66EME FESTIVAL DE CANNES: LE PALMARES

Le 66ème Festival de Cannes, dont beaucoup s’accordent à dire que la compétition s’avérait particulièrement relevée cette année, a enfin rendu son verdict et c’est peu dire que l’on attendait beaucoup de ce jury et de son Président, le grand Steven Spielberg.

Si l’on a suivi attentivement cette édition, on s’apercevra que dans l’ensemble, tous les films qui ont fait parler d’eux figurent dans ce palmarès à l’exception des films de Sorrentino (la Grande Bellezza), Soderbergh (Behind The Candelabra) ou James Gray (The Immigrant) qui repart une fois de plus bredouille!

PALME D’OR

La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche (sortie 9/10/13)

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GRAND PRIX

Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Cohen (sortie 6/11/13)

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PRIX DE LA MISE EN SCENE

Heli d’Amat Escalante (pas de date de sortie pour le moment)

Ce film fit beaucoup parler de lui pour sa violence insoutenable qui provoqua la fuite de nombreux spectateurs en cours de projection. C’est l’une des récompenses qui alimente le buzz tant le film n’est apparemment pas des plus réussis.

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PRIX DU SCENARIO

A touch of Sin de Jia Zhangke (sortie 01/01/14)

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PRIX DU JURY

Tel Père, Tel Fils de Hirokazu Kore-eda (pas de date de sortie pour le moment)

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PRIX D’INTERPRETATION MASCULINE

Bruce Dern dans Nebraska d’Alexander Payne (sortie janvier 2014)

C’est l’une des surprises de ce palmarès tant le film n’a pas déclenché l’enthousiasme et tant le prix semblait promis à Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis) ou Michael Douglas (Behind The Candelabra).

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PRIX D’INTERPRETATION FEMININE

Bérénice Béjo dans le Passé d’Asghar Farhadi (en salles actuellement)

Récompense amplement méritée pour la comédienne qui vit décidément une période faste quelques mois seulement après son César et sa nomination aux Oscars!

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Reste à voir maintenant de nous même ce que vaut ce palmarès et à attendre patiemment la 67 ème édition du plus grand festival du monde!

CRITIQUE: LE PASSE

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Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d’Ahmad pour tenter d’améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé…

Pour son sixième long métrage, le cinéaste iranien dont le dernier film, « Une Séparation« , a fait sa renommée dans le monde entier, a choisi de tourner son film en France. L’excitation le disputait à l’inquiétude tant ce genre de déplacement se fait rarement sans dégâts! Le Passé est une très belle réussite dont le principal intérêt sera, je l’espère, de faire découvrir l’immense scénariste et cinéaste qu’est Farhadi à ceux qui n’ont pas eu la curiosité de découvrir ses précédents films.

Reprenant les thèmes qui lui sont chers comme la famille et ses conflits, le secret, le mensonge, Farhadi nous offre un récit gigogne débutant sur un postulat simple avec un couple qui se retrouve pour divorcer, un nouveau conjoint et des enfants dont on ne sait pas exactement à qui ils sont. A partir de là, petit à petit, certaines questions trouvent leur réponse et des problèmes surgissent au gré des révélations des uns et des autres. Seul le personnage d’Ahmad semble irréprochable et à la recherche de solutions mais tout ce qu’il entreprend semble conduire inexorablement au conflit. Tous les autres personnages autour de lui, comme dans les précédents films de Farhadi, attirent la sympathie ou l’antipathie au fur et à mesure que les secrets sont révélés.

Comme toujours mis en scène avec une précision impressionnante, le film épate surtout par son scénario à la mécanique implacable même s’il paraît parfois trop écrit et trop parfait. Tahar Rahim, comme toujours excellent donne la réplique à une Bérénice Béjo surprenante,  à un très bon Ali Mosaffa au jeu tout en douceur et à la révélation Pauline Burlet en adolescente rongée par la douleur. C’est donc un exil réussi pour Asghar Farhadi même si la dimension documentaire de ses précédents films sur son pays, la société iranienne ou la religion est ici absente.

Une vraie démonstration de cinéma pur vraiment impressionnante.

NOTE: 9/10