CRITIQUE: L’ART D’AIMER

Au moment où l’on devient amoureux, à cet instant précis, il se produit en nous une musique particulière. Elle est pour chacun différente et peut survenir à des moments inattendus… Ce sont les premiers mots prononcés par le narrateur Philippe Torreton qui présentera tout au long du film cette succession de saynètes qui le compose. On y croisera une jeune femme qui poussera les idées communistes jusqu’à proposer à sa meilleure amie célibataire de lui prêter son mari, un voisin qui tente de séduire avec insistance sa voisine très compliquée, un jeune couple très libre qui aimerait tenter l’adultère, une femme mariée qui finit, harcelée par son meilleur ami, par lui promettre de lui faire l’amour une seule fois mais dans une chambre d’hôtel dans le noir…

Toutes ces petites histoires sont donc l’objet de courtes scènes souvent très amusantes entrecoupées de maximes sur l’Amour et dont les personnages, parfois servent de lien entre elles. Il ne faut pas voir « l’art d’aimer » comme un objet cinématographique mais plutôt comme une fantaisie, un marivaudage, très bien écrit et permettant de retrouver une pleïade d’acteurs (François Cluzet, Frédérique Bel, Pascale Arbillot, Julie Depardieu, Judith Godrèche, Gaspard Ulliel,…) qui semblent prendre du plaisir à être là. Un moment de légèreté fort agréable!

AVANT-PREMIERE LA PRINCESSE DE MONTPENSIER (2010)

Lundi soir à Bordeaux avait lieu l’avant-première du nouveau film de Bertrand Tavernier « la Princesse de Montpensier » en présence du réalisateur et de ses comédiens, Mélanie Thierry et Gaspard Ulliel.

France, 1562, la guerre fait rage entre les Huguenots et les catholiques. La jeune Marie de Mézières aime le duc de Guise depuis son plus jeune âge mais un mariage est conclu pour elle avec le Prince de Montpensier. Appelé au combat, Montpensier laisse sa jeune épouse sous la garde de Chabannes, qui sera son précepteur, mais qui en tombera également amoureux. Un nouveau prétendant entre dans la ronde en la personne du duc d’Anjou, alors que Marie essaie d’oublier Guise…

Tavernier revient au film historique en adaptant une nouvelle de Madame de Lafayette. Il s’entoure de la fine fleur du jeune cinéma français avec Mélanie Thierry, insoumise Marie de Montpensier, Gaspard Ulliel dans le rôle du sauvage duc de Guise, Grégoire Leprince-Ringuet dans le rôle du possessif Montpensier, Lambert Wilson dans le rôle du loyal Chabannes et la révélation Raphaël Personnaz dans le rôle du duc d’Anjou. Il nous offre un vrai film classique français avec son lot de batailles (un peu cheap parfois!), de duels, de complots… La critique ne fut pas tendre avec le film lors de sa présentation à Cannes, c’est pourtant un excellent cru et c’est ce que j’appelle du Cinéma avec un grand C: casting parfait, mise en scène sobre mais élégante, magnifique BO de Philippe Sarde et dialogues excellents. 2 heures 20 de pur plaisir! Merci Monsieur Tavernier!