CRITIQUE RESSORTIE: FLEURS D’EQUINOXE

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Wataru Hirayama prend très mal l’affront que lui fait sa fille Setsuko en refusant le mariage qu’il a arrangé pour elle. Il finit néanmoins par accepter le mariage d’amour que fait sa fille avec le jeune Masahiko Taniguchi et, sous la pression de vieux amis, va rendre visite aux nouveaux époux…

Ozu, fervent partisan du noir et blanc, fut forcé par la Shoshiku à tourner Fleurs d’Equinoxe en couleurs pour des raisons commerciales mais surtout pour magnifier la star Fujiko Yamamoto. Après le très noir Crépuscule à Tokyo, Ozu nous offre cette fois un film très léger. Véritable comédie humaine dans laquelle il se moque des incohérences de ses semblables, Fleurs d’Equinoxe nous montre surtout un Japon tiraillé entre ses valeurs ancestrales et une modernité qui s’installe petit à petit. Si Hirayama prône la liberté aux enfants de ses amis, il tient à conserver un droit de regard sur l’identité de son futur gendre!

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Magnifiquement mis en scène avec toujours cet exceptionnel sens du cadre, ce chef d’oeuvre qu’est Fleurs d’Equinoxe bénéficie d’une photo somptueuse que cette restauration devrait certainement mettre en valeur!

Sortie le 22 janvier

NOTE: 9.5/10

 

CRITIQUE BLU-RAY: LE FILS UNIQUE

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LE FILM: 8.5/10

À Shinshu, petit village de montagne au centre du Japon, une fileuse de soie élève seule son fils Ryosuke. Bon élève, celui-ci est en âge d’aller au lycée mais la mère s’y oppose car les études sont trop coûteuses. Elle finit néanmoins par accepter, faisant le choix de tout sacrifier pour l’éducation de son fils. Treize années plus tard, Ryosuke s’est installé à Tokyo et sa mère lui rend visite pour la première fois. Malgré les efforts de son fils pour l’accueillir, celle-ci découvre qu’il vit dans une situation précaire, déçu par les promesses de la grande ville…

Fils unique

Sorti en 1936, Le Fils Unique est le premier film parlant d’Ozu et il contient déjà un thème des plus récurrents chez le maître, le temps qui passe comme menace pour la famille. Ozu raconte ici l’histoire de personnages minés par les désillusions. La mère sacrifie toute sa vie, vendant même sa maison,  pour offrir un avenir à son fils. Ce dernier, tellement honteux d’avoir raté sa vie, lui cache même qu’il s’était marié et qu’il était père. Comme souvent chez Ozu, tout est dans la retenue et les silences pèsent plus que les mots. Magnifique…

TECHNIQUE: 6/10

Si la définition ne rencontre pas de problèmes particuliers, la copie bien que restaurée contient encore d’énormes défauts (tâches et rayures en tous genres) que le temps n’a pas arrangé.

BONUS: 7/10

Seul bonus, un document passionnant dans lequel Jean-Jacques Beneix analyse le film.

VERDICT: 8.5/10

Une sortie capitale malgré les ravages du temps!

Disponible en DVD (16.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Carlotta Films