CRITIQUE: LE PERE DE MES ENFANTS (2009)

Pyramide Distribution

Grégoire Canvel  a tout pour lui: une femme qui l’aime, trois filles adorables et un métier formidable. Il est producteur de cinéma et travaille pour un certain cinéma indépendant, d’auteurs loin du cinéma commercial. Il y consacre toute son énergie avec sa maison de production Moon Films, ce qui l’oblige parfois à délaisser sa famille. Même lorsqu’il est en week-end, il est fréquemment suspendu à son téléphone. Mais les films qu’il produit ne rapportent souvent que peu d’argent et les difficultés vont surgir. Pris dans une spirale négative, Grégoire est en train de tout perdre et les huissiers menacent. Le désespoir se fait de plus en plus présent…

Mia Hansen-Love, jeune réalisatrice de 28 ans, s’inspire ici des derniers jours du producteur Humbert Balsan, qui avait d’ailleurs envisagé de produire son premier film. Elle dépeint tout d’abord le monde du cinéma loin des paillettes et des stars mais tout un côté qu’on ne voit pas souvent à l’écran: ceux qui financent et qui misent tout sur des projets artistiques qui ne sont pas toujours rentables. Mais la grande réussite réside dans le portrait de cette famille très unie frappée tout à coup par le suicide du père. Jamais Hansen-Love ne tombe dans le pathos: elle nous montre comment la famille encaisse ce choc, comment elle va survivre à celui-ci et se donner les moyens de continuer à vivre coûte que coûte. Les acteurs sont tous parfaits, y compris les enfants criants de vérité. Le scénario évite quant à lui tous les clichés, toutes les facilités et Mia Hansen-Love parvient à nous toucher en plein coeur grâce à sa mise en scène toujours très juste. Malgré son très jeune âge, elle fait preuve d’une maturité hors du commun.

Un vrai coup de coeur, bravo!!!

DELIRIOUS (2006)

Memento Films

Les Galantine est seul dans la vie. Sa seule passion, c’est traquer les vedettes en espérant « le cliché qui tue » et essayer d’en vivre. Un jour, alors qu’il planque pour photographier la star de la pop Kharma; il rencontre Toby, un jeune SDF qu’il prendra un peu plus tard comme assistant. Par hasard, Toby va entamer une liaison avec Kharma et devenir lui aussi une star…

Tom DiCillo, après « ça tourne à Manhattan » ou « une vraie blonde », reste dans le domaine du cinéma et de la célébrité avec une certaine réussite. Le scénario, très malin, manie la tendresse et le cynisme à la fois. Le personnage de Steve Buscemi est drôle et terriblement pathétique; sans ami, il ne vit que dans le but de faire LA photo. Son acolyte, incarné par le magnétique Michael Pitt, véhicule ,tout en étant fasciné par les paillettes, un certain détachement. Quand ce dernier franchira la frontière entre l’anonymat et le star-system, c’est un cataclysme que va subir le personnage de Les Galantine. La réussite de DiCillo dans ce film, c’est d’avoir su, sous des allures de petite comédie sympa, mener une vraie réflexion sur la célebrité et la condition des fans, au niveau de ce qu’il avait déjà fait avec « ça tourne à Manhattan »!