Critique: Fear Itself (FIFIB 2016)

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Composé uniquement d’extraits provenant de 82 films, Fear Itself est une invitation à une expérience unique et une vaste réflexion sur la peur. Plaquant sur des images pré-existantes le récit personnel d’Amy E. Watson, le film mêle, par un brillant effet de miroir, l’expérience individuelle à celle collective créée par le cinéma de genre, et questionne comment il s’est nourri autant qu’il a nourri nos peurs les plus intimes. En collectant des images loin d’être les plus connues, le film est un vrai bonheur pour les cinéphiles.

Fear Itself fait partie des propositions du FIFIB qui tiennent plus de la performance que du Cinéma. Il s’agit en effet ici d’un montage de 82 films d’horreur ou à suspense qui illustrent le propos d’une jeune femme qui disserte sur la peur au Cinéma. Si les cinéphiles peuvent s’amuser à compter les films qu’ils ont vus ou à deviner les titres avant qu’ils ne s’affichent, de Tourneur à Cronenberg en passant par Freddy 4, le résultat tient plus de la thèse d’un étudiant que d’un film vraiment stimulant. Le ton monocorde, presque susurré de la narratrice, n’aide pas à nous tenir éveillés. Original mais tout de même réservé à un public adepte de l’art contemporain…

1.5

 

Critique: Ouvert la Nuit (FIFIB 2016)

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  • Réalisation : Edouard Baer
  • Scénaristes : Edouard Baer et Benoit Graffin
  • Directeur de la photographie : Yves Angelo
  • Monteur : Hervé De Luze
  • Producteur : Emmanuel de Chauvigny
  • Société de distribution : Le Pacte
  • Date de sortie : 11 janvier 2017

Luigi a une nuit pour sauver son théâtre. Une nuit pour trouver un singe capable de monter sur les planches et récupérer l’estime de son metteur en scène japonais ; une nuit pour regagner la confiance de son équipe et le respect de sa meilleure amie – qui est aussi sa plus proche collaboratrice… et pour démontrer à la jeune stagiaire de Sciences Po, tellement pétrie de certitudes, qu’il existe aussi d’autres façons dans la vie d’appréhender les obstacles…

La Cérémonie d’ouverture du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux se tenait hier soir au Rocher de Palmer de Cenon. Après les discours et remerciements d’usage ainsi que la présentation des différents jurys, place au Cinéma avec la projection du troisième long métrage d’Edouard Baer, venu présenter son film avec son actrice, la lumineuse Sabrina Ouazani. « Ouvert la nuit » est une déambulation nocturne, presque un road movie qui se mue en parcours initiatique. On suit le personnage de Luigi, directeur de théâtre fantasque accompagné de sa stagiaire, qui va tenter de sauver la première de son nouveau spectacle en récupérant l’argent qui lui manque pour payer son équipe. Les évènements et sa jeune stagiaire vont peut-être faire comprendre à Luigi qu’il devrait s’intéresser un peu plus à son prochain, ses employés qu’ils paye avec des chèques en bois, ou ses enfants, qu’il croise à l’occasion, sans se soucier d’eux. Les fans du trublion Baer seront à la fête tant son film est un boulevard pour ses fantaisies et son humour pince-sans-rire mais il sait aussi s’entourer. Outre la toujours parfaite Sabrina Ouazani (Edouard Baer dit d’elle que lorsqu’elle apparaît à l’écran, on a envie de se lever et de le toucher!), une pleïade de seconds rôles nous régale: Audrey Tautou, Grégory Gadebois, Michel Galabru (fabuleux!), Atmen Kelif, Lionel Abelansky… Cette folle nuit amènera Luigi à croiser des clochards, des vendeurs de roses, des chimpanzés, des dresseurs de chimpanzés, des gardiens de zoo, des banquiers et l’on part avec lui avec un immense plaisir, celui de voir une comédie française loin des standards, un peu foutraque mais tellement attachante!

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