Critique: Les Invisibles

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Réalisation Louis-Julien Petit
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 102 minutes
Sortie 9 janvier 2019

Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !

Quatre ans après « Discount« , Louis Julien Petit continue dans la même veine des comédies à forte teneur sociale. Après les abus des grandes surfaces, il s’intéresse à un sujet peu traité mais ô combien fort, les femmes SDF. En adaptant un ouvrage documentaire de Claire Lajeunie, il donne la parole à ces femmes invisibles, en allant jusqu’à confier leurs rôles à d’authentiques femmes SDF, ce qui est la très bonne idée du film. Pour les encadrer, il confie les rôles des travailleuses sociales à des actrices professionnelles (Audrey Lamy, Noémie Lvovsky, Corine Masiero ou encore Deborah Lukumuena). Celles-ci sont à la hauteur de la mission mais force est de constater que le réalisme apporté par les actrices amatrices a du mal à coexister avec la présence des  « stars » auxquelles on ne croit jamais. Par ailleurs, on sent la volonté du réalisateur de traiter d’un sujet aussi important mais son envie à tout prix d’en faire un « feel good movie » parasite et anesthésie le propos avec un ton toujours léger et en évitant toujours d’être frontal. Quant à la conclusion, au premier degré plutôt désespérée, elle passe ici pour un happy end. Voilà un film que l’on ne peut détester mais qu’on aurait tout de même voulu aimer…

2.5

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DELIRIOUS (2006)

Memento Films

Les Galantine est seul dans la vie. Sa seule passion, c’est traquer les vedettes en espérant « le cliché qui tue » et essayer d’en vivre. Un jour, alors qu’il planque pour photographier la star de la pop Kharma; il rencontre Toby, un jeune SDF qu’il prendra un peu plus tard comme assistant. Par hasard, Toby va entamer une liaison avec Kharma et devenir lui aussi une star…

Tom DiCillo, après « ça tourne à Manhattan » ou « une vraie blonde », reste dans le domaine du cinéma et de la célébrité avec une certaine réussite. Le scénario, très malin, manie la tendresse et le cynisme à la fois. Le personnage de Steve Buscemi est drôle et terriblement pathétique; sans ami, il ne vit que dans le but de faire LA photo. Son acolyte, incarné par le magnétique Michael Pitt, véhicule ,tout en étant fasciné par les paillettes, un certain détachement. Quand ce dernier franchira la frontière entre l’anonymat et le star-system, c’est un cataclysme que va subir le personnage de Les Galantine. La réussite de DiCillo dans ce film, c’est d’avoir su, sous des allures de petite comédie sympa, mener une vraie réflexion sur la célebrité et la condition des fans, au niveau de ce qu’il avait déjà fait avec « ça tourne à Manhattan »!