CRITIQUE: DANS LA TOURMENTE

Dans la région de Marseille, un patron prépare à l’insu de ses ouvriers la délocalisation de son usine, couplée d’un détournement de 2 millions d’euros. Franck, l’un de ses salariés l’apprend et, sans en parler à sa femme Hélène, décide avec Max, son ami de toujours, de passer à l’action en organisant un braquage nocturne de l’usine. Alors que Max abat froidement le directeur, les deux amis sombrent dans la tourmente…

Pour son troisième long-métrage, Christophe Ruggia nous offre un thriller social ultra-angoissant. Il utilise un contexte social très actuel avec son lot de délocalisations pour précipiter ses personnages dans une criminalité qu’ils ne maîtrisent pas et nous donner un film noir assez réussi. Si le film est très accrocheur dès le début, c’est aussi grâce à un trio d’acteurs au diapason: Yvan Attal comme toujours excellent, Clovis Cornillac très crédible dans ce rôle de petit ouvrier coincé dans un engrenage infernal et Mathilde Seigner, parfaite dans le rôle d’épouse entraînée malgré elle dans la tourmente (dommage qu’on ne la voie pas plus souvent dans des rôles aussi intéressants!).

Mon seul regret est au niveau du scénario avec l’apparition lors de la dernière demi-heure d’une affaire politique dont on aurait très bien pu se passer. « Dans la tourmente » reste malgré tout un très bon film noir très efficace que je  vous invite à découvrir!

CRITIQUE: DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES (1955)

Tony le Stéphanois est un gangster usé qui sort tout juste de prison. Il décide malgré tout de tenter un dernier coup avec trois complices: le braquage d’une joaillerie en plein Paris. Trahis par une ancienne maîtresse de Tony, ils devront aller au bout de leur casse et affronter un gang rival…

En 1955, alors que Jules Dassin est black-listé à Hollywood et rejoint donc la France. C’est à ce moment là qu’on lui propose ce film dont le scénario ne l’enchante guère à priori. Il est vrai qu’il n’est pas d’une très grande originalité; cela n’a pas empêché de nombreux réalisateurs de s’en inspirer depuis cinquante ans: on pourrait y trouver du Michael Mann, du Tarantino ou avant eux du Melville. Mais ce qui fait de ce film un vrai chef d’oeuvre, c’est sa réalisation, d’une originalité et d’une précision rares. Deux scènes sont entrées dans l’Histoire du Cinéma: la fameuse scène du casse (27 minutes sans dialogues ni musique!), un monument de mise en scène et la scène finale d’une beauté formelle à couper le souffle (je n’en dirai pas plus!).

Aux heureux possesseurs de lecteurs blu-ray, je ne saurais que trop recommander la merveilleuse édition Gaumont qui comme d’habitude allie une restauration parfaite du film et des bonus qui privilégient la qualité à la quantité. Ici, un documentaire passionnant revient sur le film et son réalisateur avec des interventions d’Alain Corneau  et de Claude Chabrol (RIP), ou encore de Nadine Trintignant. Indispensable!