CRITIQUE: LA VIE D’ADELE, CHAPITRES 1&2

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À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve…

Récompensé de la Palme d’Or à l’unanimité au dernier Festival de Cannes, la Vie d’Adèle mérite largement son prix. Alors que de plus en plus de films privilégient la technique au détriment de l’histoire et des personnages, la méthode Kechiche a quelque chose de rassurant. Dans la Vie d’Adèle comme dans les quatre films précédents du cinéaste, les personnages ont une vraie vie: il les filme quand ils mangent, quand ils dorment, quand ils baisent, quand ils discutent de choses et d’autres et quand ils s’engueulent. Multipliant les gros plans, il nous amène au plus près de ses personnages et étire au maximum ses scènes, tous ses outils permettant au spectateur d’entrer pleinement en empathie avec les héros de l’histoire.

Sur ces trois heures de film, Kechiche retrace donc 7 ou 8 ans de la vie d’Adèle de manière elliptique et si la grande histoire d’amour de la jeune Adèle prend forme avec la rencontre d’une autre fille, le thème de l’homosexualité n’est pourtant pas le thème principal du film. Kechiche y parle du passage à l’âge adulte, de l’éveil à la sexualité, de l’Amour en général, de la recherche du bonheur et l’on pourrait y trouver des dizaines d’autres thèmes tant le scénario est riche. Si l’on connaissait le talent de Léa Seydoux, la vraie révélation du film est indéniablement Adèle Exarchopoulos qui offre ici une prestation tout simplement hallucinante. D’un naturel fou, elle dévoile une palette d’émotions infinie, tour à tour séductrice, timide, éperdue, brûlante, desespérée. Kechiche, aidée de ses comédiennes, arrive comme personne à illustrer toutes les phases de la relation amoureuse, de l’excitation des débuts à l’extinction du sentiment amoureux.

Un grand moment de cinéma, des comédiennes en état de grâce, un pur chef d’œuvre dont vous ressortirez bouleversés!

NOTE: 9.5/10

 

CRITIQUE BLU-RAY: ELEPHANT

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LE FILM: 9/10

En ce jour d’automne, les lycéens, comme à leur habitude, partagent leur temps entre cours, football, photographie, potins, etc. Pour chacun des élèves, le lycée représente une expérience différente, enrichissante ou amicale pour les uns, traumatisante, solitaire ou difficile pour les autres. Cette journée semble ordinaire, et pourtant le drame couve…

Elephant, Palme d’Or en 2003, est une réponse aux multiples tueries se perpétrant sur les campus américains comme celle de Columbine. Gus Van Sant nous propose sous la forme de chapitres au nom de lycéens de suivre la vie d’un lycée américain, faisant se superposer certains de ces chapitres. Usant de longs plans séquences, avec une utilisation très limitée de la musique, c’est une plongée glaciale dans l’horreur qui nous est proposée: l’une des scènes les plus marquantes est sans doute celle dans laquelle on voit l’un des jeunes tueurs préparer son plan à la cantine au milieu de ses camarades, prenant des notes. Van Sant n’entend pas donner d’explications mais montre comment l’horreur peut survenir à tout moment! La magnifique photo d’Harris Savides et la fabuleuse interprétation de tous ces comédiens amateurs font d’Elephant l’une des grandes Palmes d’Or de l’histoire du festival!

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie qui met bien en valeur la très belle photo du film! A noter le format carré choisi par Gus Van Sant!

BONUS: 8/10

Le bluray propose une rencontre avec le réalisateur, Sur le tournage, en classe avec Elephant, et une analyse de Serge Kaganski!

VERDICT: 9/10

Une magnifique Palme d’Or dans un bluray à la hauteur!

Disponible en bluray (19.99 euros) chez MK2