CRITIQUE BLU-RAY IMPORT: PHILADELPHIA

PHILADELPHIALE FILM: 8.5/10

Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carrière fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Mais, le jour où ses associés apprennent qu’Andrew est atteint du sida, ils n’hésitent pas à prétexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew décide de ne pas se laisser faire et attaque le cabinet pour licenciement abusif.

Deux ans après le chef d’œuvre « Le Silence des Agneaux », succès critique et public, Jonathan Demme revient avec un film ô combien important. En effet, c’est la première fois qu’un film grand public traîte du sida; seule la chaîne HBO avait sorti un téléfilm sur le sujet, « les Soldats de l’Espérance », avec Matthew Modine, par ailleurs très réussi. Il faut se rappeler qu’il y a 20 ans, le sida est encore une maladie mal perçue, encore rattachée à l’homosexualité elle aussi assez mal considérée.
Demme entreprend donc d’évoquer le fléau mais sous la forme d’un film de procès non sans évoquer les films de Capra avec un personnage en lutte contre la société et la machine judiciaire.
Demme retranscrit à merveille les craintes et les préjugés provoqués par la maladie notamment à travers le personnage de l’avocat incarné par Denzel Washington; la scène du premier rendez vous entre Beckett et son avocat est assez remarquable, la caméra suivant en gros plan les mains du malade, scrutant tous les objets avec lesquels il entre en contact.
Le personnage de l’avocat n’est d’ailleurs pas le chevalier blanc que Demme aurait pu en faire: seuls les affaires l’intéressent (il distribue sa carte à tout va) et quand il s’engage, la justice doit triompher: dans l’affaire Beckett, même s’il n’est pas un fervent défenseur de la cause gay, il doit prouver le licenciement abusif!
Et c’est ce personnage que Demme utilise pour faire évoluer les consciences nous disant « même si vous ne partagez pas la cause gay, leurs droits ne peuvent être impunément bafoués ».

Remarquablement mis en scène, Philadelphia marque les esprits par son interprétation époustouflante notamment de Tom Hanks qui remporta d’ailleurs un Oscar pour ce rôle pour lequel il perdit 12 kgs et bien sûr pour sa portée politique. On se souviendra également de la scène déchirante dans laquelle Beckett explique l’opéra à son avocat et bien sur de la chanson Streets of Philadelphia de Springsteen, Oscar de la meilleure chanson.
Incontestablement l’un des plus grands films des années 90!

TECHNIQUE: 9/10

Excellente copie HD! Vf et Vo st!

BONUS: 10/10

On trouve sur ce blu-ray un documentaire d’une heure et quart sur un centre qui soigne les malades du sida. Tourné à l’époque du film, on y suit quelques malades qui se racontent à la caméra; parmi eux un figurant du film Philadelphia. Une section de scènes coupées est également présente avec entre autres une scène où l’on voit Hanks et Banderas dans leur lit, scène sûrement jugée trop osée pour le montage final. On peut également visionner le clip de la chanson Streets of Philadelphia, un making of d’époque promo (5 mins) et un making of tourné récemment de près d’une heure dans lequel l’équipe revient sur l’aventure du tournage. On y voit le réalisateur, le scénariste, les comédiens et le producteur Edward Saxon dans un maillot du TFC (!). Ce making of revient bien sûr sur la disparition quelques mois après la sortie du film de l’acteur Ron Vawter atteint du sida.

VERDICT: 9/10

Une édition définitive d’un des plus grands films des 90’s inexplicablement introuvable en France!

Disponible en blu-ray (5.95 euros) chez Amazon Italie!

CRITIQUE BLU-RAY: CHASSE A L’HOMME

chasse_a_l_hommeLE FILM: 3/10

Lorsque Chance, un SDF de la Nouvelle Orléans est sollicité par Natasha Binder pour retrouver son père, il ne se doute pas que ce dernier a été abattu par un gang s’adonnant à la chasse à l’homme. Et il se doute encore moins qu’il va devenir leur nouvelle proie…

Cinéaste chinois, véritable star du cinéma d’action, John Woo est un génie de la mise en scène et quasiment l’inventeur du gunfight chorégraphié au cinéma dont les affrontements arme au poing sont depuis des décennies copiées dans le moindre film d’action. Juste après son chef d’œuvre, « A toute épreuve » en 1992, quand on apprend que les Etats-Unis font les yeux doux au virtuose, chaque fan se prend à rêver à ce que serait une grosse machine hollywoodienne ponctuée d’envolées lyriques et d’effusions de violence toutes wooiennes. Le rêve pourrait se réaliser avec la sortie un an plus tard de Chasse à l’Homme avec pour acteur principal Jean-Claude Van Damme, lui aussi en pleine bourre, tout juste sorti de succès comme Double Impact ou Universal Soldier.

La déception est malheureusement à la hauteur de l’attente! S’inspirant très largement du chef d’œuvre de Schoedsack, les Chasses du Comte Zaroff, le film repose sur un scénario complètement crétin avec ce clochard de Van Damme débauché par une brunette à la recherche de son père, tout ce petit monde aux prises avec une paire de méchants tout aussi ridicules (avec un accent étranger comme souvent!). Heureusement, le scénariste meurt dans les cinq premières minutes du film!

Non content d’être assommant de bêtise, Chasse à l’Homme est mal joué, la palme allant à Yancy Butler, dont le jeu se limite à ouvrir grand les yeux quand elle a peur, quand elle est contente ou étonnée…

Point positif quand même, on retrouve la patte de John Woo lors des scènes d’action nombreuses qui permettent à l’acteur belge de donner quelques coups de tatanes entre deux gunfights!

Pour Woo, ce sera le premier nanar d’une longue série qui jalonnera sa carrière hollywoodienne!

TECHNIQUE: 8/10

Excellente copie HD pour ce film d’action dont les performance en matière de son sont explosives!

BONUS: 0/10

Rien du tout…

VERDICT: 3.5/10

Un nanar qui devrait ravir les fans d’action pure!

Disponible en Blu-ray (14.99 euros) chez Universal Pictures dès le 20 aout