Critique: Taj Mahal

236333.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Louise a dix-huit ans lorsque son père doit partir à Bombay pour son travail. En attendant d’emménager dans une maison, la famille est d’abord logée dans une suite du Taj Mahal Palace. Un soir, pendant que ses parents dînent en ville, Louise, restée seule dans sa chambre, entend des bruits étranges dans les couloirs de l’hôtel. Elle comprend au bout de quelques minutes qu’il s’agit d’une attaque terroriste. Unique lien avec l’extérieur, son téléphone lui permet de rester en contact avec son père qui tente désespérément de la rejoindre dans la ville plongée dans le chaos.

Alors que les attentats du mois de novembre sont encore dans toutes les têtes sort le second film de l’ex-critique Nicolas Saada, relatant les attentats de l’Hôtel Taj Mahal en 2008 à Bombay. Lors d’une première partie d’exposition, Saada nous fait découvrir une famille qui s’installe pour deux ans en Inde pour le travail du père; la fille, 18 ans, suit pour entrer dans une école de photo. Cette exposition, lente et froide ne suscite jamais l’empathie et l’on a vraiment du mal à se passionner pour le sort de cette famille. Il faut dire que Stacy Martin, qu’on avait découverte dans Nymphomaniac, ne se dépare jamais d’une fadeur et d’une froideur rédhibitoires. Puis, et c’est là tout l’intérêt du film, l’attaque de l’hôtel débute et tout au long, Saada prend le parti de ne jamais montrer le visage de l’horreur en nous confinant avec son héroïne dans sa chambre. Comme elle, le spectateur n’a comme information que les bruits d’explosion, de balles, les cris et quelques communications téléphoniques avec l’extérieur. Toute cette partie est originale, maline et finement réalisée mais malheureusement, on reste spectateur… Si le film vaut le coup d’oeil, on reste avec un goût d’inachevé…

2.5

 

 

Critique: Notre petite soeur

566337.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Réalisation Hirokazu Kore-eda
Scénario Hirokazu Kore-eda
Akimi Yoshida (manga)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Genre Drame
Sortie 28 octobre 2015

Trois sœurs, Sachi, Yoshino et Chika, vivent ensemble à Kamakura. Par devoir, elles se rendent à l’enterrement de leur père, qui les avait abandonnées une quinzaine d’années auparavant. Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 14 ans. D’un commun accord, les jeunes femmes décident d’accueillir l’orpheline dans la grande maison familiale…

Deux ans après le somptueux « Tel Père tel fils« , Hirokazu Kore-Eda continue son exploration du thème de la famille avec l’histoire de trois soeurs qui, au décès de leur père qu’elles n’ont pas vu depuis 15 ans, font connaissance avec leur demi-soeur qu’elles ne connaissent pas. Si l’on ne peut qu’être charmés par le quatuor de comédiennes, toutes parfaites, par leur relation et leur caractérisation et par une mise en scène qui réserve quelques moments magiques,  la mayonnaise ne prend jamais. Autant le précédent film de Kore-Eda mettait en scène des personnages bien vivants, pleins de nuances et placés face à des dilemmes moraux qui suscitaient le débat, autant celui-ci se complaît dans la mièvrerie. En effet, si la situation relatée ici, à savoir une succession et la réunion de fratries de différents lits, devait générer des conflits, il n’en est rien tant aucun personnage ne possède ici de côté sombre, de fêlures, de failles. A plusieurs reprises, on attend un évènement ou un conflit inévitable qui ne vient pourtant jamais. Si le cinéaste, repoussant indéfiniment la conclusion de son film, nous amène à nous questionner, cette question n’est malheureusement que  » A quoi bon?  »

2