CRITIQUE: TOI, MOI LES AUTRES (2011)

Gab a une vie rangée : une fiancée, un mariage en préparation, une famille aisée. Leïla ne s’autorise pas à vivre la sienne : des études de droit, un petit frère turbulent, une maman partie trop tôt… Alors lorsque Gab renverse le petit frère de Leïla, c’est le choc des mondes et le début d’une grande histoire d’amour qui va se heurter violemment à la réalité.
Tina, la plus proche confidente de Leïla est sans papiers, sous la menace d’une reconduite à la frontière et se fait arrêter. Alors que le monde de Leïla s’effondre, Gab est prêt à tout pour elle, même à s’opposer à son père, préfet de police.
Et qui a dit que rien n’était impossible tant qu’on a de l’amour ?…

La Comédie Musicale est un genre ô combien délicat tant le risque de sombrer dans le ridicule est présent. Et bizarrement, les scènes chantées et chorégraphiées sur des reprises de classiques de la variété française sont ce qu’il y a de plus réussi dans le film. Le gros hic du film tient dans son scénario qui enfile les clichés et idées reçues à un point rarement atteint en particulier dans sa façon de scinder la société française en deux catégories: d’un côté, une insupportable bourgeoisie, dans les beaux quartiers, en tailleur Chanel, qui n’a pour seul breuvage que le Champagne et de l’autre, le Peuple, melting-pot réussi où tout le monde chante, danse sans différence entre religions ou sexualités. Autant dire que certaines scènes font preuve d’une naïveté qui confine à la connerie! Le casting composé de Leila Bekhti, Benjamin Siksou et Cécile Cassel pourtant fort sympathique peine à s’extraire du pathétique de l’entreprise même si les intentions de la jeune réalisatrice, Audrey Estrougo paraissent fort louables. Dommage!

CRITIQUE: LA PLANETE DES SINGES, LES ORIGINES (2011)

Will Rodman, un scientifque dont le père souffre de la maladie D’Alzheimer, travaille justement sur cette maladie. Il met au point un virus qui, une fois inoculé à des primates, multiplie les cellules de leur cerveau et leur donne des facultés insoupçonnées. Rodman décide alors en cachette de tester ce virus sur son père. Dans le même temps, il recueille chez lui un bébé chimpanzé dont la mère a été tuée par un agent de sécurité. Il s’aperçoit alors que les effets du virus se transmettent de génération en génération…

Nous connaissions « la planète des singes » de Franklin Schaffner avec Charlton Heston( et ses 4 suites) et le remake de Tim Burton (un naufrage!) qui étaient tous deux de fidèles adaptations du roman de Pierre Boulle. On y voyait une Terre dévastée gouvernée par des singes réduisant les quelques humains survivants en esclavage. Ici, Rupert Wyatt, dont  c’est la deuxième réalisation après « l’ultime évasion » non sorti en salles chez nous, nous offre ce que l’on appelle un « reboot », façon très à la mode outre-Atlantique de prendre un grand succès et de nous en conter les origines, comme dernièrement avec « Wolverine ».

Finies les grosses peluches censées personnaliser Cornelius et compagnie, ici les images de synthèse sont exploitées à merveille sur le même principe qu’Avatar: de vrais acteurs jouent les singes pour être ensuite remplacés par ces images. Dans le rôle de César, c’est le spécialiste du genre qui s’y colle: Andy Serkis qui avait déjà prêté ses mouvements à King Kong ou Gollum dans le « le seigneur des anneaux » fait une superbe prestation et efface complètement James Franco et surtout Freida Pinto qui, bien que magnifique, hérite d’un rôle complètement inutile. Belle trouvaille en tout cas que d’avoir confié les rôles principaux aux singes, ce qui n’était pas le cas dans les versions précédentes. Côté scénario, sans tout vous dévoiler, il est assez malin et nous amène intelligemment vers les films que l’on connaît et ce, de manière tout à fait efficace traitant au passage aussi bien des dérives de la science que de la lutte des classes! Sans temps mort, on assiste à un bon divertissement rythmé et délicieusement anxiogène. Une bonne surprise!