CRITIQUE BLU-RAY: TOP OF THE LAKE

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LA SERIE: 9.5/10

Tui, une jeune fille âgée de 12 ans et enceinte de 5 mois, disparaît après avoir été retrouvée dans les eaux gelées d’un lac du coin. Chargée de l’enquête, la détective Robin Griffin se heurte très rapidement à Matt Mitcham, le père de la jeune disparue qui se trouve être aussi un baron de la drogue mais aussi à G.J., une gourou agissant dans un camp pour femmes. Très délicate, l’affaire finit par avoir des incidences personnelles sur Robin Griffin, testant sans cesse ses limites et ses émotions…

Quatre ans après le magnifique « Bright Star », la seule réalisatrice lauréate d’une Palme d’Or, Jane Campion, revient non pas au cinéma mais avec une mini-série en 6 épisodes. Le résultat est une œuvre très personnelle qui, sans être forcément féministe se montre extrêmement féminine. Plutôt qu’une simple enquête policière, la réalisatrice use de cet élément pour permettre à son héroïne, la détective Griffin, de retrouver la paix et de conjurer les blessures de sa propre enfance. Menée sur un rythme assez lent, Top of The Lake peut déstabiliser lors d’un premier épisode surprenant, mais dès le second épisode devient totalement envoûtant. Utilisant le décor magnifique de ce lac néo-zélandais comme un personnage à part entière et comme générateur d’une ambiance étrange, la série prend le temps de dresser une galerie de personnages « white trash » assez saisissante grâce à un casting mélange d’acteurs de cinéma (Holly Hunter et l’incroyable Peter Mullan) et d’acteurs de série (Elisabeth Moss de Mad Men).

Magnifiquement mise en scène et superbement photographiée, la série a le don d’être toujours surprenante et de ne jamais aller où on l’attend. Splendide!

TECHNIQUE: 10/10

Un délice total notamment lors des nombreux plans dans la nature néo-zélandaise!

BONUS: 10/10

Outre un court making of de 6 mins et deux brèves interviews des deux actrices principales, le gros morceau est constitué de « From the bottom of the lake »(52 mins), un document exceptionnel qui suit la réalisatrice tout au long de la création de sa série. On y voit notamment Holly Hunter en larmes à cause de la cruauté des dialogues de son personnage. Saisissant!

VERDICT: 9.5/10

Incontournable et indispensable!

Disponible en DVD (34.99 euros) et bluray (34.99 euros) chez Arte Editions

 

CRITIQUE: L’EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S. SPIVET

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T.S. Spivet, vit dans un ranch isolé du Montana avec ses parents, sa soeur Gracie et son frère Layton. Petit garçon surdoué et passionné de science, il a inventé la machine à mouvement perpétuel, ce qui lui vaut de recevoir le très prestigieux prix Baird du Musée Smithsonian de Washington. Sans rien dire à sa famille, il part, seul, chercher sa récompense et traverse les Etats-Unis sur un train de marchandises. Mais personne là-bas n’imagine que l’heureux lauréat n’a que dix ans et qu’il porte un bien lourd secret…

Quatre ans après un très décevant « Micmacs à tire-larigot », Jean-Pierre Jeunet fait son retour avec un film très orienté vers le jeune public. A travers l’itinéraire d’un jeune surdoué à travers les Etats-Unis, Jeunet nous offre un très joli conte sur la famille, le deuil et le manque de communication. Par souci de lisibilité, Jeunet s’assagit vraiment dans sa mise en scène, le film étant conçu pour la 3D. Il privilégie donc les longs plans et les lents travellings plutôt que ses traditionnels zooms rapides. Et ça fait très plaisir! En effet, le résultat offre une alternative nouvelle, pour le jeune public, aux dessins animés menés à un rythme effréné, avec lesquels on se demande si le but n’est pas de les abrutir complètement. Si l’on peut regretter l’inutilité de certains passages comme la scène avec Dominique Pinon, le film de Jeunet est clairement ce qui s’est fait de plus poétique et intelligent à destination des enfants depuis un long moment!

NOTE: 7.5/10