CRITIQUE BLU-RAY: PASSION

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LE FILM: 3/10

Deux femmes se livrent à un jeu de manipulation pervers au sein d’une multinationale. Isabelle est fascinée par sa supérieure, Christine. Cette
dernière profite de son ascendant sur Isabelle pour l’entraîner dans un jeu de séduction et de manipulation, de domination et de servitude…

Depuis 1989 et Outrages, mise à part la parenthèse Mission Impossible, on cherche en vain le De Palma qu’on aime, se demandant si l’on le retrouvera un jour. L’excitation était donc à son comble avec ce remake du mauvais film d’Alain Corneau, Crime d’Amour. Et malheureusement, Passion se rajoute à la liste des nanars que De Palma nous concocte depuis 25 ans!

En étant finalement assez fidèle au matériau original, De Palma ne fait pas le meilleur choix, son film reprenant les mêmes défauts que celui de Corneau, en premier lieu son intrigue totalement démodée, qui ne parvient jamais à nous faire croire à son histoire. Alors que dans la version française, seule Kristin Scott Thomas tirait son épingle du jeu, ici les deux comédiennes ne dégagent aucune alchimie et alors que le film devrait susciter quelque chose de sensuel, voire de sulfureux, l’encéphalogramme reste desespérément plat. En rajoutant là-dessus une bande originale épouvantable et une photo qui donne au film des allures de téléfilm 80’s, on atteint des sommets. On dirait que De Palma a voulu refaire le même film que Corneau en rajoutant seulement des écrans (ordinateurs, smartphones, caméras…) pour qu’on y retrouve sa patte. On attend malheureusement beaucoup plus…

TECHNIQUE: 8/10

Rien à dire sur la copie qui retranscrit merveilleusement l’hideuse photo du film!

BONUS: 2/10

Outre la bande-annonce, on trouve un making of promo (6 mins) sans intérêt!

VERDICT: 3/10

Les fans de de Palma se contenteront des rééeditions récentes de ses plus grands films!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez ARP Sélection

 


CRITIQUE DVD: LA MENACE

LE FILM: 8/10

Dominique dirige, près de Bordeaux, une entreprise de transports routiers, secondée efficacement par son amant Henri. Celui-ci vient de s’éprendre d’une jeune canadienne, Julie. Un soir, une violente entrevue oppose les deux femmes et Dominique, peu après, se jette du haut de la tour de la citadelle. La mort de Dominique passe aux yeux de la police pour un crime et Julie se retrouve derrière les barreaux. Henri fabrique alors des indices l’accusant afin de faire innocenter Julie…

Réalisé juste après « Police Python 357 » et juste avant « Série Noire », ce troisième film d’Alain Corneau n’est pas son meilleur film mais reste néanmoins une belle réussite. Dans une première partie très chabrolienne, Corneau dépeint la petite bourgeoisie provinciale à travers notamment le personnage de Dominique (Marie Dubois récompensée d’un César pour ce rôle). La patronne de cette entreprise de transports routiers exerce un rapport de domination avec son amant Henri (Montand) à qui elle achète des camions pour lui faire plaisir, provoquant sa colère. Une rupture intervient dans le film lorsque Dominique s’aperçoit de l’infidélité de son amant et qu’elle rencontre Julie sur les hauteurs de Blaye. On retrouve dès lors dans le genre de prédilection de Corneau, le film noir? les évènements échappant aux protagonistes et toute tentative de résoudre le problème semblant inexorablement vouée à l’échec. Toute la deuxième partie du film montre alors comment Henri tente de maquiller la mort de sa maîtresse comme s’il en était l’auteur alors que le policier incarné par l’excellent Jean-François Balmer le traque.

Haletante, cette seconde partie montre le talent de metteur en scène de Corneau qui peut s’appuyer sur la magnifique prestation quasi-muette de Montand, pour s’achever au Canada avec une scène « routière » d’anthologie! Et tout ça sur une superbe bande originale jazzy de Gerry Mulligan!

« La Menace » est donc un excellent polar à (re)découvrir dans une nouvelle édition DVD (la troisième me semble-t-il) sans bonus à l’exception d’une bande-annonce mais dans une copie très propre pour l’époque!

Disponible en DVD (9,99 euros) chez Universal Pictures

 


CRIME D’AMOUR (2010)

Dans le décor aseptisé des bureaux d’une puissante multinationale, deux femmes s’affrontent… La jeune Isabelle travaille sous les ordres de Christine, une femme de pouvoir qu’elle admire sans réserve. Convaincue de son ascendant sur sa protégée, Christine entraîne Isabelle dans un jeu trouble et pervers de séduction et de domination.Ce jeu dangereux va trop loin… jusqu’au point de non retour.

Pour son dernier film, Alain Corneau s’est lancé dans un pur exercice de style. Le problème de vouloir rendre hommage aux films noirs d’Hitchcock ou de Fritz Lang est que les années ont passé et qu’en 2010, on ne ballade plus la police scientifique aussi facilement qu’il y a cinquante ans! Assassiner quelqu’un en laissant sur place tous les indices de sa propre culpabilité pour mieux s’innocenter a tendance à faire sourire aujourd’hui!

Au niveau de la description du monde de l’entreprise, le film est assez réussi et fait souvent penser à un autre film du réalisateur, « stupeur et remblements » (d’après Amélie Nothomb). Sous une apparence lisse et aseptisée, l’entreprise est décrite comme une machine à broyer l’homme, sans pitié. Mais une fois le crime passé, le film s’enlise et enchaîne les rebondissements prévisibles, à grands coups de flash-backs en noir et blanc très old school.

Enfin, gros point noir, l’interprétation très inégale. Autant Kristin Scott Thomas est parfaite dans ce rôle de patronne froide et sans pitié, autant Ludivine Sagnier joue faux à de nombreux moments.

Dommage qu’Alain Corneau ait terminé sa carrière sur ce petit cru.

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CRIME D’AMOUR : BANDE-ANNONCE HD
envoyé par baryla. – Regardez des web séries et des films.