissante BO et  la voix grave de Gabin!

LES BONUS: 10/10

C’est le top! Outre un commentaire audio d’Olivier Marchal et Georges Lautner, on a droit à « Gabin vs la bande à Lautner », un doc qui donne la parole à l’équipe du film et qui revient sur le caractère irrascible de l’acteur, « requiem pour la police à papa », un doc passsionnant dans lequel d’anciens flics reviennent sur la vision de la police dans le film, et un entretien d’André Brunelin sur Audiard et Gabin!

VERDICT: 8/10

Un blu-ray de haut vol une fois de plus!

Disponible en DVD (16,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez Gaumont.


CRITIQUE: LA VERSION RESTAUREE DE « LA GRANDE ILLUSION »

 

Le 15 février prochain sortira sur les écrans grâce à Carlotta et à Studiocanal une version restaurée de « la Grande Illusion » de Jean Renoir.

Première Guerre mondiale. Deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand raffiné et respectueux. Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrée à creuser un tunnel secret. Mais à la veille de leur évasion, les détenus sont transférés. Ils sont finalement emmenés dans une forteresse de haute sécurité dirigée par von Rauffenstein. Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie, se liant même d’amitié avec Boeldieu. Mais les officiers français préparent une nouvelle évasion.

Tout a été dit sur l’un des plus grands films de l’Histoire du Cinéma! Renoir réalise en 1937, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale un palpitant film d’évasion en même temps qu’une formidable aventure humaine. Mais « la Grande Illusion » est avant tout une magnifique fable humaniste superbement mise en scène réunissant une troupe d’acteurs d’exception: Gabin, Von Stroheim, Pierre Fresnay, Carette ou encore Marcel Dalio.

Un authentique chef d’oeuvre à redécouvrir en salles ou en Blu-ray chez Studiocanal (dès le 21 février) dans une version restaurée époustouflante où image et son n’ont jamais parus aussi purs. Une grande réussite!

Quelques mots sur la restauration:

Au milieu des années 1970, le Gosfilmofond (archives nationales russes) décide de confier à la Cinémathèque de Toulouse le négatif original nitrate de

La Grande Illusion. Ce choix est le résultat d’une collaboration unique menée par les deux archives depuis 1965, fondée sur une relation d’amitié et de confiance qui rend possible une politique d’échanges riches et réguliers.

La restauration des Archives françaises du film, du CNC et de Studiocanal, réalisée en 1997, avait permis de générer un marron, élément de sécurité, et des éléments de tirage image et son, afin que le film continue d’être vu et exploité dans sa version originale, fidèle au montage initial voulu par Jean Renoir.

En 2011, Studiocanal et la Cinémathèque de Toulouse décident de restaurer le film en numérique mais avec les techniques du

XXIe siècle. Le négatif nitrate a été numérisé et restauré en 4K par le laboratoire L’Immagine Ritrovata (Bologne) permettant ainsi de retrouver une image originelle.

Ensuite l’élément a été restauré et étalonné. Un retour au film de cet élément restauré en 4K permettra de conserver le film pendant au moins un siècle.

Le son a bénéficié d’une restauration particulière. Le négatif son variable nitrate a été scanné permettant une restauration du son plus pointue due à cette nouvelle technologie.

En conclusion, l’élément original doit être conservé et une restauration ne doit jamais être figée. Elle fixe les technologies pendant un siècle, mais d’autres apports technologiques à venir pourront améliorer la restauration et la conservation.

par

Béatrice Valbin-Constant,

directrice technique de Studiocanal