Critique Dvd: Manon

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Réalisation Henri-Georges Clouzot
Scénario Henri-Georges Clouzot et Jean Ferry, d’après l’abbé Prévost
Acteurs principaux
Sociétés de production Alcina
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 100 minutes
Sortie 4 mars 1949

LE FILM:

4.5

En Normandie, peu après la Libération, Manon Lescaut, une jeune femme accusée d’avoir collaboré avec les nazis, est poursuivie par les villageois. C’est alors que Robert Desgrieux, un ancien membre de la Résistance, intervient juste à temps pour la sauver. Tous deux s’enfuient vers Paris et entament une liaison. Mais bientôt, ils se perdent tous les deux dans de sordides histoires. De plus, l’amour exclusif de Robert gêne Manon. Elle charge son frère, Léon, d’éloigner son amant pendant qu’elle mène la vie avec un riche Américain qu’elle espère voler…

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Inspiré du roman de l’Abbé Prévost et modernisé, « Manon »,  réalisé par Henri-Georges Clouzot en 1949, se déroule peu après la Libération et compte l’amour passionnel de Manon Lescaut, une jeune femme accusée d’avoir fauté avec les Nazis et Desgrieux, ancien résistant. Construit autour d’un flashback, le récit démarre alors que le couple est découvert par le Commandant d’un navire transportant des Juifs, caché dans la cale. Les amoureux racontent alors leur histoire au marin alors que l’on découvre très vite que Desgrieux est recherché pour meurtre. Toute la noirceur du cinéaste est présente dans ce récit, audacieux pour l’époque et, si l’on sait que la tragédie est inévitable, l’une des dernières scènes dans le désert restera comme l’une des séquences marquantes du cinéma de son auteur. Un chef d’oeuvre méconnu à (re)découvrir d’urgence!

TECHNIQUE:

4.5

Une copie de toute beauté; il est même dommage qu’un support HD n’ait été prévu.

BONUS:

1.5

Plusieurs intervenants dont le critique Frédéric Mercier reviennent brièvement sur le film et spécialement sur la scène finale.

VERDICT:

4.5

Un chef d’oeuvre à voir absolument!

Disponible en DVD (14.99 euros) chez Editions Montparnasse dès le 3 octobre

Critique: La Chambre Bleue

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  • Date de sortie :
     16 mai 2014
  • Réalisé par :
    Mathieu Amalric
  • Avec :
    Mathieu Amalric, Léa Drucker, Stéphanie Cléau…
  • Durée :
    1h15min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2013
  • Distributeur :
    Alfama Films

Dis- moi Julien, si je devenais libre,  tu te rendrais libre aussi ?
– Tu dis ?…
Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour.
Du moins l’homme semble le croire.
Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots.
« La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. »
Que s’est-il passé, de quel crime est-il accusé ?…

Quatre ans après l’excellent Tournée, Mathieu Amalric revient à la réalisation avec la Chambre Bleue, adaptation d’un roman de Simenon. D’une durée très courte (1h15) et tournée en format carré (1:33), la Chambre Bleue,est construit autour d’un interrogatoire et de flashback, préservant le mystère autour du crime dont est accusé Julien. Remarquablement interprété par Amalric lui-même, Stéphanie Cléau et Léa Drucker, ce film noir chabrolien bénéficie également d’une mise en scène épurée mais non dénuée de talent, avec quelques plans assez géniaux! Le plus intéressant dans le film n’est  finalement pas l’intrigue policière mais la relation entre les amants, et le mécanisme implacable de la passion amoureuse. Coup de maître!

NOTE: 9/10

CRITIQUE BLU-RAY: PASSION

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LE FILM: 3/10

Deux femmes se livrent à un jeu de manipulation pervers au sein d’une multinationale. Isabelle est fascinée par sa supérieure, Christine. Cette
dernière profite de son ascendant sur Isabelle pour l’entraîner dans un jeu de séduction et de manipulation, de domination et de servitude…

Depuis 1989 et Outrages, mise à part la parenthèse Mission Impossible, on cherche en vain le De Palma qu’on aime, se demandant si l’on le retrouvera un jour. L’excitation était donc à son comble avec ce remake du mauvais film d’Alain Corneau, Crime d’Amour. Et malheureusement, Passion se rajoute à la liste des nanars que De Palma nous concocte depuis 25 ans!

En étant finalement assez fidèle au matériau original, De Palma ne fait pas le meilleur choix, son film reprenant les mêmes défauts que celui de Corneau, en premier lieu son intrigue totalement démodée, qui ne parvient jamais à nous faire croire à son histoire. Alors que dans la version française, seule Kristin Scott Thomas tirait son épingle du jeu, ici les deux comédiennes ne dégagent aucune alchimie et alors que le film devrait susciter quelque chose de sensuel, voire de sulfureux, l’encéphalogramme reste desespérément plat. En rajoutant là-dessus une bande originale épouvantable et une photo qui donne au film des allures de téléfilm 80’s, on atteint des sommets. On dirait que De Palma a voulu refaire le même film que Corneau en rajoutant seulement des écrans (ordinateurs, smartphones, caméras…) pour qu’on y retrouve sa patte. On attend malheureusement beaucoup plus…

TECHNIQUE: 8/10

Rien à dire sur la copie qui retranscrit merveilleusement l’hideuse photo du film!

BONUS: 2/10

Outre la bande-annonce, on trouve un making of promo (6 mins) sans intérêt!

VERDICT: 3/10

Les fans de de Palma se contenteront des rééeditions récentes de ses plus grands films!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez ARP Sélection

 


CRITIQUE: PARTIR (2008)

Pyramide Distribution

Avant-hier soir, invités par le célèbre magazine « Première » (qui, soit dit en passant, voit sa qualité baisser régulièrement), nous sommes allés ma chère et tendre et moi-même nous faire une toile, le nouveau film de Catherine Corsini, « Partir ».

Dans la scène d’ouverture, Suzanne (Kristin Scott Thomas) est au lit à côté de son mari (Yvan Attal) qui dort. Elle se lève en pleine nuit, quitte la chambre et soudain, un coup de feu retentit. On ne sait pas exactement ce qui s’est passé mais on sait qu’un drame a eu lieu. Le reste du film se propose de nous montrer comment on est arrivé là. Ce couple de médecins avec deux enfants, sans soucis d’argent, va littéralement explosé quand un ouvrier espagnol, Ivan (Sergi Lopez) va effectuer les travaux du cabinet de Kiné de Madame. Celle-ci va s’enflammer d’une passion sans limite pour cet étranger et décider de tout plaquer pour vivre son nouveau bonheur. Le mari ne l’entend pas de cette oreille, lui qui considère que la sécurité financière qu’il offre à sa femme est une garantie contre ce genre de mésaventure. Il va alors tout entreprendre pour paupériser le couple adultère et lui rendre la vie impossible.

Sur un scénario pas forcément très original, Corsini batit un film très prenant qui a le mérite de faire réfléchir sur le couple. Elle est surtout aidée par un trio d’acteurs magistral avec à sa tête une Kristin Scott Thomas toujours aussi juste dans ses interprétations. Elle est ici totalement habitée par ce personnage de femme qui revit au contact de cet amant au point de plaquer sa vie de femme, de mère et professionnelle. Elle sombre petit à petit dans une folie destructrice poussée par un mari détestable de haine et de mesquinerie incarné par un Yvan Attal toujours convaincant.

Finalement, la soirée fut très agréable même si le sujet n’est pas des plus légers avec un film très intéressant.