CRITIQUE BLU-RAY: DEEP END

Le 28 Novembre prochain, Carlotta sort un nouveau titre capital en dvd et Blu-ray, « Deep End » de Jerzy Skolimowski.

LE FILM:

Adolescent de 15 ans, Mike se rend à son tout premier jour de travail : il vient d’être embauché dans un établissement de bains publics de l’East End londonien. Sur place, sa collègue Susan est chargée de lui présenter les lieux. Le jeune homme est tout de suite attiré par cette jolie rousse plus âgée que lui. Alors qu’il découvre une atmosphère étrange autour de la piscine, Mike doit faire face aux avances d’une cliente échaudée. Peu à peu, Susan joue avec l’inexpérience du garçon, profitant de son admiration candide pour le faire plonger dans une dangereuse spirale de fantasmes et d’obsession…

Envoûtant dès les premières images qui montrent Mike à vélo sur la musique de Cat Stevens, « Deep End » est littéralement hypnotique du début à la fin. Sur le thème de l’éveil à la sexualité, Skolimowski réalise un bijou de film pop alternant couleurs délavées et rouges flashy. Les deux acteurs, Jane Asher et John Moulder-Brown forment un duo parfait dans les rôles de Susan, jeune fille délurée qui aime jouer avec Mike comme une chat avec une souris et ce dernier, innocent, timide qui va se trouver petit à petit envoûté par sa jeune collègue.

La copie restaurée depuis sa ressortie en salles cet été est de toute beauté, conservant tout de même le grain d’origine et donnant au travail d’orfèvre du peintre Skolimowski un écrin merveilleux.

LES BONUS:

– « Point de départ », un documentaire passionnant (70 mins) qui donne la parole principalement aux 3 acteurs principaux et au réalisateur qui reviennent sur l’expérience Deep End. On y apprend entre autres l’importance de l’improvisation dans le film, ce qui donne cette impression de réalisme.

– « Souvenirs des scènes coupées » où Skolimowski nous parle de 4 scènes coupées (12 mins)

-« Deep end, c’est moi » , hommage au film par Etienne Daho (4 mins)

– uniquement sur le Blu-Ray, « Careless love », un court-métrage avec Jane Asher. Excellent même s’il on se demande ce qu’il vient faire là!

VERDICT:

Tout simplement indispensable tant pour le film lui-même qui reste un authentique chef d’oeuvre que pour les bonus, en particulier « Point de Départ ».

CRITIQUE: UN AMOUR DE JEUNESSE (2011)

Camille et Sullivan, tous deux adolescents, s’aiment de leur premier Amour dans toute sa démesure. Mais dans un mois, à la fin de l’été, Sullivan partira pour dix mois en Amérique du Sud pour tenter de « devenir quelqu’un ». Camille est dévastée mais après tout, selon Sullivan, « ce n’est pas la fin du monde ». La vie de Camille est alors rythmée par la nouvelle relation épistolaire qu’elle entretient avec son amour. Régulières au début, les lettres vont petit à petit se faire rares. Après un passage difficile, quatre ans plus tard,  Camille mène des études brillantes en architecture et va tomber sous le charme de son professeur. Sullivan réapparaît alors…

La jeune réalisatrice Mia Hansen-Love signe ici son troisième long métrage après « tout est pardonné » ( que je n’ai pas vu) et l’excellent « le père de mes enfants« . Elle s’intéresse ici à l’adolescence et plus précisément au premier Amour, celui qui faire perdre toute raison. Porté par une formidable Lola Créton dont on devrait reparler, le film épate par la justesse de son propos et de ses personnages jamais dans la caricature. A travers une mise en scène très fine parsemée de jolies idées (par exemple celle du chapeau comme symbole de l’amour des deux adolescents), Mia Hansen-Love confirme qu’elle sait offrir un cinéma sans esbrouffe, un cinéma du ressenti. Comme l’on ressentait physiquement le malaise de l’absence du père dans le film précédent, elle nous fait ressentir cet Amour, inextinguible comme un feu qui sommeille et qui n’attend qu’une étincelle pour repartir. Je l’ai déjà dit et je le répète: avec d’autres réalisatrices comme Céline Sciamma, Mia Hansen-Love forme une nouvelle génération de cinéastes qui laissera une trace dans le Cinéma français.