Critique: Fatima

489736.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

  • Date de sortie :
    07 octobre 2015
  • Réalisé par :
    Philippe Faucon
  • Avec :
    Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche…
  • Durée :
    1h19min
  • Pays de production :
    France
  • Année de production :  2015
  • Distributeur :
    Pyramide Films

Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont sa fierté, son moteur, son inquiétude aussi. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage avec des horaires décalés. Un jour, elle chute dans un escalier. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu’il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles.

Quatre ans après « la Désintégration », film choc noir et terrible sur la chute de jeunes mal intégrés dans l’islamisme radical, Philippe Faucon traite à nouveau d’intégration mais sur un tout autre mode. Le cinéaste s’intéresse ici aux rapports entre une mère algérienne et ses deux filles, nées en France. Fatima, la mère, se sacrifie corps et âme pour donner une chance à ses filles de se faire une place. La cadette, adolescente rebelle, ne supporte pas que sa mère « nettoie la merde des autres » alors que l’aînée s’accroche pour réussir sa première année de médecine et faire la fierté de celle-ci. Remarquablement interprété, « Fatima » défend pour une fois l’idée que l’intégration n’est pas forcément vouée à l’échec et ce, malgré ce racisme latent qui se manifeste, par petites touches. En filmant ses actrices au plus près et en montrant leur quotidien, sans pathos mais avec justesse et sensibilité, Faucon nous offre l’un des films majeurs de cette année!

4.5

 

 

Publicités

CRITIQUE BLU-RAY: NE QUELQUE PART

51c37CYHn8L

LE FILM: 6/10

Farid, jeune Français de 26 ans, doit aller en Algérie pour sauver la maison de son père. Découvrant ce pays où il n’a jamais mis les pieds, il tombe sous le charme d’une galerie de personnages étonnants dont l’humour et la simplicité vont profondément le toucher. Parmi eux, son cousin, un jeune homme vif et débrouillard qui nourrit le rêve de pouvoir rejoindre la France…

Malgré une affiche assez rebutante tant elle respire la comédie cheap aux accents exotiques, Né Quelque Part va pourtant un peu plus loin que ça! Plus que la comédie pleine de clichés sur le choc des cultures vers laquelle le film aurait plus se diriger dangereusement, le film de Mohamed Hamidi tend plutôt vers la chronique pleine de tendresse, mâtinée d’un humour léger et salvateur.

Tout en abordant des thèmes comme la recherche des origines, l’intégration ou la transmission, le film se déroule sans temps mort, porté par des comédiens tous très attachants. Ceux qui n’iraient voir le film que pour Jamel seront déçus; son rôle est loin d’être le premier! Pétri de bons sentiments Né Quelque Part est loin d’être inoubliable mais a le mérite de nous faire passer un bon moment sans recourir à la gaudriole dont le cinéma français semble se faire le spécialiste!

TECHNIQUE: 8/10

Concluant à tous points de vue!

BONUS: 8/10

Un seul bonus mais de qualité, un making of très intéressant!

VERDICT: 6.5/10

Une comédie tendre et sympathique à découvrir…

Disponible en DVD (19.99 euros) et Blu-ray (24.99 euros) chez TF1 VIDEO dès le 23 octobre

 



CRITIQUE DVD: CHEBA LOUISA

81DlBeipoTL__SL1500_

LE FILM: 4.5/10

D’origine maghrébine, Djemila, juriste célibataire, a tout fait pour gommer ses origines. La vie de sa voisine Emma, fantasque et fauchée, est radicalement différente de la sienne… Mais leur passion commune pour la musique va sceller une fabuleuse amitié…

Premier film de Françoise Charpiat, scénariste de Plus Belle la Vie, Cheba Louisa brosse le portrait d’une amitié sur un fond de choc des cultures, d’intégration et de misère sociale. Si l’intention est louable, le déluge de bons sentiments et la facture très télévisuelle du film constituent un handicap dont le film ne se débarrasse jamais. Cependant, le duo d’interprètes féminines, Isabelle Carré, rarement aussi excentrique, et Rachida Brakni sauvent le film à elles seules.

TECHNIQUE: 9/10

Une image sans problème et un son assez pêchu!

BONUS: 2/10

Outre les bandes annonces d’usage, on trouve le clip de trois chansons du film.

VERDICT: 4.5/10

Pour les amateurs de téléfilm et de bons sentiments…

Disponible en DVD (12.99 euros) chez Wild Side Video dès le 2 octobre

 

CRITIQUE: LA GRAINE ET LE MULET (2007)

Le dernier film d’Abdellatif Kechiche est une belle réussite. Il s’agit ici de l’histoire de Slimane, immigré algérien de 60 ans, qui travaille sur les chantiers navals à Sète. Le jour où son patron le vire, il se retrouve sans rien, exceptée sa famille . Il décide avec l’aide de sa belle-fille (formidable Hafzia Herzi) de réaliser son projet: il achète un vieux rafiot qu’il compte retaper pour en faire un restaurant dont la spécialité sera le couscous de poissons de son ex-femme (d’où le titre du film).

Comme dans ses précédents films, kechiche traîte ici du thème de l’intégration. Le tour de force de kechiche est de nous faire passer pas loin de 2 heures et demi à suivre les aventures  de Slimane sans qu’on voie le temps passer! Comme toujours il dirige sa troupe de comédiens à la perfection: Kechiche dilate le temps au maximum dans toutes ses scènes mais on est emporté par la justesse de l’interprétation, à la limite du documentaire.

La chronique sociale devient dans la dernière partie du film quasiment un thriller qui nous laisse lessivé!Après le formidable « l’esquive », encore un grand film qui peut en rebuter plus d’un mais qui fait preuve d’un coeur grand comme ça!