Critique: Mademoiselle de Joncquières

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Réalisation Emmanuel Mouret
Scénario Emmanuel Mouret
Acteurs principaux
Sociétés de production Moby Dick Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame romantique
Durée 109 minutes
Sortie 12 septembre 2018

Madame de La Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, cède à la cour du marquis des Arcis, libertin notoire. Après quelques années d’un bonheur sans faille, elle découvre que le marquis s’est lassé de leur union. Follement amoureuse et terriblement blessée, elle décide de se venger de lui avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère…

Spécialiste ès marivaudages, Emmanuel Mouret s’essaie à une nouvelle variation en costumes cette fois-ci. A partir de Diderot, il nous conte donc la vengeance fomentée par Madame de la Pommeraye après qu’elle ait été la énième victime du séducteur Marquis des Arcis. Remarquablement mis en scène et s’appuyant sur un scénario finement écrit et dialogué, « Mademoiselle de Joncquières » résonne étonnamment avec l’actualité. Madame de la Pommeraye eut été en effet une ardente représentante du mouvement « MeToo » tant son désir de préserver les femmes de la cruauté masculine est ici féroce. Cécile de France trouve ici l’un de ses plus beaux rôles et Edouard Baer habite à merveille ce personnage de dandy au fond si sensible. Un pur régal!

4.5

CRITIQUE: CASSE-TETE CHINOIS

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LE FILM: 8.5/10


Xavier a maintenant 40 ans. On le retrouve avec Wendy, Isabelle et Martine quinze ans après L’Auberge Espagnole et dix ans après Les Poupées russes.

La vie de Xavier ne s’est pas forcément rangée et tout semble même devenir de plus en plus compliqué. Désormais père de deux enfants, son virus du voyage l’entraîne cette fois à New York, au beau milieu de Chinatown. Dans un joyeux bordel, Xavier u cherche sa place en tant que fils, en tant que père… en tant qu’homme en fait ! Séparation. Famille recomposée. Homoparentalité. Immigration. Travail clandestin. Mondialisation. La vie de Xavier tient résolument du casse-tête chinois ! Cette vie à l’instar de New York et de l’époque actuelle, à défaut d’être cohérente et calme vient en tout cas nourrir sa plume d’écrivain…

Après deux films un peu décevants, « Paris » et « Ma Part du Gâteau », on attendait beaucoup de la suite des aventures de Xavier and Friends. Après « l’Auberge Espagnole » et « les Poupées Russes », « Casse-tête chinois » est le nouvau volet d’une oeuvre qui n’est pas sans rappeler celle de Truffaut avec son Antoine Doinel. Alors qu’on avait quitté Xavier et ses amis entre Londres et St Petersbourg, on les retrouve à l’aube de la quarantaine. Xavier a deux enfants avec Wendy mais cette dernière le quitte pour un New-Yorkais, obligeant celui-ci à rejoindre la Grosse Pomme pour poursuivre l’écriture de son livre. Isabelle a trouvé l’amour avec une Américaine d’origine asiatique et sollicite l’aide de Xavier pour procréer. Quant à Martine, seule avec ses deux enfants, elle vient passer quelques jours à New-York et se fait héberger par Xavier. Ce postulat de départ nous donne l’occasion de passer deux heures en compagnie de ces personnages qui se questionnent et font le bilan sur la première moitié de leur existence. Remarquablement écrit, ce troisième volet est également mis en scène avec beaucoup d’inventivité et surprend sans cesse. Ne cherchant pas le gag à tout prix, cette comédie de Klapisch est souvent à hilarante et si elle le doit à son scénario, elle le doit encore plus à son casting absolument parfait.

Au-delà du plaisir de retrouver ces personnages, le film brosse un portrait de New-York, ville multi-ethnique, qui colle parfaitement avec l’esprit de la saga. Un grand bravo et vivement la suite des aventures de Xavier et sa bande!