Critique: Boomerang

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  • Date de sortie :
    23 septembre 2015
  • Réalisé par :
    François FAVRAT
  • Avec :
    Laurent Lafitte, Mélanie Laurent, Audrey Dana…
  • Durée :
    1h41min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2015
  • Distributeur :
    UGC Distribution

Boomerang : nom masculin, arme de jet capable en tournant sur elle-même de revenir à son point de départ… En revenant avec sa sœur Agathe sur l’île de Noirmoutier, berceau de leur enfance, Antoine ne soupçonnait pas combien le passé, tel un boomerang, se rappellerait à son souvenir. Secrets, non-dits, mensonges : et si toute l’histoire de cette famille était en fait à réécrire ? Face à la disparition mystérieuse de sa mère, un père adepte du silence et une sœur qui ne veut rien voir, une inconnue séduisante va heureusement bousculer la vie d’Antoine…

Après « Elle s’appelait Sarah » de Gilles Paquet-Brenner, c’est la seconde adaptation d’un roman de Tatiana de Rosnay. Le réalisateur du « Rôle de sa vie », François Favrat,  trouve ici l’occasion de traiter de la famille et des secrets qui peuvent empoisonner les rapports entre ses membres. Antoine, incarné par Laurent Lafitte, tente  de comprendre les circonstances de la noyade de sa mère survenue quand il avait 10 ans malgré les réticences de sa soeur (Mélanie Laurent), qui ne souhaite pas se poser de questions, et son père (l’impeccable Wladimir Yordanoff) qui ne souhaite pas y répondre. Cette réflexion sur la famille et les non-dits est savamment instillée par le truchement d’une enquête initiée par Antoine. La réussite du scénario est de rester dans le réalisme et de ne pas utiliser de trop grosses ficelles, permettant ainsi au spectateur d’entrer en totale empathie avec les personnages. Grâce à un casting parfaitement dans le tempo (Mélanie Laurent et Audrey Dana parfaitement justes et toutes en retenue), on ne peut que ressortir emballé et ému par cette histoire à la portée universelle!

4

CRITIQUE: LE PASSE

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Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d’Ahmad pour tenter d’améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé…

Pour son sixième long métrage, le cinéaste iranien dont le dernier film, « Une Séparation« , a fait sa renommée dans le monde entier, a choisi de tourner son film en France. L’excitation le disputait à l’inquiétude tant ce genre de déplacement se fait rarement sans dégâts! Le Passé est une très belle réussite dont le principal intérêt sera, je l’espère, de faire découvrir l’immense scénariste et cinéaste qu’est Farhadi à ceux qui n’ont pas eu la curiosité de découvrir ses précédents films.

Reprenant les thèmes qui lui sont chers comme la famille et ses conflits, le secret, le mensonge, Farhadi nous offre un récit gigogne débutant sur un postulat simple avec un couple qui se retrouve pour divorcer, un nouveau conjoint et des enfants dont on ne sait pas exactement à qui ils sont. A partir de là, petit à petit, certaines questions trouvent leur réponse et des problèmes surgissent au gré des révélations des uns et des autres. Seul le personnage d’Ahmad semble irréprochable et à la recherche de solutions mais tout ce qu’il entreprend semble conduire inexorablement au conflit. Tous les autres personnages autour de lui, comme dans les précédents films de Farhadi, attirent la sympathie ou l’antipathie au fur et à mesure que les secrets sont révélés.

Comme toujours mis en scène avec une précision impressionnante, le film épate surtout par son scénario à la mécanique implacable même s’il paraît parfois trop écrit et trop parfait. Tahar Rahim, comme toujours excellent donne la réplique à une Bérénice Béjo surprenante,  à un très bon Ali Mosaffa au jeu tout en douceur et à la révélation Pauline Burlet en adolescente rongée par la douleur. C’est donc un exil réussi pour Asghar Farhadi même si la dimension documentaire de ses précédents films sur son pays, la société iranienne ou la religion est ici absente.

Une vraie démonstration de cinéma pur vraiment impressionnante.

NOTE: 9/10