Critique: Sils Maria

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  • Date de sortie :
    20 août 2014
  • Réalisé par :
    Olivier Assayas
  • Avec :
    Juliette Binoche,Kristen Stewart,Chloë Grace Moretz…
  • Durée :
    2h3min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2014
  • Titre original : Clouds of Sils Maria
  • Distributeur :
    Les Films du Losange

À dix-huit ans, Maria Enders a connu le succès au théâtre en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui conduit au suicide une femme plus mûre, Helena. Vingt ans plus tard on lui propose de reprendre cette pièce, mais cette fois de l’autre côté du miroir, dans le rôle d’Helena…

Quinzième long métrage d’Olivier Assayas, Sils Maria est sûrement l’un des plus riches et aboutis du cinéaste. S’il s’est souvent intéressé à la jeunesse, comme dans son précédent film, Après Mai, Assayas s’interroge ici sur le temps qui passe à travers le portrait d’une actrice confrontée à l’âge. Comme un symbole, elle se prépare à interpréter le rôle à qui elle donnait la réplique 20 ans avant, celui d’une femme mûre manipulée par une jeune femme. On la suit dans toute sa solitude; en plein divorce, elle ne vit qu’avec son assistante, jeune fille très intelligente. Elle est également en plein décalage avec cette nouvelle génération d’actrices (superbe Chloé Grace Moretz), plus présente dans les page people que sur l’écran. Construit comme un livre et ses chapitres, ce récit est empreint de nostalgie et d’une certaine poésie, avec ce serpent de Maloja, phénomène nuageux aussi rare que fascinant. Fascinant et envoûtant, c’est aussi ce qu’est ce nouveau film d’Assayas, avec une Juliette Binoche comme toujours exceptionnelle!

NOTE: 9/10

 

CRITIQUE (RESSORTIE): FEDORA

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Fedora, grande star hollywoodienne désormais retirée en Europe, met fin à sa vie en se jetant sous un train. Deux semaines auparavant, le producteur Barry Detweiler était parti à sa recherche dans l’espoir de la faire revenir sur le devant de la scène. Mais la mystérieuse Fedora vit désormais recluse auprès de gens étranges et s’avère difficile à approcher…

Avant-dernier film de Billy Wilder, Fedora n’est pas le plus connu mais reste malgré tout un grand film que Carlotta a la riche idée de ressortir dans sa version restaurée. S’il n’en a pas la même dimension esthétiquement parlant, Fedora est indissociable de Sunset Boulevard, partageant avec ce chef d’oeuvre la même thématique, une critique d’Hollywood à travers notamment le sort réservé aux  anciennes stars. Dans Fedora, Wilder y incorpore une dimension fantastique avec cette star portant sans cesse chapeau, gants et lunettes de soleil et vivant recluse entourée d’un personnel pour le moins étrange et peu disert. Construit sur des flash-backs, le film nous plonge dans le passé de cette star et ce qui l’a amenée à vivre un tel cauchemar. Cet aspect étrange fait la réussite du film qui tient en haleine d’un bout à l’autre, avec un twist incroyable à mi-parcours. Brillamment interprété par Marthe Keller et William Holden (déjà présent dans Sunset Boulevard!), Fedora est un bijou d’écriture et conserve peut-être une force supérieure à son aîné tant Wilder pousse la cruauté à son paroxysme. Une réflexion terrible sur le monde du cinéma et le métier d’acteur à voir et revoir dès le 21 août!

NOTE: 9/10