CRITIQUE: L’ECHANGE (2008)

Universal Pictures

Le grand Clint est toujours vivant et signe une fois de plus un très grand film. Il s’agit ici d’une histoire vraie, celle de Christine Collins, mère célibataire en 1928, dont le fils est enlevé un jour où elle est au travail. Quelques mois plus tard, la police, alors gangrénée par la corruption, lui ramène son fils. Sauf que selon la mère, ce n’est pas son fils! La police était pourtant bien contente d’afficher un résultat positif et voilà que cette bonne femme leur met des bâtons dans les roues en clamant partout qu’il y a eu erreur! Sur ce fait, Christine est considérée comme démente et envoyée à l’asile. C’est sans compter sur le pasteur de l’église presbytérienne incarné par le brillant John Malkovich, à l’affût de tous les faux pas de la police qui va tout mettre en oeuvre pour la sortir de là et faire relancer l’enquête.

Eastwood met en place un récit chronologique qui expose méticuleusement les faits. Il est aidé dans cette entreprise par un casting haut de gamme avec en tête une Angelina Jolie exceptionnelle toute en retenue et en sobriété et un Malkovich comme toujours d’une intensité rare. La reconstitution est soignée et Eastwood se sort à merveille de l’énorme difficulté posée par le scénario: il arrive à traiter de plusieurs thèmes majeurs ( la corruption, la difficulté d’être une femme dans les années 20, le deuil, la peine de mort, l’arbitraire, la psychiatrie…) sans se disperser et perdre son public. Le film vous prend littéralement aux tripes et ne vous lâche plus.

A voir absolument!

SALT (2010)

Columbia Pictures

Evelyn Salt est sans aucun doute l’un des meilleurs agents que la CIA ait jamais comptés dans ses rangs. Pourtant, lorsque la jeune femme est accusée d’être une espionne au service de la Russie, elle doit fuir. Elle va devoir échapper à ceux qui la traquent, l’accusant de vouloir assassiner le Président russe…

A l’origine écrit pour être interprété par un homme, en l’occurence Tom Cruise, « Salt » ne révolutionne pas le genre. Réalisé par l’Australien Philipp Noyce, à qui l’on doit le potable « jeux de guerre » et les pitoyables « danger immédiat » et « le saint », « Salt » n’est qu’une succession de scènes d’action ininterrompue justifiées par un scénario truffé d’invraisemblances qui frôle l’insulte à l’intelligence du spectateur!

On ne peut reprocher à Angelina Jolie son investissement (elle a elle-même réalisé la plupart de ses cascades!) mais tout est tellement gros et tellement c.. qu’on a du mal à rester concerné jusqu’au bout.

A éviter! Repassez-vous un bon John MacClane!