CRITIQUE: CARLOS, LE FILM (2010)

Carlos retrace l’histoire d’Ilich Ramírez Sánchez qui, durant deux décennies, fut l’un des terroristes les plus recherchés de la planète. Entre 1974, à Londres, où il tente d’assassiner un homme d’affaires britannique, et 1994, quand il est arrêté à Khartoum, il aura vécu plusieurs vies sous autant de pseudonymes, et traversé toutes les complexités de la politique internationale de son époque. Qui était Carlos, comment ses identités entrecroisées, superposées, s’articulent-elles, qui était-il avant de s’engager corps et biens dans sa lutte sans fin ?

Tourné pour la chaîne Canal Plus en trois épisodes pour une durée totale de plus de 5 heures, le film est sorti en salles dans un montage de 2 h 30. Je n’ai pas vu la version télé, c’est donc de l’autre dont je vous parle. Olivier Assayas a réussi un pari fou avec ce film sur un personnage mythique, symbole du terrorisme international de la fin du XXème siècle. La difficulté tenait en particulier au fait que le tournage se situait dans une dizaine de pays et d’innombrables décors et mettait en jeu plus de cent vingt comédiens dans plus de sept langues. Dans un souci de véracité, Assayas a laissé d’ailleurs chaque personnage s’exprimer dans sa propre langue. Très documenté, le film offre un cours magistral de géopolitique tout en se posant comme un objet cinématographique passionnant. Outre une mise en scène magistrale et un scénario palpitant, Assayas a fait bonne pioche en confiant le rôle du révolutionnaire à Edgar Ramirez, monstre physique au charisme dévastateur, d’ailleurs couronné par un Cesar du meilleur espoir masculin en 2011.  Le cinéaste français se montre digne avec « Carlos » des plus grands réalisateurs américains du genre. Vive la France!

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