TOURNAGE EN COURS POUR TECHINE

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Trois ans après « Impardonnables », André Téchiné est en plein tournage de son nouveau film pour lequel il a réuni un casting composé de Catherine Deneuve, Guillaume Canet et Adèle Haenel.

Dans son 20ème long métrage, Téchiné s’inspire d’un fait divers qui défraya la chronique, l’affaire Le Roux.

En octobre 1977 à Nice, Agnès Le Roux, héritière du Palais de la Méditerranée, disparaît mystérieusement. Aucune trace du corps et aucune revendication d’un quelconque enlèvement ne viendront mettre un terme à cette étrange affaire.  l’ex-avocat niçois Jean-Maurice Agnelet, dit « Maître Agnelet » ou « Maurice », ancien amant de la disparue sera finalement condamné pour assassinat après trois décennies pour finalement être libéré 36 ans après les faits, remettant ainsi l’affaire sous les feux de l’actualité.

André Téchiné, depuis toujours habité par des thèmes comme la famille ou les rapports de classe, ne pouvait passer à côté de ce fait divers.Il a de surcroit déjà montré son talent s’approprier des faits divers comme celui ci, notamment à travers un film comme la Fille du RER.

Synopsis : Nice, 1976. Agnès Le Roux, fille de la propriétaire du Palais de la Méditerranée, tombe amoureuse d’un bel avocat de dix ans son aîné Maurice Agnelet. Il a d’autres liaisons, elle l’aime à la folie. Sur fond de guerre des casinos, il la met en relation avec Fratoni, le sulfureux concurrent de sa mère, qui lui offre 3 millions de francs pour prendre le contrôle du casino. Agnès accepte mais supporte mal sa trahison. Maurice s’éloigne. Après une tentative de suicide, la jeune femme disparaît…

Tous les détails et le lien pour participer au financement du film sont ici.

CRITIQUE: JAPPELOUP

JAPPELOUP

Au début des années 80, abandonnant une carrière d’avocat prometteuse, Pierre Durand se consacre corps et âme à sa passion, le saut d’obstacle. Soutenu par son père, il mise tout sur un jeune cheval auquel personne ne croit vraiment : Jappeloup. Trop petit, trop caractériel, trop imprévisible, il a de nombreux défauts mais une détente et des aptitudes remarquables. De compétition en compétition, le duo progresse et s’impose dans le monde de l’équitation. Mais les JO de Los Angeles sont un terrible échec et Pierre prend alors conscience de ses faiblesses. Avec l’aide de Nadia, sa femme, et de Raphaëlle, la groom du cheval, Pierre va regagner la confiance de Jappeloup et construire une relation qui va les mener aux JO de Séoul en 1988.

Grand passionné d’équitation depuis toujours, il aurait été surprenant que le projet de Jappeloup n’attire pas l’attention de Guillaume Canet. En quatre mois, il en écrivit donc le scénario et la réalisation fut confiée au Canadien Christian Duguay, à la filmographie peu emballante, mais qui est un vrai passionné de cheval.

La surprise est de taille concernant ce film dont il était difficile d’attendre grand chose. Dans le genre du « film sportif », ce Jappeloup tire largement son épingle du jeu. En retraçant le parcours du cavalier Pierre Durand et de sa monture Jappeloup, Duguay propose un film formellement très bien ficelé, offrant en particulier de nombreuses scènes de compétition très efficacement mises en scène, avec un réel soin apporté à l’image. Sur le fond, le scénario de Canet ne se cantonne pas à un simple énuméré des exploits sportifs du duo Durand/Jappeloup mais étoffe largement certains points comme la relation  entre Durand et son père incarné par Daniel Auteuil et également l’histoire d’amour entre le cavalier et Nadia, toutes deux sonnant très justes et ne néglige pas non plus les ambiguités du personnage principal.

Outre les très belles interprétations de Canet et Auteuil, on retrouve avec grand plaisir la comédienne Marina Hands (cavalière et ancienne compagne de Canet) qui irradie totalement l’écran et la révélation Lou de Laage dont on devrait reparler.

Même si Jappeloup n’est pas le film de l’année, il en reste un divertissement de grande qualité, dénué de tout cynisme et dont l’efficacité et la sincérité vous fera dresser les poils sur les bras plus d’une fois! Au galop!!!

NOTE: 7.5/10