Critique Bluray: les Portes de la Nuit

71nbC57evBL._SL1410_.jpg

Réalisation Marcel Carné
Scénario Jacques Prévert d’après l’argument de son ballet Le Rendez-vous
Acteurs principaux
Sociétés de production Pathé Consortium Cinéma
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame poétique
Durée 120 min
Sortie 3 décembre 1946

LE FILM:

4

Paris, février 1945. Malou, une jeune femme déçue par son mari profiteur de la guerre, rencontre une nuit le jeune Diego, militant de la Résistance. Mais le destin, personnifié par un clochard mystérieux, va mettre sur le chemin de Malou et Diego des enjeux cruels dont peu sortiront indemnes.

Tourné juste après « les Enfants du Paradis » sur un scénario de Jacques Prévert, « les Portes de la nuit » se déroule juste après la Seconde Guerre Mondiale dans une France encore traumatisée par ces années de terreur, de courage et de lâcheté. Cette tragédie offre un beau témoignage de cette époque qui voyait une France divisée entre héros et collabos empreint de quelques notes fantastico-poétiques propres à prévert. Si le couple vedette Montand/Nattier est un peu décevant, on retrouve quelques seconds rôles truculents comme Pierre Brasseur ou Serge Reggiani. Un film mineur de Carné mais qui mérite d’être (re)découvert!

TECHNIQUE:

4.5

Une copie restaurée de toute beauté avec une définition impeccable!

BONUS:

3.5

On trouve ici une courte présentation de Jean-Pierre Jeunet et un documentaire qui donne la parole à Philippe Morrisson et N.T.Binh.

VERDICT:

4

Un film mineur de Carné dans une très belle édition!

Disponible en combo Bluray/DVD (19.99 euros) chez Pathé dès le 29 mars

CRITIQUE DVD: LA MENACE

LE FILM: 8/10

Dominique dirige, près de Bordeaux, une entreprise de transports routiers, secondée efficacement par son amant Henri. Celui-ci vient de s’éprendre d’une jeune canadienne, Julie. Un soir, une violente entrevue oppose les deux femmes et Dominique, peu après, se jette du haut de la tour de la citadelle. La mort de Dominique passe aux yeux de la police pour un crime et Julie se retrouve derrière les barreaux. Henri fabrique alors des indices l’accusant afin de faire innocenter Julie…

Réalisé juste après « Police Python 357 » et juste avant « Série Noire », ce troisième film d’Alain Corneau n’est pas son meilleur film mais reste néanmoins une belle réussite. Dans une première partie très chabrolienne, Corneau dépeint la petite bourgeoisie provinciale à travers notamment le personnage de Dominique (Marie Dubois récompensée d’un César pour ce rôle). La patronne de cette entreprise de transports routiers exerce un rapport de domination avec son amant Henri (Montand) à qui elle achète des camions pour lui faire plaisir, provoquant sa colère. Une rupture intervient dans le film lorsque Dominique s’aperçoit de l’infidélité de son amant et qu’elle rencontre Julie sur les hauteurs de Blaye. On retrouve dès lors dans le genre de prédilection de Corneau, le film noir? les évènements échappant aux protagonistes et toute tentative de résoudre le problème semblant inexorablement vouée à l’échec. Toute la deuxième partie du film montre alors comment Henri tente de maquiller la mort de sa maîtresse comme s’il en était l’auteur alors que le policier incarné par l’excellent Jean-François Balmer le traque.

Haletante, cette seconde partie montre le talent de metteur en scène de Corneau qui peut s’appuyer sur la magnifique prestation quasi-muette de Montand, pour s’achever au Canada avec une scène « routière » d’anthologie! Et tout ça sur une superbe bande originale jazzy de Gerry Mulligan!

« La Menace » est donc un excellent polar à (re)découvrir dans une nouvelle édition DVD (la troisième me semble-t-il) sans bonus à l’exception d’une bande-annonce mais dans une copie très propre pour l’époque!

Disponible en DVD (9,99 euros) chez Universal Pictures