CRITIQUE: JE SUIS HEUREUX QUE MA MERE SOIT VIVANTE (2008)

Metropolitan FilmExport

Abandonné par sa mère à l’âge de 4 ans avec son petit frère, Thomas n’a de cesse de retrouver Julie, sa mère biologique. De l’âge de 7 ans à l’âge de 20 ans, il mène une vie infernale à ses parents adoptifs jusqu’à ce qu’il retrouve enfin celle qui l’a laissé alors qu’il était tout petit.

Claude Miller, qu’on connaît pour avoir réalisé des films comme « l’effrontée », « la classe de neige » ou dernièrement « un secret », est ici accompagné de son fils Nathan Miller. Dans le style, on se rapproche ici du cinéma social, cru, dérangant des frères Dardenne par exemple. De nombreux flashbacks émaillent le film et permettent de comprendre les turbulences que traversent le personnage de Thomas porté par le jeune Vincent Rottiers, fascinant. Les Miller apportent ici un éclairage sur un fait divers et permettent de comprendre l’incompréhensible. Sans déflorer la fin, on la prend en pleine face… Un film très intéressant qui fait parfois penser à son précédent (un Secret) par son exploration des traumatismes de l’enfance. A voir.

COPACABANA (2010)

Inconséquente et un peu fofolle sur les bords, Babou ne montre aucun intérêt pour la réussite professionnelle; elle n’a pas peur de lâcher un boulot au bout de deux heures si elle n’y trouve pas son compte. Sa fille, lassée de l’originalité de sa mère, lui fait alors comprendre qu’elle ne souhaite pas sa présence à son mariage. Elle a déjà prévenu sa belle-famille que sa mère est en voyage au Brésil (le pays dont rêve Babou). Piqué au plus profond de son âme de mère, Babou accepte un emploi de commerciale à Ostende où elle devra vendre des appartements en multi-propriété. Elle est bien décidée à redorer son blason et offrir à sa fille un cadeau de mariage digne de ce nom…

Ce film est une des plus belles surprises de l’année 2010! Marc Fitoussi, dont c’est le deuxième long métrage après « la vie d’artistes », réussit à la fois un film drôle et tendre sur l’amour et les relations mère-fille mais aussi un vrai film social. C’est une vraie critique acerbe du milieu commercial et de ces boulots dans lesquels il faut aller chercher le client coûte que coûte et arracher des signatures. Mais tout cet aspect un peu noir, un peu « loachien », est toujours contrebalancé par les moments de grâce pure que nous offrent Isabelle Huppert qui étale un potentiel comique hallucinant et pourtant si rarement exploité.Chaque scène avec sa fille, incarnée par Lolita Chammah, sa fille à la ville, sonne toujours très juste et sont de vrais moments de bonheur comme la scène du mariage qui restera dans les mémoires.

100 minutes de bonheur et l’un des meilleurs films de l’année avec une Isabelle Huppert phénoménale.