CRITIQUE: ELLE S’EN VA

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Bettie, la soixantaine, se voit soudain abandonnée par son amant et en péril financier avec le restaurant familial. Que faire de sa vie ? Elle prend sa voiture, croyant faire le tour du pâté de maison. Ce sera une échappée. Au fil de la route : des rencontres de hasard, un gala d’ex-miss France, le lien renoué avec sa fille, la découverte de son petit-fils, et peut-être l’amour au bout du voyage… Un horizon s’ouvre à elle.

A l’image du film de Marion Vernoux, les Beaux Jours, le film d’Emmanuelle Bercot se penche sur une femme d’âge mûr qui prend conscience du temps qui passe et de la nécessité de changer pour donner un nouveau souffle à son existence. Si Fanny Ardant se jetait dans les bras d’un trentenaire, le personnage interprété par Catherine Deneuve, quitte le restaurant qu’elle dirige et laisse sa mère avec qui elle vit sans savoir où aller: elle a juste besoin de changer d’air. Elle s’en va devient alors un road movie assez original au cours duquel Betty rencontrera des amants, des personnages hauts en couleur dignes des films de Kervern et Delépine, un petit-fils qu’elle ne connaît quasiment pas, d’anciennes miss dont elle a fait partie et tentera de renouer avec une famille explosée. Drôle et émouvant, le film d’Emmanuelle Bercot est un vrai film d’acteurs: si Catherine Deneuve y trouve un film sur mesure dans lequel elle montre un côté inédit et une palette peu exploitée, les seconds rôles ne sont pas en reste: Nemo Schiffmann est époustouflant, Camille est prometteuse et Claude Gensac est magnifique!

A l’instar de Betty qui a le X Factor selon son petit-fils, Elle s’en va a aussi ce petit truc en plus qui en fait l’un des très beaux films de cette année!

NOTE: 8/10

CRITIQUE BLU-RAY: ELEPHANT

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LE FILM: 9/10

En ce jour d’automne, les lycéens, comme à leur habitude, partagent leur temps entre cours, football, photographie, potins, etc. Pour chacun des élèves, le lycée représente une expérience différente, enrichissante ou amicale pour les uns, traumatisante, solitaire ou difficile pour les autres. Cette journée semble ordinaire, et pourtant le drame couve…

Elephant, Palme d’Or en 2003, est une réponse aux multiples tueries se perpétrant sur les campus américains comme celle de Columbine. Gus Van Sant nous propose sous la forme de chapitres au nom de lycéens de suivre la vie d’un lycée américain, faisant se superposer certains de ces chapitres. Usant de longs plans séquences, avec une utilisation très limitée de la musique, c’est une plongée glaciale dans l’horreur qui nous est proposée: l’une des scènes les plus marquantes est sans doute celle dans laquelle on voit l’un des jeunes tueurs préparer son plan à la cantine au milieu de ses camarades, prenant des notes. Van Sant n’entend pas donner d’explications mais montre comment l’horreur peut survenir à tout moment! La magnifique photo d’Harris Savides et la fabuleuse interprétation de tous ces comédiens amateurs font d’Elephant l’une des grandes Palmes d’Or de l’histoire du festival!

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie qui met bien en valeur la très belle photo du film! A noter le format carré choisi par Gus Van Sant!

BONUS: 8/10

Le bluray propose une rencontre avec le réalisateur, Sur le tournage, en classe avec Elephant, et une analyse de Serge Kaganski!

VERDICT: 9/10

Une magnifique Palme d’Or dans un bluray à la hauteur!

Disponible en bluray (19.99 euros) chez MK2