CRITIQUE: ROYAL AFFAIR

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Danemark 1770. La passion secrète que voue la reine Caroline Mathilde au médecin du roi, l’influent Struensee, va changer à jamais le destin de la nation toute entière. Royal Affair relate une page capitale de l’histoire danoise, oubliée des manuels français. La relation amoureuse et intellectuelle entre Caroline Mathilde et Struensee, fortement influencée par les philosophes des Lumières, Rousseau et Voltaire en tête, conduira au renversement de l’ordre social établi, et annoncera les révolutions qui embraseront l’Europe vingt ans plus tard.

Connu comme le scénariste de la première version de Millenium, Nikolaj Arcel réalise pourtant avec Royal Affair son quatrième film. Le cinéaste danois se concentre ici sur une partie de l’Histoire de son pays, précisément sur le règne du Roi Christian VII. Jeune Roi dont le caractère puéril confine à la maladie,Christian VII épouse une princesse anglaise au fort caractère. Le médecin, Struensee, qui lui est imposé pour soigner ses troubles, inspiré par la pensée des Lumières, va changer l’Histoire de Danemark en le convertissant petit à petit. La mère du Roi, tout comme la noblesse, verront d’un très mauvais oeil cette révolution et tenteront de conserver l’héritage du passé. Tout cet aspect du film, traité comme un véritable thriller se combine avec une histoire d’Amour tragique entre le médecin et la Reine, une histoire d’Amour d’une puissance folle remarquablement retranscrite par le cinéaste.

Fort d’un scénario remarquablement écrit, ne souffrant d’aucun temps mort malgré la durée (2h15), Royal Affait bénéficie d’une mise en scène totalement maîtrisée et souvent inspirée ainsi que d’une très belle photo qui nous offre certains plans absolument somptueux. En rajoutant là-dessus une très belle bande originale de Gabriel Yared et un trio d’acteurs époustouflant (Mads Mikkelsen toujours monolithique qui laisse néanmoins l’émotion jaillir notamment dans le dernier quart d’heure, Alicia Vikander en Reine insoumise au charme dévastateur et la révélation Mikkel Boe Folsgaard en Roi perturbé dont on devrait vite reparler!), Royal Affair est un authentique chef d’oeuvre qui se hisse au niveau d’un Barry Lyndon! Une merveille!

NOTE: 9.5/10

CRITIQUE: LE DERNIER ROI D’ECOSSE (2006)

Excellent film que ce « dernier roi d’Ecosse »! Kevin Mac Donald, qu’on connaît surtout pour avoir réalisé un documentaire sur la prise d’otages des athlètes israéliens à Munich, nous conte ici la relation du dictateur Idi Amin Dada avec son médecin personnel, un jeune docteur écossais. Ce dernier personnage est un personnage fictif qui nous permet d’approcher au plus près du despote. Le film démarre au tout début du règne du dictateur, attendu comme le messie par la population ougandaise. Ce jeune Ecossais croise alors la route d’Amin Dada et va devenir son médecin. Au départ, leur relation est idyllique, le chef d’état paraîssant même sympathique et attachant, et c’est la grande force du film. La prestation de Forrest Whitaker est en tous points remarquable; il sombre tout doucement vers la folie totale au grand désespoir de son jeune médecin qui ne sait plus comment se défaire de sa délicate mission. Le film passe en fait d’un sympathique itinéraire initiatique à une pure tragédie; le mélange entre faits réels et fiction est parfaitement réussi et l’interprétation (l’oscar de Whitaker est amplement mérité) de haute volée.

Forest Whitaker. Twentieth Century Fox France

Voilà donc un excellent film qui se regarde comme un thriller, cramponné à son fauteuil!