CRITIQUE DVD: ANIMAL KINGDOM


LE FILM:

Melbourne, Joshua, jeune homme réservé, vient de perdre sa mère d’une overdose. Se retrouvant seul, il contacte sa grand-mère qui habite avec ses quatre oncles, sa seule famille qui lui reste et dont sa mère l’avait préservé jusque là. En effet, sous la coupe d’une mère à l’emprise quasi-incestueuse, ses quatre oncles multiplient les braquages et les mauvais coups. Joshua intègre donc ce nouveau foyer tel un agneau au milieu d’une meute de loups…

Premier long métrage de l’Australien David Michôd, « Animal Kingdom » remporte le Grand Prix à Sundance l’an dernier et c’est amplement mérité. Le portrait de cette famille de psychopathes menés par la mère Smurf qui ne peut s’empêcher d’embrasser tous ses fils sur la bouche et l’oncle Pope qui, sous des airs placides, cache une violence extrême, vous glace le sang du début à la fin. La mise en scène d’une grande maîtrise ne glorifie jamais la violence, chose rare pour ce genre de films. Ici, chaque coup fait mal et tue et le manichéisme n’a pas sa place; le jeune Joshua se salira les mains au contact de son clan et même les flics usent de moyens douteux pour combattre cette famille. Côté casting, c’est un sans faute avec une mention spéciale à Jackie Weaver dans le rôle de la mère et au terrifiant Ben Mendelsohn dans le rôle de Pope.

Animal Kingdom est l’une des grandes surprises de 2011 et un film que vous n’oublierez pas de sitôt. En plus, la qualité du DVD est à souligner, rien à dire!

LES BONUS:
Outre les bandes annonces des prochaines sorties ARP, on trouve un making-of de moins de 4 minutes (ridicule!) mais la bonne idée est la présence du second court-métrage de David Michôd, « Crossbow » qui montre déjà l’étendue du talent du jeune réalisateur!

VERDICT:

Pour les amateurs de film noir, un DVD indispensable qui frôle la perfection! On aurait aimé un making-of digne de ce nom…

Sortie en DVD dès le 3 janvier chez ARP au prix de 19,99 euros et en Blu-ray au prix de 24,99 euros.

CRITIQUE: LA DAME DE SHANGAI

Quel bonheur de revoir ce grand classique en salles! Que vous l’ayez vu ou non, s’il passe près de chez vous, courrez-y!

A Cuba, Michael, marin irlandais en quête d’un embarquement, sauve d’une agression une jeune femme, Elsa. Le mari d’Elsa, avocat célèbre, offre à Michael d’embarquer sur son yacht pour une croisière vers San Francisco. Elsa et Michael s’aiment. Grisby, l’associé de Bannister, s’apercoit de cet amour. Il veut disparaître et propose à Michael 5000 dollars pour signer un papier dans lequel il confesse l’avoir tué. Les problèmes surviennent lorsque Grisby est réellement assassiné…

Sixième film d’Orson Welles, « la Dame de Shangaï » donne l’occasion au couple qu’il forme avec Rita Hayworth de se retrouver une dernière fois avant de divorcer. Tourné afin de rembourser une dette contractée par Welles auprès du producteur Harry Cohn, « la Dame de Shangaï » est pourtant devenu un classique du Film Noir. Sur une intrigue complexe, Welles a bâti un film palpitant aux accents surréalistes, notamment au cours d’une scène où les deux amants s’embrassent devant un aquarium de murènes. Rita Hayworth, transformée en blonde vénéneuse aux cheveux courts (ce qui fit scandale à l’époque!), est d’une sensualité incroyable dans le film et ensorcelle complètement le personnage incarné par Welles. Autour d’eux le mari et son associé, apportent ce climat d’étrangeté qui règne tout au long du film jusqu’à une scène légendaire maintes fois imitée (y compris par Woody Allen dans « meurtres mystérieux à Manhattan), la scène des miroirs!

Un chef d’oeuvre absolu à découvrir en salles ou en vidéo!