18 èmes Rencontres Internationales du Cinéma des Antipodes: Jour 2

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Après avoir pris un bon petit déjeuner, pour ne pas dire gargantuesque, à l’Hôtel de Paris, me voilà en route vers le Cinéma le Renaissance pour une journée réservée à la compétition de courts métrages.

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Seront projetés au cours de cette journée pas moins de 15 courts métrages australiens et néo-zélandais. Un jury de lycéens sera chargé d’attribuer à l’un d’eux le Prix Baudin.

J’aurais donc la chance de voir:

  • BLUE MIST (Aus) de Pauline Findlay. Le film raconte l’histoire d’un couple qui fait une randonnée dans les Blue Mountain. La jeune femme, malentendante, s’égare. Problème, son fiancé a son portable et ses prothèses auditives n’ont plus de pile. Un court oppressant dans l’immensité des Blue Mountain.
  • BLUEY (AUS) de Darlene Johnson. C’est l’histoire ici d’une jeune femme prisonnière d’une vie de violence qui va tenter de se réfugier dans la boxe. Un court social empreint de rage avec une jeune actrice phénoménale.
  • EMPATHY IS THE DEVIL (Aus) de Carey Ryan. Tourné sous la forme d’un film muet, en noir et blanc et avec des intertitres, le film nous parle d’un personnage qui ne peut s’empêcher de donner et qui est rarement récompensé. Sans grand intérêt.
  • FOAL (Aus) de Vanessa Gazy. Le film se déroule dans une ferme isolée en Australie en 1915. Aurora est seule avec sa fille pendant une longue absence du mari et cède aux charmes d’un bel étranger. Malheureusement, au retour du mari, celui-ci s’aperçoit que sa femme est enceinte. Dans l’esthétique et de par son thème féministe, ce film évoque le Cinéma de Jane Campion. Une réussite.
  • GROUNDED (Aus) de Luke Wissel. Un homme qui a toujours piloté des avions se voit interdit de vol pour des raisons de santé. Quand il se voit privé de sa raison de vivre, il est prêt à tout. Le réalisateur, présent, propose ici un film émouvant et forcément personnel, lui-même étant pilote.
  • HICCUP (Aus) de Gerald Lepkowski. Ce court très court a provoqué l’éclat de rire du public avec l’histoire d’un homme exaspéré par le hoquet intempestif d’une femme à l’arrêt de bus.
  • MADAM BLACK (NZ) de Ivan Barge. A priori loufoque, l’histoire est celle d’un homme qui écrase malencontreusement le chat d’une petite fille. Pour ne pas lui avouer le drame, il invente une histoire folle dans laquelle le chat serait parti en voyage. On rit beaucoup mais le final n’est pas sans émotion. L’un des deux favoris de la compétition.
  • MIDNIGHT POETRY (Aus) de Emilie Boyard. Un court assez noir, tout comme le fil narratif est obscur. Peu emballant.
  • OINK (NZ) de David White. Ce documentaire donne la parole à un éleveur de porcs qui tente de défendre son activité et a le mérite d’ouvrir le débat sur l’élevage intensif.
  • RAIN (Aus) de Malina Mackiewicz. Un jour de pluie dans une prison, un condamné à mort reçoit la visite de sa fiancée. Austère.
  • THE COUPLE (NZ) de David White. Entre fiction et doc, le film donne la parole sous forme d’interviews à un couple dont l’homme est frappé d’un cancer. Une tranche de vie.
  • THE FLYING ADVENTURES OF AMELIA (aus) de Pepi Kobab. Ce film émouvant nous montre un homme et sa fille frappés par la perte de la mère. La jeune fille ne souhaite qu’une chose, s’envoler pour la suivre.
  • THE KANGAROO GUY (AUS) de Joel Loxton. Second favori au vu des réactions du public, le film nous raconte comment une collision évitée de peu avec un kangourou va entraîner un homme politique dans une histoire dingue! Non seulement le film est à mourir de rire mais il propose une réflexion sur le pouvoir des médias et sur la politique.
  • WHOEVER WAS USING THIS BED (aus) de Andrew Kotakto. Il s’agit ici d’un huis clos sur un couple persuadé de souffrir de mille maux qui, de surcroît, est harcelé par les coups de fil d’une femme mystérieuse. On retrouve ici Jean-Marc Barr et Radha Mitchell dans une histoire sombre et mélancolique.
  • FISH AND CHICKS (France)de Elise McLeod et Julie Grumbach. Si l’une des réalisatrices est australienne, le film est lui une production française, tournée dans un lycée français. Cette histoire d’amour adolescente a séduit le public lycéen mais est présentée hors compétition.

L’après-midi se poursuivra avec un séance de sport dans la salle de fitness high tech de l’hôtel puis un petit bain dans la superbe piscine sur la terrasse. Juste après, une visite de la gendarmerie de Cruchot s’impose. En effet, le lieu a été transformé en musée de la Gendarmerie et du Cinéma, instructif et surtout très ludique. A faire absolument!

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Après cet intermède et un bon repas, retour au festival avec en soirée la projection des deux premiers épisodes d’une série d’anticipation aborigène,  » Cleverman ». Avec cette histoire de « sous humains », les « velus », obligés de vivre cachés, la série traite sous l’angle de la dystopie des conditions de vie de la communauté aborigène mais la réflexion engagée par cette série va bien au-delà et concerne tous les cas où l’Homme dresse des murs pour se replier sur lui-même. Il est toujours difficile de juger de la qualité d’une série sans l’avoir vue en intégralité. Celle-ci est prometteuse alors éspérons une diffusion française prochainement.

Au lit!

 

 

18èmes Rencontres Internationales du Cinéma des Antipodes: Jour 1

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Sur l’invitation du Festival, je suis actuellement à Saint-Tropez pour découvrir ces rencontres qui existent depuis 18 ans et qui méritent le coup d’oeil. Le Festival donne un coup de projecteur à des Cinémas peu distribués en France, ceux de Nouvelle-Zélande et d’Australie.

Après un vol Bordeaux/Nice et 1h30 de voiture, j’arrive hier vers 18 h à Saint Tropez pour rejoindre mon hôtel, l’Hôtel de Paris, qui m’invite pour ce séjour. A ma grande surprise, il se situe juste à côté de la célèbre caserne du Commandant Cruchot!

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Principal partenaire du Festival, l’Hôtel de Paris est ce que l’on appelle communément un palace, ce qui devrait rendre mon séjour plus que supportable! Pour vous donner envie de venir vivre la vie de château à St Tropez, je vous mets quelques photos de mon séjour. C’est aussi ça la vie de blogueur! Pour info, l’Hôtel de Paris est aussi une institution culturelle. Outre son partenariat avec le Festival des Antipodes, il abrite régulièrement des expositions d’art contemporain et organise tous les mois des rencontres avec des artistes!

Après que le voiturier ait garé ma voiture et monté mes bagages, je découvre ma chambre avec tout le confort moderne (enceinte blutooth, wifi, bureau, immense salle de bain, lit king size…).

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Après avoir pris possession des lieux et dégusté un excellent tartare monté par le Room Service, je prends la direction de la places des Lices pour débuter les festivités. Après un tour par le vernissage de la jolie expo photo de Sabine Bernert sur la Nouvelle Zélande, je file au Cinéma le Renaissance pour la soirée d’ouverture et la projection d’un film australien « Unindian« , projeté hors compétition. A noter que la compétition long métrage ne débutera que jeudi avec un jury composé de Brendan Cowell, Alexia Barlier, Muriel Combeau, Aurélien Recoing et Yann Samuell.

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Après la projection, retour à l’hôtel avec une petite halte au bar de l’hôtel où le barman me prépare un petit cocktail mystère à base de rhum et de sirop de chocolat! Miam!

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Enfin, au dodo avec le lit préparé pour m’accueillir avec même quelques caramels enrobés de chocolat maison! L’Hôtel de Paris sait recevoir!

 

CRITIQUE BLU-RAY: TOP OF THE LAKE

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LA SERIE: 9.5/10

Tui, une jeune fille âgée de 12 ans et enceinte de 5 mois, disparaît après avoir été retrouvée dans les eaux gelées d’un lac du coin. Chargée de l’enquête, la détective Robin Griffin se heurte très rapidement à Matt Mitcham, le père de la jeune disparue qui se trouve être aussi un baron de la drogue mais aussi à G.J., une gourou agissant dans un camp pour femmes. Très délicate, l’affaire finit par avoir des incidences personnelles sur Robin Griffin, testant sans cesse ses limites et ses émotions…

Quatre ans après le magnifique « Bright Star », la seule réalisatrice lauréate d’une Palme d’Or, Jane Campion, revient non pas au cinéma mais avec une mini-série en 6 épisodes. Le résultat est une œuvre très personnelle qui, sans être forcément féministe se montre extrêmement féminine. Plutôt qu’une simple enquête policière, la réalisatrice use de cet élément pour permettre à son héroïne, la détective Griffin, de retrouver la paix et de conjurer les blessures de sa propre enfance. Menée sur un rythme assez lent, Top of The Lake peut déstabiliser lors d’un premier épisode surprenant, mais dès le second épisode devient totalement envoûtant. Utilisant le décor magnifique de ce lac néo-zélandais comme un personnage à part entière et comme générateur d’une ambiance étrange, la série prend le temps de dresser une galerie de personnages « white trash » assez saisissante grâce à un casting mélange d’acteurs de cinéma (Holly Hunter et l’incroyable Peter Mullan) et d’acteurs de série (Elisabeth Moss de Mad Men).

Magnifiquement mise en scène et superbement photographiée, la série a le don d’être toujours surprenante et de ne jamais aller où on l’attend. Splendide!

TECHNIQUE: 10/10

Un délice total notamment lors des nombreux plans dans la nature néo-zélandaise!

BONUS: 10/10

Outre un court making of de 6 mins et deux brèves interviews des deux actrices principales, le gros morceau est constitué de « From the bottom of the lake »(52 mins), un document exceptionnel qui suit la réalisatrice tout au long de la création de sa série. On y voit notamment Holly Hunter en larmes à cause de la cruauté des dialogues de son personnage. Saisissant!

VERDICT: 9.5/10

Incontournable et indispensable!

Disponible en DVD (34.99 euros) et bluray (34.99 euros) chez Arte Editions