Critique Bluray: Jackie

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Réalisation Pablo Larraín
Scénario Noah Oppenheim (en)
Acteurs principaux
Sociétés de production Jackie Productions
Wild Bunch
Fabula
LD Entertainment
Protozoa Pictures
Why Not Productions
Pays d’origine Drapeau du Chili Chili
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la France France
Genre biopic
Durée 95 minutes
Sortie 1er février 2017


LE FILM:

4.5

22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

Quelques semaines à peine après son biopic en guise de jeu de chat de la souris de Pablo Neruda, le Chilien Pablo Larrain s’attaque à une autre figure de l’Histoire, celle de Jackie Kennedy! Toujours pas un biopic traditionnel mais « Jackie » se concentre sur les quelques jours qui ont suivi l’assassinat de JFK où l’on découvre la femme qu’était Jackie Kennedy, à la fois fragile, dévastée mais combative, notamment lorsqu’elle se bat pour offrir les obsèques que son mari mérite. En fil rouge, le film est ponctué de l’entretien que la first Lady donna à un journaliste. Plus qu’un biopic ou un hommage, le film de Larrain constitue une brillante réflexion sur l’image, à partir d’un personnage que l’on ne connaîtra vraiment jamais autrement que par ses apparitions médiatiques. Si le film est si réussi, c’est évidemment aussi grâce à l’éblouissante prestation de Natalie Portman qui trouve là son plus grand rôle!

TECHNIQUE:

4.5

Rien à dire, c’est parfait!

BONUS:

3.5

Outre une multitude de petites featurettes sans grand intérêt, on trouve une excellente interview de Natalie Portman par Didier Allouch!

VERDICT:

4.5

L’un des grands films de 2017!

Disponible en DVD et bluray (19.99 euros) chez France TV Distribution dès le 7 juin

Critique: Jane got a gun

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Réalisation Gavin O’Connor
Scénario Brian Duffield
Acteurs principaux
Sociétés de production 1821 Pictures
Boies/Schiller Film Group
Handsomecharlie Films
Scott Pictures
Unanimous Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Western
Sortie 27 janvier 2016

Jane Hammond est une femme au caractère bien trempé mariée à Bill, l’un des pires bandits de la ville. Lorsque celui-ci se retourne contre son propre clan, les terribles frères Bishop, et qu’il rentre agonisant avec huit balles dans le dos, Jane sait qu’il est maintenant temps pour elle de troquer la robe contre le pantalon et de ressortir son propre pistolet. Le meilleur espoir de Jane n’est autre que son ancien amour Dan Frost, dont la haine envers Bill n’a d’égal que son amour pour Jane.

Voilà un projet qui faillit ne jamais aboutir; ont quitté successivement le bateau la réalisatrice Lynne Ramsay, le directeur photo Darius Khondji et les acteurs! Seule Natalie Portman s’est accrochée au film! Si ce genre de genèse n’est jamais rassurant le résultat s’avère tout à fait acceptable. Si le schéma narratif avec ses flashbacks est un peu balourd, la mise en scène de Gavin O’Connor (« Warrior ») est assez convaincante et les flambées de violence ne sont pas sans rappeler Sam Peckinpah. Côté casting, la surprise vient d’un Ewan McGregor méconnaissable en méchant moustachu!

3

 

CRITIQUE: BROTHERS (2009)

Affiche américaine.

Sam et Grace et leurs deux filles forment la famille idéale. Marine, Sam est envoyé en Afghanistan. En son absence, Tommy, son frère tout juste sorti de prison, veille sur les femmes de sa vie. Très vite, une nouvelle effroyable va tomber: Sam a disparu dans le crash de son hélicoptère. Grace et ses filles vont devoir faire leur deuil et apprendre à vivre sans Sam, son père va devoir vivre sans son fils dont il était le plus fier, et Tommy, le frère, trouver peut-être enfin sa place dans la famille. Mais quelques mois plus tard, alors que la vie à commencer à s’organiser autrement, Sam réapparaît après avoir été fait prisonnier par les Talibans, mais c’est un homme complètement détruit qui revient…

Remake d’un film danois de Suzanne Bier réalisé en 2006 (dont je vous parlerai ultérieurement), Brothers est une superbe réussite. Mis en scène par le très rare réalisateur irlandais Jim Sheridan (my left foot, au nom du père, the boxer, in America…), Brothers est un film bouleversant sur la famille, les séquelles psychologiques de la guerre ( ce qui le rapproche un peu de « dans la vallée d’Elah ») et le travail de deuil. Certains passages très réalistes donnent la chair de poule et le casting n’y est pas pour rien: Jack Gyllenhall, Tobey Maguire et Nathalie Portman, tous les trois brillants et aux choix de carrière passionnants, les enfants criants de vérité sans oublier le père, ancien militaire infect avec son deuxième fils, incarné avec brio par Sam Shepard.

L’un des grands chocs de 2010!

BLACK SWAN (2010)

Après avoir exploré le monde des toxicomanes (Requiem for a dream) et du catch (the wrestler), Darren Aronofsky s’attaque à celui de la danse, spécifiquement au quotidien d’un corps de ballet comme le New-York City Ballet.

Nina, jeune danseuse ultra-perfectionniste est contre toute attente pressentie par Thomas, le chorégraphe pour incarner la reine des cygnes dans sa nouvelle version du « lac des cygnes ». Sa douceur, sa délicatesse et sa grâce en font l’interprète idéale, en particulier, pour le cygne blanc. Mais le cygne noir nécessite vice, sensualité, et l’abandon de soi, chose qu’elle peine à offrir une fois sur scène. Etouffée par sa mère, ex-ballerine dont la maternité à ruiné la carrière, Nina veut tellement prouver à son maître de ballet qu’il a raison de lui accorder sa confiance, qu’elle va supporter toutes les souffrances physiques et morales afin de devenir le cygne noir. D’autant que Lily, une autre danseuse, guette le moindre faux pas pour lui ravir la vedette…

Fortement inspiré des « chaussons rouges » sur le thème de la souffrance dans l’art, et la danse en particulier, « Black Swan » est LE film dont rêve chaque actrice. Nathalie Portman y est en effet de chaque plan et irradie la pellicule (en course pour l’Oscar, seule Annette Benning peut espérer la concurrencer). Aronofsky ne se contente pas ici de décrire le monde de la danse (très fidèlement d’ailleurs). Il donne à son film des allures de conte fantastique, laissant sa Nina se transformer petit à petit en cygne noir, avec ses plumes qui apparaîssent sur son dos ou ses pieds qui se palment. Mais ce postulat accepté, on comprend facilement que cette métamorphose représente la souffrance et le sacrifice que doit endurer la danseuse pour atteindre l’excellence et le passage à l’âge adulte de la fragile Nina, que sa mère empêche de sortir et force à vivre dans une chambre de petite fille.

Un très beau film qui montre ce qu’est vraiment le quotidien des danseurs et qui confirme le talent de Darren Aronofsky