CRITIQUE DVD: LES JEUX DE L’AMOUR

LE FILM:

Suzanne, jeune antiquaire, vit depuis un an avec Victor. Le couple a pour voisin et ami François. Suzanne souhaite un mariage et des enfants mais Victor, très satisfait de leur vie actuelle, résiste. François, secrètement amoureux de Suzanne, propose alors à cette dernière de lui offrir tout ce que Victor lui refuse.

Quelle belle idée de ressortir ce petit bijou en DVD et Blu-ray! On a tendance à ne retenir quand on parle de Nouvelle Vague que les noms de Truffaut, Godard ou Chabrol et oublier un réalisateur comme Philippe De Broca qui, avant de signer de grands films populaires comme « l’Homme de Rio » ou « Cartouche », a fait ses débuts en pleine révolution cinématographique! Comme son titre l’indique, « les Jeux de l’Amour » navigue entre Marivaux et « Jules et Jim », avec ce trio Victor/Suzanne/François! Bien que Victor et Suzanne vivent le parfait Amour, l’immaturité de Victor qui fuit toute discussion concernant un enfant laisse la porte ouverte à François, prêt à épouser Suzanne et à lui offrir les enfants dont elle rêve. Sur un rythme trépidant, à l’image du dynamisme de Victor qui confine à l’hyperactivité, De Broca réalise ici un bijou de comédie aux dialogues finement ciselés. Avec un Jean-Pierre Cassel bondissant épaulé par une Geneviève Cluny au diapason, et un joli casting de seconds rôles (Jackie Sardou, Claude Chabrol, Mario David, Maria Pacôme…) et sur une bande originale de Georges Delerue qui reste en mémoire comme un chewing-gum à la chaussure, « les Jeux de l’Amour » est un pur délice à (re)découvrir dans une copie absolument parfaite!

LES BONUS:

Outre la bande-annonce du « Farceur », film suivant de De Broca paru en même temps chez Gaumont, on trouve la première partie de l’excellent documentaire « Philippe de Broca, l’homme pressé » (36 mins) qui nous offre les témoignages de Geneviève Cluny, Michelle de Broca, Marthe Keller, Alexandra de Broca, Pierre Lhomme, Henri Lanoë, Claude de Givray, Jérôme Tonnerre, Anouk Aimée et Philippe de Broca!

VERDICT:

Indispensable! Tout simplement!

Disponible dès le 18 avril en DVD (16,99 euros) et Blu-ray (19,99 euros) chez Gaumont Video.


CRITIQUE: MESRINE (2008)

Pathé Distribution                                La Petite Reine / Roger Arpajou

Ca y est, j’ai enfin les films qui ont valu à Jean-François Richet et à Vincent Cassel les Césars de meilleur réalisateur et acteur de l’année.

La première partie,  » l’instinct de mort » est une vraie réussite. On y assiste aux débuts de la « carrière » de Mesrine, au retour de la guerre d’Algérie, à ses relations difficiles avec son père à qui il reproche d’être faible… Le film démarre par la fin et la mort de Mesrine puis se déroule ensuite chronologiquement jusqu’au séjour canadien du truand.

C’est un film sombre, apre et nerveux porté par un excellent Cassel qui fait froid dans le dos et un très bon Depardieu dans le rôle du truand Guido.

La deuxième partie « l’ennemi public N°1 », est, quant à elle, beaucoup moins bien réussie que la première. Truffée de longueurs, on y découvre Mesrine au top de la célébrité, coursé par le commissaire Broussard (excellent Olivier Gourmet). Le personnage principal est devenu une espèce de bouffon et de ce fait perd un peu de sa crédibilité. Le reste du casting n’est pas une franche réussite. Mathieu Amalric dans le rôle de François Besse a déjà été beaucoup plus convaincant mais le ponpon revient à Gérard Lanvin dans le rôle d’un « vrai » révolutionnaire marseillais orné d’une perruque à cheveux longs! Mais qui a eu cette idée pitoyable! Dès les premiers mots prononcés à la Cantona, on ne peut s’empêcher d’éclater de rire, ce qui n’est pas l’effet recherché!

Une deuxième partie dénuée de toute envergure, frôlant parfois le ridicule; dommage! Peut-être aurait-il fallu se contenter d’une seule partie et élaguer le tout d’une bonne heure! Richet montre en tout cas qu’il a appris à faire du cinéma d’action lors de son séjour aux Etats-Unis!