Critique: Un Amour Impossible

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À la fin des années 50 à Châteauroux, Rachel, modeste employée de bureau, rencontre Philippe, brillant jeune homme issu d’une famille bourgeoise. De cette liaison passionnelle mais brève naîtra une petite fille, Chantal. Philippe refuse de se marier en dehors de sa classe sociale. Rachel devra élever sa fille seule. Peu importe, pour elle Chantal est son grand bonheur, c’est pourquoi elle se bat pour qu’à défaut de l’élever, Philippe lui donne son nom. Une bataille de plus de dix ans qui finira par briser sa vie et celle de sa fille.

Trois ans après « la Belle Saison« , Catherine Corsini poursuit une oeuvre fortement orientée vers l’Amour, sous toutes ses formes. Elle adapte cette fois le roman éponyme de Christine Angot et livre ainsi le portrait d’une femme sur une cinquantaine d’années. Extrêmement dense, cette fresque débute dans les années 50, avec la rencontre de la jolie Rachel, modeste employée de bureau et Philippe, d’une classe sociale aisée, puits de culture qui fait briller les yeux de celle-ci. Par petites touches, la cinéaste nous montre Philippe comme un homme dur, égoïste et manipulateur. En face de lui, Rachel semble souvent forte mais pas assez pour éviter de tomber dans les pièges de Philippe. Forcée de très vite organiser sa vie sans Philippe et donc sans père pour sa fille, elle se relèvera de ses blessures pour mieux y retomber à cause de cet homme. Extrêmement bien écrit, ce drame romanesque à souhait évoque aussi bien Truffaut et Téchiné mais aussi les mélos de Douglas Sirk. L’interprétation de Niels Schneider et Virginie Efira est parfaite et les place d’emblée dans les favoris des prochains César. La seule mauvaise note de ce qui semble être le meilleur film de Catherine Corsini tient en un final lourdement explicatif mais qui ne gâche en rien le plaisir ressenti devant un tel film!

4.5

Critique: la Belle saison

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  • Date de sortie :
    19 août 2015
  • Réalisé par :
    Catherine Corsini
  • Avec :
    Cécile de France, Izia Higelin, Noémie Lvovsky…
  • Durée :
    1h45min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Distributeur :
    Pyramide Films

1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d’amour fait basculer leurs vies…

Deux ans après « Trois mondes », Catherine Corsini réalise avec « la Belle Saison » son neuvième long métrage. A travers l’histoire d’amour entre Delphine et Carole, la réalisatrice nous parle à la fois du mouvement féministe dans les années 70 mais aussi de l’homosexualité et de la difficulté à l’assumer. Au sens plus large, il s’agit ici de la difficulté à imposer ses choix dans une une société excessivement normée. La grande réussite du film réside, comme le dit Carole, dans sa façon d' »être pour les femmes et non contre les hommes »! Catherine Corsini a ainsi éviter de sombrer dans la caricature, notamment avec le personnage de Manuel, fiancé de Carole, qui la met face à ses contradictions tout en lui laissant le choix jusqu’au bout, toujours dans l’écoute. La réalisatrice montre également merveilleusement bien la difficulté de mener un combat pour soi alors qu’il est plus facile de se battre pour une cause plus universelle. Si « la Belle saison » brille par son intelligence, sa sensibilité, les pistes de réflexion qu’il ouvre, et son utilité dans le contexte actuel,  le plaisir est total avec ce lumineux duo de comédiennes Izia Higelin/Cécile de France.

Emouvant et important, « la Belle saison » est surtout une belle réussite!

4.5

CRITIQUE: PARTIR (2008)

Pyramide Distribution

Avant-hier soir, invités par le célèbre magazine « Première » (qui, soit dit en passant, voit sa qualité baisser régulièrement), nous sommes allés ma chère et tendre et moi-même nous faire une toile, le nouveau film de Catherine Corsini, « Partir ».

Dans la scène d’ouverture, Suzanne (Kristin Scott Thomas) est au lit à côté de son mari (Yvan Attal) qui dort. Elle se lève en pleine nuit, quitte la chambre et soudain, un coup de feu retentit. On ne sait pas exactement ce qui s’est passé mais on sait qu’un drame a eu lieu. Le reste du film se propose de nous montrer comment on est arrivé là. Ce couple de médecins avec deux enfants, sans soucis d’argent, va littéralement explosé quand un ouvrier espagnol, Ivan (Sergi Lopez) va effectuer les travaux du cabinet de Kiné de Madame. Celle-ci va s’enflammer d’une passion sans limite pour cet étranger et décider de tout plaquer pour vivre son nouveau bonheur. Le mari ne l’entend pas de cette oreille, lui qui considère que la sécurité financière qu’il offre à sa femme est une garantie contre ce genre de mésaventure. Il va alors tout entreprendre pour paupériser le couple adultère et lui rendre la vie impossible.

Sur un scénario pas forcément très original, Corsini batit un film très prenant qui a le mérite de faire réfléchir sur le couple. Elle est surtout aidée par un trio d’acteurs magistral avec à sa tête une Kristin Scott Thomas toujours aussi juste dans ses interprétations. Elle est ici totalement habitée par ce personnage de femme qui revit au contact de cet amant au point de plaquer sa vie de femme, de mère et professionnelle. Elle sombre petit à petit dans une folie destructrice poussée par un mari détestable de haine et de mesquinerie incarné par un Yvan Attal toujours convaincant.

Finalement, la soirée fut très agréable même si le sujet n’est pas des plus légers avec un film très intéressant.