CRITIQUE BLU-RAY: BALADA TRISTE

LE FILM:

Espagne, 1937. Dans l’enceinte d’un cirque, les singes crient sauvagement dans leur cage tandis qu’à l’extérieur, les hommes s’entretuent sur la piste d’un tout autre cirque : la guerre civile espagnole. Recruté de force par l’armée républicaine, le clown Auguste se retrouve, dans son costume de scène, au milieu d’une bataille où il finira par perpétrer un massacre à coup de machette au sein du camp national. Quelques années plus tard, sous la dictature de Franco, Javier, le fils du clown milicien, se trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown : un clown brutal, rongé par la haine et le désespoir, Sergio. Les deux clowns vont alors s’affronter sans limite pour l’amour d’une acrobate, la plus belle et la plus cruelle femme du cirque : Natalia.

Attention, OVNI! Véritable melting pot cinématographique, Balada Triste fait ouvertement référence à « la Strada » de Fellini, « Freaks » de Tod Browning, à l’univers de Tim Burton ou encore aux films Grindhouse. Deux ans après le très moyen et classique « Crimes à Oxford » tourné en Anglais, Alex de la Iglesia revient chez lui avec un film complètement déjanté qui pourra en rebuter plus d’un. Mais ceux qui entreront dans l’univers du réalisateur en sortiront ravis tant le film fourmille d’influences et fait preuve d’une inventivité dans la mise en scène tout simplement incroyable. Pour couronner le tout, le film bénéficie d’une photo magnifique d’une bande originale, entre percussions guerrières et balades (dont « balada triste de trompeta » et une reprise espagnole du tube de Cabrel « je l’aime à mourir »!), qui vous entêtera un moment!

Cerise sur le gâteau, l’éditeur nous M6 video nous propose un transfert qui tutoie l’excellence et qui offre un écrin à la merveilleuse photo du film sans parler du son qui déménage!

LES BONUS:

Outre un making-of anecdotique, on peut voir le tournage de 5 scènes clés pendant près d’une heure, un module sur les effets spéciaux où l’on peut voir les scènes avant intégration de ceux-ci.

EN CONCLUSION:

Un blu-ray techniquement au top pour un grand film accompagné de suppléments de qualité! 24.99 euros chez M6 Video!

CRITIQUE: LA PLANETE DES SINGES, LES ORIGINES (2011)

Will Rodman, un scientifque dont le père souffre de la maladie D’Alzheimer, travaille justement sur cette maladie. Il met au point un virus qui, une fois inoculé à des primates, multiplie les cellules de leur cerveau et leur donne des facultés insoupçonnées. Rodman décide alors en cachette de tester ce virus sur son père. Dans le même temps, il recueille chez lui un bébé chimpanzé dont la mère a été tuée par un agent de sécurité. Il s’aperçoit alors que les effets du virus se transmettent de génération en génération…

Nous connaissions « la planète des singes » de Franklin Schaffner avec Charlton Heston( et ses 4 suites) et le remake de Tim Burton (un naufrage!) qui étaient tous deux de fidèles adaptations du roman de Pierre Boulle. On y voyait une Terre dévastée gouvernée par des singes réduisant les quelques humains survivants en esclavage. Ici, Rupert Wyatt, dont  c’est la deuxième réalisation après « l’ultime évasion » non sorti en salles chez nous, nous offre ce que l’on appelle un « reboot », façon très à la mode outre-Atlantique de prendre un grand succès et de nous en conter les origines, comme dernièrement avec « Wolverine ».

Finies les grosses peluches censées personnaliser Cornelius et compagnie, ici les images de synthèse sont exploitées à merveille sur le même principe qu’Avatar: de vrais acteurs jouent les singes pour être ensuite remplacés par ces images. Dans le rôle de César, c’est le spécialiste du genre qui s’y colle: Andy Serkis qui avait déjà prêté ses mouvements à King Kong ou Gollum dans le « le seigneur des anneaux » fait une superbe prestation et efface complètement James Franco et surtout Freida Pinto qui, bien que magnifique, hérite d’un rôle complètement inutile. Belle trouvaille en tout cas que d’avoir confié les rôles principaux aux singes, ce qui n’était pas le cas dans les versions précédentes. Côté scénario, sans tout vous dévoiler, il est assez malin et nous amène intelligemment vers les films que l’on connaît et ce, de manière tout à fait efficace traitant au passage aussi bien des dérives de la science que de la lutte des classes! Sans temps mort, on assiste à un bon divertissement rythmé et délicieusement anxiogène. Une bonne surprise!