CRITIQUE: CASSE-TETE CHINOIS

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LE FILM: 8.5/10


Xavier a maintenant 40 ans. On le retrouve avec Wendy, Isabelle et Martine quinze ans après L’Auberge Espagnole et dix ans après Les Poupées russes.

La vie de Xavier ne s’est pas forcément rangée et tout semble même devenir de plus en plus compliqué. Désormais père de deux enfants, son virus du voyage l’entraîne cette fois à New York, au beau milieu de Chinatown. Dans un joyeux bordel, Xavier u cherche sa place en tant que fils, en tant que père… en tant qu’homme en fait ! Séparation. Famille recomposée. Homoparentalité. Immigration. Travail clandestin. Mondialisation. La vie de Xavier tient résolument du casse-tête chinois ! Cette vie à l’instar de New York et de l’époque actuelle, à défaut d’être cohérente et calme vient en tout cas nourrir sa plume d’écrivain…

Après deux films un peu décevants, « Paris » et « Ma Part du Gâteau », on attendait beaucoup de la suite des aventures de Xavier and Friends. Après « l’Auberge Espagnole » et « les Poupées Russes », « Casse-tête chinois » est le nouvau volet d’une oeuvre qui n’est pas sans rappeler celle de Truffaut avec son Antoine Doinel. Alors qu’on avait quitté Xavier et ses amis entre Londres et St Petersbourg, on les retrouve à l’aube de la quarantaine. Xavier a deux enfants avec Wendy mais cette dernière le quitte pour un New-Yorkais, obligeant celui-ci à rejoindre la Grosse Pomme pour poursuivre l’écriture de son livre. Isabelle a trouvé l’amour avec une Américaine d’origine asiatique et sollicite l’aide de Xavier pour procréer. Quant à Martine, seule avec ses deux enfants, elle vient passer quelques jours à New-York et se fait héberger par Xavier. Ce postulat de départ nous donne l’occasion de passer deux heures en compagnie de ces personnages qui se questionnent et font le bilan sur la première moitié de leur existence. Remarquablement écrit, ce troisième volet est également mis en scène avec beaucoup d’inventivité et surprend sans cesse. Ne cherchant pas le gag à tout prix, cette comédie de Klapisch est souvent à hilarante et si elle le doit à son scénario, elle le doit encore plus à son casting absolument parfait.

Au-delà du plaisir de retrouver ces personnages, le film brosse un portrait de New-York, ville multi-ethnique, qui colle parfaitement avec l’esprit de la saga. Un grand bravo et vivement la suite des aventures de Xavier et sa bande!

 

CRITIQUE: Thérèse Desqueyroux

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Dans les Landes, on arrange les mariages pour réunir les terrains et allier les familles. Thérèse Larroque devient Madame Desqueyroux ; mais cette jeune femme aux idées avant-gardistes ne respecte pas les conventions ancrées dans la région. Pour se libérer du destin qu’on lui impose, elle tentera tout pour vivre pleinement sa vie…

Décédé au mois d’avril dernier, Claude Miller n’aura pas pu présenter son film au Festival de Cannes, son dernier film. Adapté de l’oeuvre éponyme de Mauriac, « Thérèse Desqueyroux », sous des dehors assez classiques, « académiques » comme diraient ses détracteurs, se distingue néanmoins comme une oeuvre à part entière, avec de vrais choix artistiques.

Débutant son film avec une Thérèse adolescente, puis en déroulant son intrigue de manière chronologique, Miller prend le contrepied du roman à la construction éclatée: choix pertinent qui permet au spectateur de bien appréhender l’évolution du personnage. D’autre part, il donne également une grande place au personnage de Bernard Desqueyroux, mari de Thérèse, propriétaire terrien peu soucieux des états d’âme de son épouse, qu’il considère moins bien que ses chiens de chasse. Miller conserve néanmoins tout le mystère autour des actes de son héroïne, conservant ainsi l’esprit de l’oeuvre de Mauriac.

Porté par deux excellents comédiens, Audrey Tautou et un étonnant Gilles Lellouche, « Thérèse Desqueyroux » est une très belle adaptation élégamment mise en scène, avec une photo qui retranscrit à merveille la lumière particulière de la côte landaise. Un bel adieu de l’un de nos grands cinéastes!

NOTE: 8/10