CRITIQUE DVD: KILLING FIELDS

LE FILM:

À Texas City, la police fait face à une série de meurtres, mais les rivalités internes qui minent le service et l’endroit épouvantable où ont été retrouvés les corps – le terrain vague de Killing Fields – compliquent l’enquête. Dans le comté voisin, les inspecteurs Mike Souder et Brian Heigh travaillent sur la disparition d’une jeune fille. Pas de cadavre, aucune piste. Lorsque Anne, une gamine des rues que Brian a prise sous son aile, est portée disparue à son tour, les deux inspecteurs commencent à se dire que la solution se cache peut-être du côté de Killing Fields…

Réalisé par Amy Canaan Mann qui n’est autre que la fille de l’illustre Michael Mann, « Killing Fields » est un polar chez les rednecks qui évoque un peu le climat des films australiens comme « Animal Kingdom » ou « les Crimes de Snowtown ». La réalisatrice, grâce à une réalisation soignée réussit à créer une ambiance noire, étouffante et glauque et c’est la principale qualité du film. Son défaut réside dans le scénario qui, tant il laisse des parts d’ombre au niveau des personnages, semble avoir été amputé de scènes qui auraient donné plus de lisibilité au film. C’est vraiment le point noir du film qui, malgré tout vaut le détour d’autant qu’il est interprété par une excellent Jeffrey Dean Morgan et Jessica Chastain qu’on prend toujours plaisir à voir évoluer. Quant à Sam Worthington, c’est toujours une énigme tant cet acteur est transparent.

Un bon polar malgré tout dans un DVD de bonne facture même si quelques séquences nocturnes laissent apparaître quelques défauts de compression.

LES BONUS:

Outre les bandes annonces, on trouve un commentaire audio de la réalisatrice malheureusement pas sous-titré et un court making-of plutôt recueil d’interviews intéressant.

VERDICT:

Un polar à découvrir même s’il n’est pas exempt de défauts!

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray (24,99 euros)

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CRITIQUE: DE ROUILLE ET D’OS

Ça commence dans le Nord. Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre…

Trois ans après la bombe « Un Prophète », Jacques Audiard revient en s’essayant cette fois au mélo! Mais on n’est pas chez Douglas Sirk pour autant! Audiard s’intéresse une fois de plus à des personnages un peu border-line, le reste ne l’intéresse pas! Ali se retrouve avec son fils Sam qu’il n’a pas vu depuis des années; il enchaîne les boulots d’agent de sécurité et laisse sa soeur caissière s’occuper de son fils. Pour arrondir ses fins de mois, il boxe lors de combats clandestins. Sa route va croiser celle de Stéphanie, dresseuse d’orques au Marineland, une première fois où il lui viendra en aide à la sortie de la boîte dans laquelle il travaille, puis quelques mois plus tard, après un terrible accident qui la prive de ses deux jambes. Elle, handicapée physique, et lui, handicapé de la vie qui ne sait pas s’occuper de son fils ni comment se comporter avec les femmes, vont donc faire un bout de chemin ensemble et former un couple des plus improbables. Superbement interprété par Marion Cotillard, n’en déplaise à ses détracteurs qui ne pourront que s’incliner devant une prestation d’une belle sobriété, et Mathias Schoenhaerts, révélation de « Bullhead », tout en sauvagerie, le film d’Audiard est un condensé de Cinéma pur!

Audiard fait appel à tous les sens du spectateur grâce à un travail magistral sur l’image et le son. Aucun plan du film n’est laissé au hasard et tout fait sens, les idées géniales se succédant dans la mise en scène ! Le scénario, d’une richesse folle, nous parle certes de l’amour, que ce soit entre un homme et une femme ou entre un père et son fils, mais sans négliger l’arrière-plan très social avec quelques personnages magnifiques comme celui de la soeur d’Ali incarnée par l’excellente Corinne Masiero (« Louise Wimmer ») ou de l’organisateur de combats joué par Bouli Lanners.

C’est ce que l’on appelle du grand Cinéma, bizarrement reparti bredouille de Cannes!