CRITIQUE BLU-RAY: LE FILS UNIQUE

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LE FILM: 8.5/10

À Shinshu, petit village de montagne au centre du Japon, une fileuse de soie élève seule son fils Ryosuke. Bon élève, celui-ci est en âge d’aller au lycée mais la mère s’y oppose car les études sont trop coûteuses. Elle finit néanmoins par accepter, faisant le choix de tout sacrifier pour l’éducation de son fils. Treize années plus tard, Ryosuke s’est installé à Tokyo et sa mère lui rend visite pour la première fois. Malgré les efforts de son fils pour l’accueillir, celle-ci découvre qu’il vit dans une situation précaire, déçu par les promesses de la grande ville…

Fils unique

Sorti en 1936, Le Fils Unique est le premier film parlant d’Ozu et il contient déjà un thème des plus récurrents chez le maître, le temps qui passe comme menace pour la famille. Ozu raconte ici l’histoire de personnages minés par les désillusions. La mère sacrifie toute sa vie, vendant même sa maison,  pour offrir un avenir à son fils. Ce dernier, tellement honteux d’avoir raté sa vie, lui cache même qu’il s’était marié et qu’il était père. Comme souvent chez Ozu, tout est dans la retenue et les silences pèsent plus que les mots. Magnifique…

TECHNIQUE: 6/10

Si la définition ne rencontre pas de problèmes particuliers, la copie bien que restaurée contient encore d’énormes défauts (tâches et rayures en tous genres) que le temps n’a pas arrangé.

BONUS: 7/10

Seul bonus, un document passionnant dans lequel Jean-Jacques Beneix analyse le film.

VERDICT: 8.5/10

Une sortie capitale malgré les ravages du temps!

Disponible en DVD (16.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Carlotta Films

CRITIQUE BLU-RAY: STOKER

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LE FILM: 7.5/10

Après la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, voit un oncle dont elle ignorait l’existence, venir s’installer avec elle et sa mère. Rapidement, la jeune fille se met à soupçonner l’homme d’avoir d’autres motivations que celle de les aider. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi…

Pour son neuvième long métrage, le réalisateur coréen Park Chan-Wook s’exile aux Etats-Unis, ce qui n’est jamais très rassurant quand on voit les films américains de cinéastes asiatiques: d’illustres cinéastes se sont cassé les dents en arrivant à Hollywood (on pense notamment à John Woo, Tsui Hark ou Kim Jee-Woon). En acceptant de mettre en scène ce scénario de Wentworth Miller (l’acteur de Prison Break!) figurant parmi les scénarios les plus prisés du moment, Park Chan-Wook prenait donc un gros risque même s’il s’en sort finalement pas trop mal.

Bizarrement l’élément qui empêche Stoker d’être un grand film est justement son scénario dont l’originalité est cruellement absente et qui pêche un peu niveau suspense. La réussite du film tient en son climat étrange distillé tout au long du film et à l’ambiguité dégagée par les personnages dont on ne sait jamais vraiment quelles sont les motivations. Le film est clairement un hommage au cinéma d’Htichcock, en particulier au film préféré du grand Alfred, « l’Ombre d’un Doute« , reprenant son personnage principal, le mystérieux Oncle Charlie.

Quoi qu’il en soit, le film impressionne par la mise en scène de Park Chan-Wook, d’une maîtrise à couper le souffle! La photographie de l’inséparable Chung Chung-Hoon est également une merveille. Le cinéaste parvient à injecter un peu de sa perversité habituelle à travers quelques scènes assez violentes mais il semble malgré tout un peu sur la retenue par rapport à ses films domestiques.

Un résultat plus impressionnant que totalement convaincant!

TECHNIQUE: 10/10

Une définition à tomber et un son immersif à souhait! Le top!

BONUS: 9/10

Outre les bandes annonces, on trouve un making of ainsi que 5 modules sur les coulisses, un sujet sur la première du film en Corée et une galerie de photos!

VERDICT: 7.5/10

Un bluray parfait pour apprécier le somptueux travail du Coréen!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez FPE