CRITIQUE: LA FAMILLE SAVAGE (2007)

Ce petit bijou vient tout juste sortir en dvd chez Fox après être injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salles. Laura Linney et le toujours brillant Philip Seymour Hoffman sont frère et soeur et se retrouvent le jour où il faut s’occuper de leur père. Ce dernier vient de perdre sa compagne et se retrouve livré à lui-même alors qu’il souffre de démence vasculaire, maladie du type Alzheimer. Les voilà donc obligés de prendre en charge la fin de vie de ce père qui n’en a jamais été un pour eux, tout en gérant les problèmes dans leurs propres vies qui, pour la plupart, découlent justement de cette absence de père.

Difficile sujet à priori, mais la réalisatrice à qui l’on doit un film inconnu « les taudis de Beverly Hills », s’en tire haut la main. Jamais larmoyant, souvent touchant, parfois drôle, son film est une vraie réussite, porté par deux interprètes au sommet de leur art. C’est un film qui pose les bonnes questions, celles que chacun se posera sûrement  un moment de sa vie comme: peut-on décider de manière unlatérale du placement d’un parent? Est-on, comme le pense le personnage de Laura Linney, « un monstre » pour autant? Que doit un enfant à un père ou une mère qui n’a jamais rempl son rôle?A titre personnel, étant confronté exactement à cette situation, je peux attester du réalime des situations que rencontrent les deux protagonistes.

En tout cas,une belle réussite et un film utile.

CRITIQUE: L’ETE DU DEMON (1978)

J’ai vu hier soir en dvd un film absolument magnifique de Yoshitaro Nomura, « l’été du démon ». J’avais déjà adoré « le vase de sable » que je vous conseille également.

Il nous parle ici d’un couple banal de petits artisans imprimeurs dont le mari entretient depuis 7 ans une liaison secrète de laquelle sont nés trois enfants. Tout va bien jusqu’au jour où la maîtresse, lassée des difficultés financières de son amant qui l’empêchent de subvenir aux besoins de sa famille illégitime, décide de le placer face à ses responsabilités. Elle débarque donc chez lui,lui laisse les enfants et disparaît de la circulation.

Le moins que l’on puisse dire est que cette nouvelle est très mal accueilllie par l’épouse qui va révéler ses plus bas instincts. Alors que le mari commence à prendre à coeur son nouveau rôle de père, sa femme va lui imposer tout simplement de supprimer les enfants.

Cette horrible histoire est portée par une magnifique mise en scène et une interprétation formidable. Ken Ogata, joue brillamment cet homme tiraillé entre un rôle de père qu’il découvre et prend à coeur et sa femme qui le tyrannise. Cette dernière, jouée par Shima Iwashita, est tout simplement terrifiante; aveuglée par la haine qu’elle éprouve pour la maîtresse de son mari et la lacheté de celui-ci, elle fait vivre les pires supplices aux enfants. L’aîné des enfants, le petit Hiroki Iwase, dégage une émotion incroyable; abandonné par sa mère et promis à la mort par son père, toute la détresse du monde tient dans son regard.

Un très grand film d’un très grand cinéaste qui nous fait plonger avec horreur dans le quotidien d’une famille pour aboutir au pire des faits divers. A voir absolument