Ennio Morricone The 60 Years Of Music Tour

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Hier soir et aujourd’hui se tiennent les dernières dates françaises de la tournée des 60 ans de carrière de l’immense Ennio Morricone au Palais des Congrès de Paris où j’avais la chance d’être présent.

Après que les 200 choristes et musiciens de l’Orchestre Symphonique National tchèque soient entrés en scène, il ne manquait plus que le chef, il maestro, Ennio Morricone, auteur de près de 500 musiques de films depuis le début des années 60. Les applaudissements réussiront à le faire venir après quelques longues secondes durant lesquelles le public piaffait d’impatience! Son arrivée en scène, à son rythme (87 ans tout de même!), déclencha l’une des multiples standing ovations de la soirée, le public ayant conscience du privilège d’assister à un moment unique face à l’un des grands génies contemporains de la musique.

Si Morricone est l’auteur d’un nombre incalculable de « tubes » de la musique de films, il a choisi ,pour ses 60 ans, de proposer un éventail assez large de ses compositions, sans forcément jouer tous ses « tubes ». Son répertoire débutera d’ailleurs par certaines compositions qu’il a faites pour Giuseppe Tornatore (The Best Offer) ou Roberto Faenza (H2S) peu connues et pas vraiment grand public, celui-ci paraissant déstabilisé. Puis très vite, les premières notes de Chi Mai (le Professionnel ou Royal Canin pour les profanes) déclencheront des murmures dans la salle et les premiers frissons.

Tous les 2-3 morceaux, le Maître se retourne pour saluer son public qui lui réservera à chaque fois une nouvelle standing ovation. Durant la soirée, Morricone nous offrira ses classiques leoniens, excepté « l’Homme à l’harmonica », les westerns comme « Il était une fois en Amérique » mais également sa composition pour « les Huit Salopards » de Tarantino ou encore les principaux thèmes de « Mission ». Le grand moment sera celui de « the Ecstasy of gold » (le Bon, la Brute et le Truand) avec la voix hallucinante de Susanna Rigacci.

La baguette du Maître est toujours aussi précise et les musiciens sous ses ordres semblent empreints d’un profond respect. Le spectateur, lui, oscillera entre l’admiration, l’enthousiasme et l’émotion, les poils dressés et la larme à l’oeil. Seul regret, l’absence de certains thèmes somptueux comme ceux composés pour De Palma, notamment « les Incorruptibles » et « Outrages » alors que les multiples rappels seront des oeuvres déjà jouées au cours de la soirée.

Quoi qu’il en soit, nous aurons assisté à un moment rare et unique, inoubliable.

Critique: Brooklyn Village

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Titre original Little Men
Réalisation Ira Sachs
Scénario Ira Sachs
Mauricio Zacharias
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre dramatique
Durée 85 minutes
Sortie 21 septembre 2016

Une famille de Manhattan hérite d’une maison à Brooklyn, dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les relations sont d’abord très cordiales, notamment grâce à l’insouciante amitié qui se noue entre Tony et Jake, les enfants des deux foyers. Mais le loyer de la boutique s’avère bien inférieur aux besoins des nouveaux arrivants. Les discussions d’adultes vont bientôt perturber la complicité entre voisins.

Grand prix du Jury au dernier Festival de Deauville, le nouveau film d’Ira Sachs confirme l’importance de la place occupée par le cinéaste dans le Cinéma Indépendant US. Ni franchement une comédie ni vraiment un drame, « Brooklyn Village » dépeint à travers la rencontre de deux familles le difficile passage à l’âge adulte.Si la famille Jardine débarque dans le quartier, c’est parce que le père vient d’hériter d’une maison dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique d’une couturière qui, grâce à ses rapports amicaux avec le défunt, bénéficia d’un loyer bien en-deçà du prix du marché. Alors que les deux fils de famille deviennent amis, un désaccord sur le loyer va naître entre les adultes. Merveilleusement interprété par les deux jeunes comme par les comédiens confirmés dont l’excellent Greg Kinnear, ce fort joli film repose sur un scénario d’une intelligence et d’une finesse peu courantes. Un vrai plaisir!

4.5