CRITIQUE : LES COQUILLETTES

Trois ans après le foutraque mais néanmoins sympathique « La Vie au Ranch », la jeune Sophie Letourneur revient avec « les Coquillettes », en compétition au Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, plus communément appelé le FIFIB !

Tout comme le plat auquel le titre fait allusion, c’est bon mais ça ne révolutionne pas la gastronomie!

Dans « la Vie au Ranch », une bande de copines se retrouvait dans un appartement pour parler de leur vie de jeunes filles en picolant ou vice versa alors que dans « les Coquillettes », un trio de copines se retrouve dans un appartement autour d’une assiette de pâtes pour parler de leur dernière virée au festival de Locarno (lors de laquelle elles ont picolé !). L’une a tendance à enjoliver les évènement qu’elle subit, l’autre n’attend que le moment où son abstinence sexuelle de 16 mois prendra fin et la troisième (Sophie Letourneur herself!) ne rêve que de Louis Garrel!

Ce deuxième essai comprend à peu près les mêmes défauts que le premier mais aussi les mêmes qualités. Le défaut principal tient au fait que Sophie Letourneur ne nous raconte finalement pas grand chose; même en creusant,pas l’ombre d’un message! Cependant, esthétiquement, le résultat est bien plus soigné cette fois-ci et c’est la première satisfaction des « Coquillettes »! D’autre part, la grande force de Sophie Letourneur se vérifie à nouveau ici avec des dialogues finement ciselés, preuve d’un regard aiguisé sur ses concitoyennes: on s’y croirait! Quant au trio de comédiennes, elles sont toutes trois épatantes et même si le film tourne parfois un peu en rond de soirées en soirées, elles sont tellement attachantes que ces « coquillettes » se dégustent avec plaisir! En attendant que la jeune réalisatrice nous mitonne un plat un peu plus roboratif!

Pas de date de sortie pour le moment.

note: 6/10

CRITIQUE: APRES MAI, FILM D’OUVERTURE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INDEPENDANT DE BORDEAUX

Région parisienne, début des années 70. Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis devront faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

Quel choix judicieux pour ouvrir ce Festival du Film Independant que ce film sur une époque révolue où un vent de liberté soufflait dans les cheveux longs de la jeunesse de France ! Même si Olivier Assayas n’entre pas dans le cadre du cinéaste débutant, son film est le petit cousin de deux de ses premiers longs métrages, « Désordre » et « l’Eau Froide », qui brossaient déjà le portrait d’une certaine adolescence, en quête d’indépendance et d’accomplissement, mais lorgne également du côté de « Carlos » pour l’aspect politique. Sauf qu’ici, Assayas livre une oeuvre quasi-autobiographique avec ce Gilles, son alter ego,  dont l’engagement politique n’est concurrencé que par une farouche envie de faire du Cinéma, mais vraiment de l’art, au contraire de son père, scénariste de séries pour la télé, destinées à la petite bourgeoisie!

 

Non seulement Olivier Assayas nous raconte sa jeunesse, loin de celle d’aujourd’hui qui n’a malheureusement que peu d’utopies, mais à travers ce film semble résumer toute son oeuvre. Outre le fait que ses deux personnages principaux portent les mêmes prénoms que ceux de « l’Eau froide », « Après mai » multiplie les citations. On y retrouve l’omniprésence de l’art comme dans « Désordre », « Irma Vep », « Clean » ou encore « l’Heure d’Eté » et la scène de la fête nous rappelle étrangement celles de « l’Eau froide » ou de « l’Heure d’Eté ». Même si « Après mai » ne fait pas partie des oeuvres majeures d’Assayas en raison de quelques baisses de rythme et de l’interprétation parfois limite de certains jeunes comédiens (à l’exception de Lola Créton toujours lumineuse et qui dégage décidément une sensualité rare!), il s’inscrit dans l’oeuvre à la fois hétérogène et cohérente de l’un des cinéastes français les plus intéressants.

LA NOTE: 7.5/10

Sortie le 14 novembre 2012.