Critique Bluray: M

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LE FILM:

4.5

Un insaisissable tueur en série kidnappe et tue de façon abjecte des fillettes. Il est activement recherché par la police. Mais le mécontentement des habitants est tel que la pègre de Los Angeles, craignant pour ses affaires, ne tarde pas à s’en mêler. Débute alors une chasse à l’homme haletante.

Vingt ans après le chef d’oeuvre de Fritz Lang, « M le Maudit », Joseph Losey accepte l’idée d’un remake pour relancer sa carrière dans une période où ses accointances avec le Parti Communiste le mettent en difficulté. Tout en restant très proche de l’original allemand, le film de Losey réussit à trouver sa propre originalité. Certains éléments sont en effet très proches du film de Lang: le tueur siffle (l’air est différent malgré tout!), le vendeur de ballon aveugle est encore présent, la jeune victime du début du film porte le même prénom et sa mère vit en haut du même grand escalier, etc… Toutefois, le film a sa propre personnalité avec un tueur beaucoup plus « humain » que dans la version allemande où Peter Lorre est décrit comme un monstre; ici, il est malade, victime des maux de la société. Quant à l’esthétique du film, elle délaisse l’expressionnisme pour adopter tous les codes du film noir hollywoodien. La mise en scène est également brillante et fait de ce remake à nouveau un très grand film.

TECHNIQUE:

4.5

Si l’on relève un peu de bruit image dans certaines scènes, la copie proposée ici est de haute qualité avec une définition parfaite et un son limpide.

BONUS:

4.5

On trouve ici des présentations passionnantes de Bertrand Tavernier, Michel Ciment, François Guérif ainsi qu’une interview de Harold Nebenzal, producteur du film.

VERDICT:

4.5

Un grand remake dans une édition indispensable!

Disponible en bluray (19.99 euros) chez Sidonis

 

Critique: Dalton Trumbo

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Titre original Trumbo
Réalisation Jay Roach
Scénario John McNamara
Acteurs principaux
Sociétés de production Groundswell Productions
Inimitable Pictures
ShivHans Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Biographique
Durée 124 minutes
Sortie 27 avril 2016

Hollywood, la Guerre Froide bat son plein.
Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste.
Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler.
Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction.
En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

Si tout le monde connaît Dalton Trumbo pour avoir écrit et réalisé son chef d’oeuvre anti-militariste « Johnny s’en va-t-en guerre » en 1971, son oeuvre en tant que scénariste s’étend de 1937 à 1974. Le biopic réalisé par Jay Roach s’intéresse plus spécifiquement à la période entre 1947 et 1960, période qui vit le scénariste placé sur la Liste Noire des artistes communistes, l’empêchant d’exercer son métier. Cette période ne fut pas inactive puisque l’auteur écrivit de nombreux scripts que d’autres signèrent à sa place ou qu’il signa sous de faux noms. Ces oeuvres ne sont pas n’importe lesquelles: le Démon des Armes, le Rôdeur, Vacances Romaines… « Dalton Trumbo » nous montre comment le scénariste ne baissa jamais les armes, avec l’aide de sa famille (réjouissante scène de travail d’équipe où les enfants se transforment en secrétaire pour les multiples identités de leur père!) alors que les portes se fermaient et que ses amis lui tournaient le dos. Magnifiquement écrit, le film de Jay Roach a le bon goût de ne pas chercher à  multiplier les imitations: si l’on croise Kirk Douglas, Edward G.Robinson ou John Wayne, le film évite les improbables défilés de perruques et prothèses grotesques. Quant à l’interprétation, tout le casting est au diapason d’un Bryan Cranston (Breaking Bad) qui prouve qu’il a les épaules pour porter un film. A ses côtés, Helen Mirren est remarquable dans ce rôle d’actrice sur le retour qui déverse sa frustration sur les black-listés, la sublime Diane Lane en épouse modèle, Elle Fanning en fille engagée, mais aussi Louis C.K. (Louie), John Goodman ou encore Michael Stuhlbarg dans le rôle de G.Robinson. Quant à la mise en scène de Roach qui ne s’était pourtant fait remarqué que pour ses Austin Powers, elle s’avère des plus maîtrisées, se permettant même quelques gourmandises comme cette magnifique scène durant laquelle Trumbo redécouvre son nom sur un écran.

A l’heure où les « lanceurs d’alerte » prennent des risques insensés pour mettre à jour les abus des gouvernements, « Dalton Trumbo » s’avère d’une étonnante actualité et réussit le pari de concilier intelligence et divertissement. Du grand Cinéma américain!

4.5