CRITIQUE: UN TIGRE PARMI LES SINGES (2010)

Titre surprenant qu' »un tigre parmi les singes » pour ce nouveau film de Stefano Incerti! « Gorbaciof », le titre original, est également le surnom du personnage principal en raison de la tâche de vin qui occupe le haut de son visage. Gorbaciof est comptable dans une prison napolitaine. Sa vie est rythmée par ses combines; grand amateur de poker, il vole dans la caisse de la prison pour pouvoir continuer à s’adonner à sa passion. Toujours sur le fil du rasoir, il tombe sous le charme de la fille d’un restaurateur asiatique chez qui il joue. Il décide alors de s’occuper d’elle…

Allons droit au but: « un tigre parmi les singes » n’est pas un grand film. Malgré tout, il comprend quelques bonnes raisons d’aller le voir. Même si le scénario n’est pas d’une très grande originalité avec ce petit truand sans envergure qui va trouver la motivation pour changer de trajectoire, ici en l’occurence l’amour d’une femme, c’est la façon dont le sujet est traîté qui est intéressante. Tout d’abord, le contexte est insolite puisque Gorbaciof puise ses revenus dans la comptabilité même de la prison et ça c’est du jamais vu. D’autre part, le héros, sorte de Vincent Vega (Travolta dans Pulp Fiction) sur le retour avec ses cheveux gominés qui retombent sur la nuque,  est tellement réservé qu’il est plongé dans un quasi-mutisme tout au long du film. Ce qui pourrait n’être qu’un détail nous donne en fait un film parsemé de longs passages complètement muets où la mise en scène devient un élément essentiel et Incerti s’en tire plutôt bien. Pour tenir ce rôle haut en couleurs, il fait appel à l’un des plus grands comédiens transalpins de ces dix dernières années, Toni Servillo que l’on a pu apprécier récemment dans « un balcon sur la mer », « Gomorra » et bien sûr dans « il Divo » où il est phénoménal. Mise à part la ressemblance physique avec Vincent Vega, la fin du film me fait furieusement penser à un passage de « Pulp Fiction » que je ne préciserai pas pour ne pas tout vous dévoiler! En tout cas, un film à voir pour deux raisons: c’est un film italien et l’on n’a pas la chance d’en avoir beaucoup sur nos écrans, mais surtout ce film est à voir pour son acteur principal, génial dans son rôle! Sortie le 14 septembre!

Et si vous êtes sage, je vous offrirai vos places pour le découvrir!

CRITIQUE: BRONSON (2009)

 

Bronson

1974, Angleterre, Michael Peterson, 19 ans ne rêve que de célébrité. Sans véritable talent, il se lance dans le braquage qui le conduit en prison. Ayant peut-être trouvé sa voie, il multiplie les actes de violence jusqu’à ce qu’il devienne le prisonnier le plus dangereux d’Angleterre. A son actif, déjà 34 ans de prison dont 30 en isolement…

Juste après la trilogie « Pusher » et un an avant « Valhalla Rising, le guerrier silencieux » (qui ne m’a d’ailleurs pas emballé!), le jeune cinéaste danois Nicolas Winding Refn s’empare de ce personnage hallucinant avec un style kubrickien très prononcé tant le film nous fait penser à « Orange mécanique » (il y a pire comme référence!). Petersen, tellement motivé par la célébrité au point de se choisir un nom de scène, Charles Bronson, semble être le jeune frère d’Alex DeLarge, avec le même goût pour l’ultra-violence. L’usage d’airs d’opéra dans la bande originale rajoute à cette gemellité entre les deux films. Niveau mise en scène, Winding Refn démontre à nouveau un talent hors du commun tant chaque plan est toujours plus inventif. Enfin, on ne peut que souligner la prestation impressionnante de Tom Hardy qu’on a depuis vu dans « Inception ».

Un film coup de poing à découvrir avant la sortie de « drive » prix de la mise en scène à Cannes.