Critique Dvd: Carré 35

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LE FILM:

4.5

« Carré 35 est un lieu qui n’a jamais été nommé dans ma famille ; c’est là qu’est enterrée ma sœur aînée, morte à l’âge de trois ans. Cette sœur dont on ne m’a rien dit ou presque, et dont mes parents n’avaient curieusement gardé aucune photographie. C’est pour combler cette absence d’image que j’ai entrepris ce film. Croyant simplement dérouler le fil d’une vie oubliée, j’ai ouvert une porte dérobée sur un vécu que j’ignorais, sur cette mémoire inconsciente qui est en chacun de nous et qui fait ce que nous sommes. »

Eric Caravaca mène l’enquête à travers « Carré 35 ». S’il choisit le documentaire, c’est bien à un vrai polar que l’on assiste. Durant des années, il ne cherche pas un assassin mais seulement la vérité sur une soeur, Christine, qu’il n’a jamais connu, morte bien avant sa naissance, à l’âge de trois ans et dont il n’a absolument aucune photo. Il interroge sa famille, son frère, son père mais surtout sa mère qui semble enfouir dans sa mémoire de multiples secrets. Mêlant l’histoire intime de sa famille et la grande Histoire sur fond de guerre d’Algérie, « Carré 35 » se révèle passionnant et poignant. Caravaca n’y règle pas ses comptes mais cherche à éclairer des zones d’ombre, de celles que renferme chaque famille, celles qui au lieu de préserver, empêchent d’avancer et de se construire. L’un des grands films de l’année!

TECHNIQUE:

4.5

Irréprochable pour le support!

BONUS:

4.5

Interactivité très riche pour ce DVD ! On y trouve  les documents suivant qui complètent à merveille ce grand docu!

-Kabuki : atelier avec les enfants de l’Institut IMP Binet Simon et le chorégraphe Thierry Thieû Niang (12′)
-Entretien avec Serge Tisseron, psychanalyste (12′)
-Galerie d’anatomie de Montpellier (6′)
-Entretien avec Claude Nachin, psychanalyste (8′)
-Pascal, fils de Francisco (4′)
-Diaporama (4′)

VERDICT:

4.5

Superbe édition pour l’un des grands films de l’année dernière!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez PYRAMIDE VIDEO

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Critique Bluray: Julieta

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Réalisation Pedro Almodóvar
Scénario Pedro Almodóvar d’après des nouvelles d’Alice Munro
Acteurs principaux
Sociétés de production El Deseo S.A., Agustín Almodóvar, Esther García
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Drame
Durée 96 minutes
Sortie 18 mai 2016

LE FILM:

4.5

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.

Trois ans après le crash des « Amants Passagers« , Almodovar revenait en compétition lors du dernier Festival de Cannes avec « Julieta » et un exercice qu’il affectionne, le portrait de femme. Ici point d’évènement incroyable et de péripéties, le récit malgré sa structure en flash-backs est simple et limpide. Almodovar s’intéresse à une simple relation mère/fille chahutée par le temps et les soubresauts du destin. Si Julieta est remarquablement interprété par deux sublimes actrices, Emma Suarez et Adriana Ugarte, la mise en scène d’Almodovar porte le film très très haut. Visuellement splendide, Julieta comprend entre autres réjouissances une scène de train totalement magique qui évoque évidemment Hitchcock et tout un tas d’idées de mise en scène comme cette ellipse qui nous fait changer d’actrice dans le même plan. Un très grand film assurément, on a retrouvé Almodovar!

TECHNIQUE:

4.5

Magnifique copie avec une définition et un contraste respectueux de la superbe photographie du film.

BONUS:

1.5

Outre une courte interview du réalisateur et de son actrice Adriana Ugarte, on trouve un court making of. L’édition spéciale FNAC propose la masterclass que le réalisateur a donné à Paris lors de la sortie du film (45 mins), passionnant!

VERDICT:

4.5

L’un des grands films de l’année, forcément indispensable!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Pathé

Critique: Toni Erdmann

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Réalisation Maren Ade
Scénario Maren Ade
Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre drame
Durée 162 minutes
Sortie 17 août 2016
Quand Ines, femme d’affaire d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse? », son incapacité à répondre est le début d’un bouleversement profond. Ce père encombrant et dont elle a honte fait tout pour l’aider à retrouver un sens à sa vie en s’inventant un personnage : le facétieux Toni Erdmann…
« Bijou », « Chef d’oeuvre », « l’éclat de rire de Cannes », autant de dithyrambes et de superlatifs entendus à la suite de la présentation du troisième film de l’Allemande Maren Ade lors du dernier Festival de Cannes. Malgré tout, le film est bien reparti bredouille du Festival de Cannes; l’heure est venue de se faire son opinion! Malheureusement, l’unanimité critique dont bénéficie le film paraît inexplicable! Sur le fond, les deux personnages principaux sont peu attachants avec d’un côté, la fille, rigide et obsédée par son travail et de l’autre, le père, complètement loufoque, qui n’apprécie rien tant que mettre fausses dents, postiches et user du coussin péteur. Sur la forme, ce pensum de 2h42 empile les scènes interminables comme des réunions professionnelles sans fin et peu convaincantes. En guise d' »éclats de rire », seuls quelques gags bas du front émergent çà et là et surtout l’absence totale de rythme est totalement rédhibitoire. L’émotion parvient à poindre à de très (trop) rares occasions et finalement si ce « Toni Erdmann » est reparti fanny de Cannes, ce n’est franchement que justice!
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TEST DVD: TOMBOY (2011)

LE FILM: Quatre ans après avoir exploré les premiers émois adolescents dans « Naissance des pieuvres », la jeune Céline Sciamma s’attaque avec « Tomboy » à l’enfance, précisément l’âge où l’identité sexuelle se façonne et nous questionne : « qu’est -ce qu’être un garçon? Qu’est-ce qu’être une fille? ».

On découvre le personnage principal, 11 ans, les cheveux courts dans la voiture de son père. Il rejoint le reste de la famille, sa maman, enceinte, et sa petite soeur, dans leur nouvel appartement dans lequel ils emménagent à un mois de la rentrée des classes. Quand il croise une petite fille en bas de son immeuble, tout comme nous, elle croit avoir affaire à un garçon et lui demande s’il est « nouveau » et comment il s’appelle. La réponse sera: « Michaël ». Comme nous connaissons tous le sujet du film, nous ne serons pas surpris lorsque Laure sortira de sa baignoire puisqu’il s’agit effectivement d’une petite fille. Mais si nous ne savions rien du sujet de « tomboy », nos préjugés et nos modèles bien enracinés de ce que doivent être un garçon ou une fille nous auraient certainement induits en erreur. Laure, une fois installée dans son rôle de Michaël va tout faire pour garder ce rôle vis-à-vis de ses camarades et en particulier de Lisa qui semble avoir un faible pour ce nouveau petit garçon très singulier.

Le film bascule alors dans une espèce de suspense étouffant, où l’on craint à chaque instant que le subterfuge soit découvert. Et la plus grande réussite de Céline Sciamma réside dans le fait qu’on trouve le personnage de Michaël plus crédible que celui de Laure et que l’on se met à souffrir pour elle , toutes nos certitudes se trouvant ébranlées. Le pire dans tout ça est que la rentrée approche…

Céline Sciamma traîte donc d’un sujet peu abordé, l’identité sexuelle, sans démonstration ni militantisme mais avec une intelligence, une finesse si rares qu’il faut le souligner. Et que dire des prestations des enfants, tellement justes! Dores et déjà un des plus beaux films de l’année qui prouve que la jeune réalisatrice est un des plus grands talents français d’aujourd’hui! Courez-y!

LE DVD: Au niveau technique, RAS! Une image limpide avec de jolies couleurs et un son tout à fait correct reproduisent fidèlement l’expérience vécue en salle. Niveau bonus, le minimum mais de qualité! Passons les bandes-annonces des prochaines sorties de l’éditeur pour nous consacrer à l’autre bonus qui nous intéresse. Il s’agit d’une interview de 17 minutes de la jeune réalisatrice Céline Sciamma qui nous parle de la genèse du projet, du casting et du tournage. En prime, on peut voir quelques bouts d’essai de la jeune actrice principale, impressionnante. Mais ce qui frappe, c’est le professionnalisme et la maturité de Céline Sciamma qui ne signe pourtant que son deuxième film.

EN CONCLUSION: un dvd plus que recommandable tant il s’agit d’un des grands films de l’année 2011 d’une cinéaste qui comptera!

TOMBOY, un film de Céline Sciamma – En DVD le 21 septembre 2011 –
Editeur : Pyramide Vidéo

Credit : © 2011 – Hold-Up Films & Productions
/ Lilies Films / Arte France Cinéma

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CRITIQUE: DIE HARD 4 (2006)

Twentieth Century Fox France

Dans Die Hard, le film qui révolutionna le film d’action,John Mc Lane se coltinait des terroristes allemands dans la tour Nakatomi où travaille son épouse, un soir de noël. Dans le 2ème volet, il nettoyait l’aéroport de Los Angeles infesté de terroristes à nouveau un soir de noël. Dans le 3ème volet, accompagné d’un Samuel L. Jackson raciste, il se retrouvait à jouer à « Jacques a dit » avec un Jeremy Irons menaçant de piller Fort Knox. Dans ce quatrième volet, il affronte une menace à laquelle il ne comprend rien: un gigantesque piratage informatique qui réduirait à néant les Etats-Unis. Pour ceci, il est accompagné d’un jeune hacker qui fricoterait bien avec sa fille devenue une jolie jeune fille aussi peu commode que Papa.

Le film utilise les mêmes recettes que dans les volets précédents: une menace terroriste, Mc Lane seul contre tous mais jamais avare de bons mots, et des scènes d’action toujours plus explosives. Malgré tout, ça fonctionne toujours,  on reste scotché devant l’écran et on passe un très bon moment. Seul hic, quelques longueurs vers la fin: une bonne vingtaine de minutes en moins, ça n’aurait pas été plus mal!

CRITIQUE: LA JEUNE FILLE DE L’EAU (2006)

Affiche américaine. Warner Bros. France

Après avoir beaucoup aimé les précédents films de Shyamalan (avec une mention spéciale à « 6ème sens » et à « Signes »), j’avais manqué les deux derniers, « la jeune fille de l’eau » et « phénomènes ». Ces derniers jours, j’ai donc rattrapé mon retard et je vais donc vous donner mon opinion.

Concernant « la jeune fille de l’eau », je n’ai pas grand chose à en dire tant il a éveillé peu d’intérêt chez moi. Le gardien d’une résidence, incarné par Paul Giamatti (qu’on a déjà vu notamment dans le pas mal « Sideways »), découvre que vit dans la piscine une « narf », créature surnaturelle qu’il recueille chez lui. Elle est poursuivie par des espèces de chiens au pelage de gazon et il va s’apercevoir qu’il fait partie des élus qui devront la sauver. On assiste donc là à une sorte de conte fantastique qui ne réserve aucune surprise (ici pas de twist surprenant comme dans les précédents films de M. Night) et auquel on ne croit pas un instant. On attend la fin sagement dans son fauteuil tout en reconnaissant quelques bonnes idées de mise en scène et la volonté du réalisateur de construire une oeuvre relativement cohérente . Dommage!

COPACABANA (2010)

Inconséquente et un peu fofolle sur les bords, Babou ne montre aucun intérêt pour la réussite professionnelle; elle n’a pas peur de lâcher un boulot au bout de deux heures si elle n’y trouve pas son compte. Sa fille, lassée de l’originalité de sa mère, lui fait alors comprendre qu’elle ne souhaite pas sa présence à son mariage. Elle a déjà prévenu sa belle-famille que sa mère est en voyage au Brésil (le pays dont rêve Babou). Piqué au plus profond de son âme de mère, Babou accepte un emploi de commerciale à Ostende où elle devra vendre des appartements en multi-propriété. Elle est bien décidée à redorer son blason et offrir à sa fille un cadeau de mariage digne de ce nom…

Ce film est une des plus belles surprises de l’année 2010! Marc Fitoussi, dont c’est le deuxième long métrage après « la vie d’artistes », réussit à la fois un film drôle et tendre sur l’amour et les relations mère-fille mais aussi un vrai film social. C’est une vraie critique acerbe du milieu commercial et de ces boulots dans lesquels il faut aller chercher le client coûte que coûte et arracher des signatures. Mais tout cet aspect un peu noir, un peu « loachien », est toujours contrebalancé par les moments de grâce pure que nous offrent Isabelle Huppert qui étale un potentiel comique hallucinant et pourtant si rarement exploité.Chaque scène avec sa fille, incarnée par Lolita Chammah, sa fille à la ville, sonne toujours très juste et sont de vrais moments de bonheur comme la scène du mariage qui restera dans les mémoires.

100 minutes de bonheur et l’un des meilleurs films de l’année avec une Isabelle Huppert phénoménale.