CRITIQUE: THE SECRET

À Cold Rock, petite ville minière isolée des Etats-Unis, de nombreux enfants ont disparu sans laisser de traces au fil des années, et n’ont jamais été retrouvés. Chaque habitant semble avoir sa théorie sur le sujet mais pour Julia (Jessica Biel), le médecin dans cette ville sinistrée, ce ne sont que des légendes urbaines. Une nuit, son fils de 6 ans est enlevé sous ses yeux par un individu mystérieux. Elle se lance à sa poursuite sachant que si elle le perd de vue, elle ne reverra jamais son enfant.

Après « Saint-Ange » et « Martyrs », le réalisateur français Pascal Laugier s’exporte outre-Atlantique comme nombre de ses collègues avec un résultat pas toujours brillant! Avec « The Secret », Laugier s’en tire plutôt pas mal même si tout n’est pas parfait.

Dans une première partie  poussive, 45 minutes qui se prennent un peu au sérieux et pas vraiment angoissantes, on se dit que l’on assiste à un énième film d’horreur ricain qu’on nous sert à la pelle. Malgré tout, on ne peut que reconnaître au Français de grosses qualités dans le filmage avec un résultat assez chiadé (de très beaux plans aériens notamment) et une très belle photo. Puis, surprise, à mi-parcours, un twist vraiment surprenant change complètement la vision du film qui trouve alors tout son intérêt. La description de cette population de rednecks dans cette ancienne ville minière est aussi une jolie réussite qui nous rappelle parfois Winter’s Bone! Le dénouement, très surprenant, laisse malgré tout comme un goût un peu rance tant l’idéologie véhiculée est douteuse mais je n’en dirai pas plus…

Dans l’ensemble, le résultat est plus que convenable même si le film ne restera pas comme un incontournable du genre…
LA NOTE: 6.5/10
 

CRITIQUE BLU-RAY: BULLHEAD

LE FILM: 9/10

Jacky est issu d’une importante famille d’agriculteurs et d’engraisseurs du sud du Limbourg. À 33 ans, il apparaît comme un être renfermé et imprévisible, parfois violent… Grâce à sa collaboration avec un vétérinaire corrompu, Jacky s’est forgé une belle place dans le milieu de la mafia des hormones. Alors qu’il est en passe de conclure un marché exclusif avec le plus puissant des trafiquants d’hormones de Flandre occidentale, un agent fédéral est assassiné. C’est le branle-bas de combat parmi les policiers. Les choses se compliquent pour Jacky et tandis que l’étau se resserre autour de lui, tout son passé, et ses lourds secrets, ressurgissent…

Premier long métrage du Belge Michael R. Roskam, ce « Bullhead » a fait l’unanimité lors de sa sortie dans le plat pays (près de 500 000 entrées) mais aussi en France où la prestation de l’acteur principal Mathias Schoenaerts n’a pas laissé Jacques Audiard insensible!

La grande réussite de « Bullhead » est d’avoir combiné avec succès plusieurs genres. Sous des airs de film noir qui respecte à la lettre les codes du genre, avec un héros au passé trouble pris dans un engrenage, le film flirte également avec le social, l’économique plus précisément et les dessous peu reluisants de l’agro-alimentaire mais aussi avec le drame psychologique avec les cicatrices psychologiques du héros dont la révélation au milieu du film apportent une autre dimension au personnage. Mis en scène avec une certaine efficacité et parfois même un réel brio, « Bullhead » révèle non seulement un cinéaste mais bien sûr un acteur au charisme hallucinant, Mathias Schoenaerts qu’on verra plus tard dans « De Rouille et d’Os »! Jubilatoire, le film a la violence d’un uppercut du genre qui laisse des marques un moment! A découvrir absolument d’autant que la copie HD est nickel!

LES BONUS: 9/10

Outre la bande-annonce, le blu-ray propose deux courts-métrages qui confirment que le talent du réal est bien présent et deux interviews du réalisateur et du comédien.

VERDICT: 9/10

Incontestablement, l’une des sorties de l’année!
Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray(24,99 euros) chez Ad Vitam