CRITIQUE DVD: AU-DELA DES COLLINES

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LE FILM: 8.5/10

Alina revient d’Allemagne pour y emmener Voichita, la seule personne qu’elle ait jamais aimée et qui l’ait jamais aimée. Mais Voichita a rencontré Dieu et en amour, il est bien difficile d’avoir Dieu comme rival…

Troisième long métrage du Roumain Cristian Mungiu après Occident et la Palme d’Or 4 Mois, 3 Semaines, 2 Jours, Au-Delà des Collines donne à nouveau l’occasion à son réalisateur de dresser un portrait de son pays.

Après s’être intéressé à l’avortement dans la Roumanie post-Ceaucescu, Mungiu s’inspire d’un fait divers célèbre concernant un exorcisme aux conséquences dramatiques.

Sans aucun artifice ( pas une seule note de musique par exemple!), Mungiu et sa mise en scène à la rigueur sèche nous glacent le sang en dépeignant certaines pratiques ancestrales qui persistent encore dans certains coins de la Roumanie. A travers cette apparente austérité, Mungiu s’intéresse à ses personnages et à eux seuls à travers de longs plans séquences dans lesquels ils les laissent exister. Cette histoire d’intégrisme religieux complètement folle nous laisse sans voix et sans oxygène tant aucun échappatoire ne semble exister: la scène à l’hôpital, effroyable, nous montre un personnel hospitalier complice de ces pratiques.

Outre les qualités esthétiques évidentes du film, on est surtout ébahis devant le jeu des deux comédiennes (double prix d’interprétation à Cannes), Cristma Flutur et Cosmina Straten, vraiment époustouflantes.

Un grand film!

TECHNIQUE: 9/10

Un DVD irréprochable qui respecte la très belle photo du film.

BONUS: 3/10

Outre la bande-annonce, on trouve quelques scènes coupées. C’est tout et c’est bien dommage…

VERDICT: 8.5/10

Un grand film à voir absolument!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez France Télévisions Distribution

 

CRITIQUE: Amour

Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.

Trois ans après son dernier film, « le Ruban Blanc », Palme d’Or à Cannes, le cinéaste autrichien Michael Haneke remporte à nouveau la récompense suprême avec ce film inspiré de son expérience familiale. Cinéaste au style assez froid et clinique aux films souvent violents, Haneke baptise ce nouveau film « Amour » mais en fait pourtant son film le plus dur. Traitant du thème de la fin de vie et des répercussions sur la famille, Haneke nous montre les derniers mois au sein d’un couple jusqu’à l’issue fatale.

Il place donc le spectateur en face d’un drame qui touchera forcément chacun un jour et n’épargne aucun détail: le personnage d’Anne, déclinant physiquement au fil des semaines, connait la paralysie, l’incontinence, la démence et tous les détails inhérents à ce genre de problèmes et son mari, Georges, tente, autant que faire se peut, de faire face. Comme toujours chez Haneke, la caméra ne s’encombre d’aucun artifice et laisse les personnages évoluer dans son champ, pour plus de réalisme,  et n’élude rien, en étirant les scènes au maximum, parfois à la limite du supportable. Mais là où le film est magique, c’est qu’au-delà de ces actes quotidiens souvent douloureux, l’Amour entre ces deux êtres que sont Anne et Georges suinte à chaque plan, que ce soit dans les paroles ou dans les gestes, quand il lave les cheveux de sa femme ou qu’il lui caresse la main.

La réussite du film d’Haneke ne serait pas la même sans l’interprétation de Jean-Louis Trintignant (sorti de 10 ans de retraite cinématographique pour ce film!) et Emmanuelle Riva, couple de cinéma bouleversant.

Un très grand film sur un sujet peu vendeur mais qui dévastera ceux qui tenteront l’expérience, tant il nous questionne : qu’est-ce que l’Amour et jusqu’où est-on prêt à aller pour accompagner l’être aimé ?

NOTE: 9.5/10