CRITIQUE: GRAND CENTRAL

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De petits boulots en petits boulots, Gary est embauché dans une centrale nucléaire. Là, au plus près des réacteurs, où les doses radioactives sont les plus fortes, il tombe amoureux de Karole, la femme de Toni. L’amour interdit et les radiations contaminent lentement Gary. Chaque jour devient une menace…

Pour son deuxième long métrage après « Belle Epine », Rebecca Zlotowski confirme tout le bien qu’on pensait d’elle avec un film d’une étonnante maîtrise. L’originalité de son approche, avec le parallèle entre la vie dans la centrale et ses dangers et l’histoire d’amour entre les personnages interprétés par Tahar Rahim et Léa Seydoux, fait le grand intérêt de ce film. Le génie de ce scénario tient au fait d’avoir fait de la centrale plus qu’un simple décor mais un élément primordial de l’histoire, en ce sens qu’elle démasquera les amants cachés. Le traitement que la réalisatrice fait de son film est assez passionnant; on a plus l’impression d’assister à un thriller qu’à une histoire d’amour tant elle instille une tension permanente et qui va crescendo.

Quant au casting, il est absolument parfait! Outre le duo principal dont Rahim qui trouve peut-être son meilleur rôle depuis Un Prophète, les seconds rôles sont remarquables: Denis Ménochet, Olivier Gourmet (parfait comme toujours) ou encore Johan Libereau tous impeccables.

Magnifique et d’une puissance atomique!

NOTE: 9/10

 

CRITIQUE: ALABAMA MONROE

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Didier et Élise vivent une histoire d’amour passionnée et rythmée par la musique. Lui, joue du banjo dans un groupe de Bluegrass Country et vénère l’Amérique. Elle, tient un salon de tatouage et chante dans le groupe de Didier. De leur union fusionnelle naît une fille, Maybelle…

Il y a 4 ans, « La Merditude des Choses » révélait en France le réalisateur belge Felix Van Groeningen. Pour son nouveau film, il adapte une pièce qui connut un gros succès au plat pays, « The Broken circle breakdown featuring the Cover-Ups of Alabama » et utilise d’ailleurs le comédien qui incarnait déjà Didier dans celle-ci, Johan Heldenberg.

Pur mélodrame et véritable tragédie, Alabama Monroe est malgré tout un film débordant d’énergie. L’excellente idée du réalisateur est d’avoir explosé la chronologie de son récit, permettant à son film plutôt que de s’enfoncer progressivement dans un drame qui aurait été difficilement supportable, de passer de la mélancolie à la joie d’une scène à l’autre et rester toujours surprenant. Les respirations musicales données par les scènes de concert, avec des morceaux toujours en connexion avec le récit sont autant de jolis moments de pur plaisir. Quant au couple composé de Johan Heldenberg en ours américanophile et Veerle Baetens, muse aux tatouages, il restera comme l’un des plus beaux couples de cinéma de l’année!

En abordant des thèmes comme le couple, la religion, la musique ou le deuil, Van Groeningen réussit un film terriblement émouvant mais empreint d’une telle énergie qu’il fait partie des films qu’on n’oublie pas! Courez voir et écouter Alabama Monroe!

NOTE: 9/10