CRITIQUE BLU-RAY: CUL-DE-SAC

LE FILM:

George ( Donald Pleasance) et Teresa (Françoise Dorléac) vivent seuls sur une île dans une grande demeure et la route s’arrête chez eux, formant un cul-de-sac. Un jour, deux gangsters blessés, dont l’un grièvement débarquent. Le plus valide (Lionel Stander) les prend en otage pendant quelques jours…

Pour son troisième film après « le Couteau dans l’eau » et « Répulsion », Polanski filme à nouveau un huis-clos et met en contact un homme d’âge mûr assez aisé et dont le courage n’est pas la première qualité, sa femme à la sexualité débordante qui n’attend qu’un peu de fantaisie et un gangster, brute épaisse à la voix rocailleuse. Ces trois personnages vont devoir cohabiter quelques temps sans que l’on sache quelle sera l’issue! Quand un groupe d’amis s’invite à l’improviste, la situation va se décanter…

Brillamment mis en scène, « Cul-de-sac » emprunte beaucoup au film Noir des années 40 tout en gardantle goût de l’absurde très prisé par Polanski, comme dans cette scène où le gangster resté dans la voiture se trouve pris par la marée montante! En beaucoup moins violent, le film de Polanski ressemble beaucoup au film de Peckinpah qui sortira quelques années plus tard, « les Chiens de paille ». C’est en tout cas l’un des films majeurs de Polanski qu’il nous est permis de (re)découvrir dans une copie malheureusement assez mauvaise (grain excessif, points blancs, rayures et sautes dans la luminosité)!

LES BONUS:

Outre une galerie photos et la bande-annonce, on trouve l’excellent documentaire « deux gangsters et une île » où Polanski revient, sans langue de bois, entre autres sur le comportement très limite du comédien Lionel Stander sur le tournage!

VERDICT:

Malgré une copie très mauvaise, un grand film accompagné d’un doc passionnant!

Disponible en DVD (14,99 euros) et en Blu-ray(19,99 euros) chez FILMEDIA dès le 17 avril!


CRITIQUE: TWIXT

Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite bourgade des Etats-Unis pour y promouvoir son dernier roman de sorcellerie. Il se fait entraîner par le shérif dans une mystérieuse histoire de meurtre dont la victime est une jeune fille du coin. Le soir même, il rencontre, en rêve, l’énigmatique fantôme d’une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s’offre à lui. Pour démêler cette énigme, il va devoir aller fouiller les méandres de son subconscient et découvrir que la clé du mystère est intimement liée à son histoire personnelle.

Après « Tetro« , Coppola père continue sur la voie du film indépendant à petit budget et tourne en numérique son film peut-être le plus personnel mais pas le plus réussi, loin de là! Reprenant l’histoire vue et revue d’un écrivain sur le retour, cherchant le sujet qui pourrait relancer sa carrière en s’imbibant d’alcool, il tente clairement le parallèle avec sa vie d’artiste d’autant que l’écrivain en question a perdu sa fille dans un accident de bateau, drame également vécu par le réalisateur. Au cours de ses rêves, l’écrivain (incarné par un Val Kilmer qui ne rentrera bientôt plus dans le cadre) croise Edgard Allan Poe qui lui prodigue des conseils d’écriture et tente dans le même temps de résoudre la mystérieuse histoire de meurtre. En passant au noir et blanc parsemé d’éléments en couleur (de préférence rouge), Coppola utilise le truc déjà employé dans « Rusty James » avec le poisson rouge et donne aux séquences oniriques une qualité plastique indéniable. Reste que le scénario complètement foutraque, entre déjà vu et réflexion philosophique lourdingue sur la création, fait de ce film l’un des moins intéressants du Maître. Dommage! Un conseil, revoyez Tetro!