CRITIQUE BLU RAY: PORTRAIT D’UNE ENFANT DECHUE

 

LE FILM:

Ancienne top model, Lou Andreas Sand s’est isolée dans une maison au bord de l’océan où elle tente de vivre autrement, en se consacrant à la poésie et à la sculpture. Abîmée par la dépression et les excès, elle reçoit la visite de son ami photographe Aaron Reinhardt. Il tente avec elle de faire le point sur sa vie afin d’en faire un film.

Comme son titre original l’indique (« Puzzle of a downfall child »), « Portrait d’une enfant déchue » nous conte l’ascension et la chute de Lou mais de façon décousue comme les pièces d’un puzzle que l’on assemblerait au fil de ce premier long métrage épatant. En 1970, Jerry Schatzberg alors photographe de mode, décide de faire de la vie d’une de ses connaissances top model un film. Très empreint d’une sensibilité européenne, le film use d’une narration éclatée et d’une liberté dans la forme assez exceptionnelle. Photos, images tournées en super 8, noir et blanc, superposition des répliques de Lou avec les images d’autres scènes… Le premier film de Schatzberg ne s’encombre d’aucune convention! Faye Dunaway apporte sa beauté glaciale à ce qui est sans conteste l’un de ses plus beaux rôles. Un grand film tout simplement!

Carlotta édite ici le film dans sa version restaurée dévoilée au dernier Festival de Cannes, c’est à dire dans une copie absolument magnifique. Il faut noter l’absence de version française.

LES BONUS:

Outre la bande annonce de la ressortie en salles, on trouve une présentation du film par Pierre Rissisent et un fabuleux entretien de près d’une heure de Jerry Schatzberg par le critique Michel Ciment: passionnant!

VERDICT:

Comme souvent chez Carlotta, une édition indispensable!

Disponible en DVD (14,99 euros) et en Blu-ray (19,99 euros) chez Carlotta Films dès le 22 février.

CRITIQUE DVD: L’APOLLONIDE, SOUVENIRS DE LA MAISON CLOSE

LE FILM:

A l’aube du XXème siècle, le quotidien d’une maison close et de ses pensionnaires. Sur le même thème que la série « Maison close » de Canal Plus, Bertrand Bonello signe une oeuvre d’une qualité rare. Entouré d’un casting de jeunes actrices toutes épatantes dont Céline Salette (très en vue en ce moment!), Adèle Haenel qu’on avait découverte dans « Naissance des pieuvres » et l’envoutante Hafsia Herzi avec l’excellente Noemie Lvovsky en mère maquerelle, Bonello dresse un portrait de la prostitution du début du siècle d’un réalime cru. D’une grande liberté dans sa narration, « l’Apollonide » est une succession de plans aux allures de toiles de maîtres dans lesquels les personnages masculins ne sont que de passage, uniquement définis par leurs fantasmes. Quant aux filles, Bonello nous montre leur quotidien avec la peur des maladies, ces toilettes à l’eau de Cologne en guise de spermicide et ces humiliantes visites médicales; sans oublier ces dettes à la patrone qui en font de vraies prisonnières. L’une des filles a une formule qui résume bien leur situation, mélange de dégoût et de fatalité : » Si jamais je sors de là, je ne ferai plus jamais l’Amour ».

Visuellement éblouissant et empreint d’une immense tristesse, l’Apollonide est un grand film à découvrir pour ceux qui, comme moi, l’auraient raté en salles.

La qualité technique du DVD rend hommage au magnifique travail de Bonello.

LES BONUS:

La qualité plutôt que la quantité, c’est le choix fait pour ce DVD avec un making of (25 mins) passionnant qui fait honneur au travail du metteur en scène et les essais des principales comédiennes suivis de la scène tournée pour le film. Excellent!

VERDICT:

Un DVD indispensable pour ceux qui aiment le grand Cinéma et les actrices!

DVD disponible dès le 8 mars chez France Television Distribution au prix de 19,99 euros.